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 Les Djebels

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MessageSujet: Les Djebels   Dim 11 Mai - 16:55

Les Djebels







Le terme djebel désigne tous les reliefs, plateaux, collines, massifs montagneux. Ces massifs dépassent rarement les 1000 voire 1500 mètres d'altitude. Ce furent les premières régions du désert habitées par les hommes il y'a plusieurs milliers d'années, riches en grottes et peintures rupestres de toutes sortes ainsi qu'en fossiles d'espèces aujourd'hui disparues. Pour les orientalis ces hautes montagnes, bordées d'impressionnantes falaises, sont le lieu de toutes les legendes car les vents ont donnés aux roches des formes sorties tout droit d'un de leur contes, car dans les anfractuosités de la montagnes se cachent encore aujourd'hui des animaux qu'on dirait créés par les dieux pour être les gardiens d'un royaume sacré. Peu nombreux sont aujourd'hui les peuples qui vivent dans les djebels, ils sont les gardiens de légendes venues d'un lointain passé.

sources ici et
(ainsi que l'interieur de ma tête )


Dernière édition par Nacara le Jeu 15 Mai - 21:58, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Les Djebels   Lun 12 Mai - 0:13

-9-

(Avant)

Maestro, musique s'il vous plait!

-Dépèche!
Il recule d'un pas.
-Tu crois vraiment que c'est le moment de jouer?
Les torches se rapprochent, les cris aussi, les hommes seront bientôt sur eux.
-Attrapez-les!
Ils ne lui laisseront pas le temps de s'expliquer, sa tête d'étranger le condamnera avant même le jugement, ils lui couperont les deux mains, les oreilles, lui arracheront les yeux, avant de le lapider, ou l'inverse, elle n'est pas sure qu'il s'en rende compte.
-Tu vas te faire tuer!
Il recule encore. Pourquoi elle voulait l'emmener cette tête de mule déjà? Elle a oublié. Il regarde les lueurs qui commencent a les encercler, hésite, jette un œil a la main toujours tendue de Nacara. Seul contre eux tous, sans armes et les bras ainsi attachés il n'a aucune chance mais il ne peut pas s'empêcher de calculer, d'essayer de trouver la faille. Milka danse sur place, s'énerve, les cris, les flammes lui font peur, Nacara l'empêche de cabrer, la fait volter, tient serrés les rênes tout son poids vers l'arrière pour la retenir, danse entre la cavalière et sa monture, la volonté de l'une luttant conte l'instinct de survie de l'autre, Nacara s'apprête a abandonner derrière elle cet homme trop têtu qui n'a pas l'air de comprendre ou est son intérêt, se retourne une dernière fois, il court vers elle.
-Tu pouvais pas attendre le dernier moment non? Je trouve que tu t'y prend vachement a l'avance là.
Elle l'attrape par le col de sa tunique, l'adrénaline décuple ses forces, elle le jette devant elle, en travers de la selle et d'un coup de talon autorise Milka a bondir au grand galop. Elle se dirige vers le seul endroit ou aucune lumière n'est visible. Les portes du désert s'ouvrent devant eux, Milka est en pleine forme, même avec deux cavaliers elle pourra semer n'importe quelle poursuite. Nacara éclate de rire, un rire clair, presque cristallin, loin de la voix grave et rauque de Sinan. C'est passé très prés cette fois, vraiment a deux doigts du désastre. Le silencieux l'est toujours autant et Nacara ne peut pas s'empêcher de rire, c'est l'adrénaline qui la fait se sentir vivante.
Derrière eux la poursuite s'organise, l'assassin est dans une position plus qu'inconfortable, il remue, se sent glisser, essaie de se caler un peu mieux. Elle regarde par dessus son épaule les lueurs de feux qui s'éloignent, entend les cris qui se rapprochent, ils sont rapides, pas très nombreux mais rapides. Et si ils les rattrapent? Le sang bouillonne dans les veines de l'amazone qui sent la poignée de son épée la démanger et un sourire un peu dément étire ses lèvres.
Elle dirige Milka vers les hauteurs qu'ils ont quitté plus tôt, derrière les dunes commence le djebel, successions de plateaux, collines et montagnes, se cacher ou se battre dans ce terrain accidenté sera un jeu d'enfant.

Plusieurs pistes traversent le massif, toutes sont ouvertes depuis la nuit des temps, si on aime croire aux légendes. Toutes ont une histoire, toutes ont leurs bons génies ou leurs mauvais démons a combattre ou a accueillir, a l'intérieur même de soi, pour avoir la permission des dieux d'arriver de l'autre coté. Chacune de ces pistes dessert une ville perdue dans les montagnes, habitées par des tribus ou des clans semi-nomades. Toutes ces pistes sauf une. Sauf celle qu'on dit hantée par les esprits des hommes qui sont morts en essayant de traverser. Chemin maudit, route des morts, on l'affuble de tellement de noms qui font peur que personne n'ose jamais s'y aventurer. Tout les habitants de cette partie du monde connaissent les légendes qui fleurissent autour de cette piste que tout le monde connaît mais que personne n'a jamais osé emprunter. Tous les habitants de cette partie du monde savent ou se trouve l'entrée de cette piste devant laquelle ils passent en tremblant et en invoquant les dieux qui les protégeront de la malédiction. Mais ce soir, sous le ciel nocturne, un curieux équipage se dirige au grand galop vers la profonde gorge qui marque l'entrée de cette piste.

Dans la tête de Nacara les choses sont simple, bien qu'on l'ai élevée au milieu des contes et des légendes de tous les peuples qui vivent sur les terres connues elle n'a jamais voulu en croire un mot. Elle a compris depuis longtemps que derrière chaque légende se cache une vérité souvent bien moindre. Mais elle sait aussi le pouvoir qu'ont les légendes sur les esprits simples, si elle se dirige maintenant de toute la vitesse du galop de Milka vers l'endroit probablement le plus maudit de Djamila c'est bien par ce qu'elle espère que ses poursuivants, effrayés par une malédiction qui n'existe que dans leurs tête, rebrousseront chemin et lui permettront de prendre la poudre d'escampette vers ce Nord auquel elle aspire et qui pourtant ne cesse de s'éloigner. Oui on pourrait dire qu'elle ne fait rien pour qu'il approche plus vite, qu'elle cumule les erreurs, et pourtant elle veut seulement survivre!
Si tout va bien ils atteindrons la gorge maudite dans la journée du lendemain, si tout va bien ils pourront même s'arrêter une heure ou deux pour se reposer sur l'un des premiers plateau du djebel qui prend naissance dans cette partie du désert.

Sous la lueur de la lune le spectacle des dunes cognant contre les hautes falaises ne semble pas vraiment réel, comme une mer démontée dont les plus hautes vagues viendraient se briser sur les récifs d'une côte particulièrement traître, le tout figé dans un tableau d'une immobilité et d'une irréalité parfaite. Intouchable, beauté a couper le souffle d'un paysage dont l'aridité et la brutalité se dissimule sous les douces formes des dunes, se révèle dans les arrêtes tranchantes de la roche. Comment ne pas comprendre en cet instant ceux qui consacrent leur vie entière a vivre dans un endroit d'une telle majesté devant lequel l'homme n'est rien? Comment ne pas s'arrêter pour admirer le grandiose spectacle qui s'offre a la vue d'un voyageur arrivé là presque par hasard? Il faut avoir le diable aux trousses pour ne pas prendre le temps d'admirer, de s'imprégner de la poésie et de la magie qui a cet instant enveloppe le désert tout entier. Même la chevauchée endiablée d'une amazone poursuivie par un groupe de nomades participe de cette magie, montre a quel point l'homme est petit quand la nature donne toute la mesure de sa puissance.

Les premiers contreforts rocheux se révèlent sous le sable, les sabots de Milka claquent sur le calcaire, la falaise grandit a vue d'œil alors qu'elle semblait inaccessible peu de temps avant, Nacara prend une nouvelle direction, qui longe la muraille et laisse la jument trouver son rythme sur le sol inégal. Elle se concentre sur les bruits qui révéleront la position de leurs poursuivant. D'une main elle tient l'homme qui, toujours couché en travers de la selle, gigote tellement qu'il risque de tomber, mais elle est trop concentrée sur ses poursuivants pour prendre le temps de l'engueuler avec la voix grave et vibrante de Sinan... . D'ailleurs il ne doit plus être dupe maintenant de ce personnage ténébreux sous lequel elle se cache. Elle hausse mentalement les épaules, de toute façon ce n'est pas son principal soucis pour l'instant. Les premiers sabots viennent de claquer sur le calcaire, trop proches, beaucoup plus proches qu'elle n'aurait cru. Milka, peu rassurée sur ce nouveau terrain dont les pièges ne sont pas visibles au cœur de la nuit, a ralentit au point d'aller au pas, mais les hommes derrières eux n'hésitent pas a lancer au galop leurs montures pour rattraper les voleurs. Il va falloir prendre des risques... tant pis, tant mieux, cela éliminera peut être certains poursuivant.

-Ma jolie, on va voir si tu méritais tous les honneurs que les amazones te réservaient.
Milka secoue la tête en soufflant, comment cette petite femelle ose-t-elle mettre en doute qu'elle soit la meilleure monture de sa génération? Nacara sourit, l'adrénaline lui a fait un peu oublier sa fatigue, mais son esprit est toujours encombré de pensées parasites sur l'étrange pouvoir de compréhension de celle qu'elle n'arrive plus a considérer comme un simple animal.

Au lieu de continuer a longer la falaise abrupte qui s'élève non loin d'eux, Nacara fait prendre une nouvelle direction a Milka, droit sur ce mur escarpé de plusieurs centaines de mètres de haut. Car il est des chemins plus rudes pour parvenir sur le premier plateau, des chemins escarpés, dangereux, a flanc de falaise, que même les meilleurs cavaliers hésitent a prendre a moins de les connaître par cœur. Peut être le sans-nom a-t-il compris les intentions de son geôlier car il s'agite de plus belle.

-Doucement Asfar, si tu t'agite comme ça tu va tomber, je m'en voudrais que tu te blesse. Murmure a son oreille la voix rauque de Sinan dans laquelle on sens un sourire narquois.
-Ça te rendrait encore plus difficile a trimbaler.

La pente douce du sol s'accentue de plus en plus, les cailloux roulent sous les sabots de Milka qui, sur ce terrain accidenté, révèle des trésors d'intuition et d'équilibre. Ils arrivent au pied de la falaise, le sort en est jeté, il faut grimper ou se battre.
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MessageSujet: Re: Les Djebels   Jeu 15 Mai - 16:40

-10-

-C'est par ici, doucement ma jolie, on va rater le sentier si tu ne me laisse pas le temps de voir.
En fait de sentier, ce que cherche Nacara c'est la trace d'une sente qui grimpe a flanc de falaise, un minuscule chemin sur lequel une moitié de cheval aurait du mal a tenir. Enfin, peut être pas aussi minuscule que ça puisque les nomades l'empruntent parfois, en cas d'urgence. Ce sentier escarpé, couvert d'éboulis, grimpe en zigzag le long de l'à pic.
-On y est.
Dans la pente derrière eux les pierres roulent, des hommes jurent, les chevaux soufflent et souffrent. Nacara met pied a terre et engage Milka sur le sentier qui attaque la falaise de face, presque a la verticale, ses sabots glissent sur le calcaire recouvert de sable fin. Le poids de son chargement et de l'homme qu'elle porte n'aide pas. Les bottes de Nacara accrochent a peine mieux. Elles ralentissent, leurs démarches deviennent prudente, une démarche d'équilibriste.
-Tu les vois?
-Non. Attend, des traces là.
-Elles vont vers le sentier des chèvres.

Cette partie du désert n'a probablement jamais vu une chèvre mais qu'importe.
-Ils sont fous.
-mmh, on peut faire le grand tour et les cueillir en haut.
-Il nous faut au moins une journée pour contourner, si ils ne meurent pas ils seront la haut dans la matinée. Faites le tour, moi je les suit.

Le groupe se scinde en deux, sur la quinzaine de cavaliers qui les poursuivaient seuls cinq restent au pied de la falaise, les autres partent a bride abattue pour contourner la difficulté et prendre les fuyards a revers.
Le sentier a bifurqué, longe maintenant la paroi rocheuse. La tête de l'assassin cogne contre une aspérité, il colle son visage au flanc de la jument se tortille un peu. Le sol s'éloigne rapidement, Nacara garde le regard fixé devant elle. La noirceur de la nuit l'aide a oublier ce vide qui les menace, la lune a disparu derrière les montagnes depuis longtemps. La paroi s'éloigne. Le sentier se perd dans une avalanche de caillasse. Elles s'y engagent de toute façon impensable de faire demi tour. Les pierres commencent a rouler sous leurs pas, ne pas s'arrêter. Si elles cessent d'avancer elles se feront emporter par le pierrier. Chaque pas, chaque mouvement doit être prudent, mesuré. Une pierre roule, déclenche une petite avalanche, Nacara s'enfonce jusqu'aux genoux. Bouger encore les jambes, ses muscles lui font déjà mal. Sortir de là, ne pas se laisser emmener.

-Doucement, doucement, voilà, comme ça...
Elle s'encourage en rassurant Milka, obligée de garder une voix posée pour éviter que l'animal ne panique. Un pas après l'autre, un obstacle après l'autre, rien pour se tenir, aucun support résistant, plus loin le sentier redevient stable, encore quelque mètres, quelques pas. Chaque bruit, chaque mouvement dans les pierres fait rater un battement au cœur de l'amazone. Trop de paramètres incontrôlables. Une sueur glacée coule le long de sa nuque, dans son dos. Elle sursaute presque en sentant la roche dure et immobile sous son pied. Ne pas crier victoire trop vite. Milka n'ose plus avancer. Les jambes enfoncées dans le pierrier, elle tremble, respire a toute allure.
-Doucement ma belle. Regarde, un pas. Chhhh, ça va. La, vient.
Caresses et mots doux rassurent suffisamment Milka pour qu'elle accepte de faire un pas de plus, puis encore un. Bientôt elles sont toutes les deux sur un sol d'une stabilité qui la ferait pleurer si elle n'avait pas d'autres choses en tête. Le sentier reprend, la paroi dresse a nouveau et de l'autre coté le vide.
L'heure bleue approche, le moment ou nuit et jour se disputent le ciel. Le moment ou les dunes, ou la roche, ou le monde entier se colore de tons bleu. Dans quelques instants l'or du soleil levant illuminera le ciel.
Nacara tire doucement sur la longe de Milka, elle n'a pas vraiment le temps de laisser la jument se remettre de ses émotions, elles doivent continuer d'avancer. L'assassin est toujours couché en travers de la selle, il n'osait pas bouger pendant la traversée de l'éboulement mais il recommence a gesticuler pour trouver une meilleure position, sa tête a de nouveau cogné contre une aspérité. Un soupir, elle l'a entendu soupirer!

-Ho Asfar! J'ai rêvé ou j'ai presque faillit entendre le son de ta voix?
-... .
-T'as raison j'ai du rêver. Je vais te faire descendre de la quand même, ça doit pas être très confortable. Elle pourrait presque sentir une raillerie planer dans l'air. La fatigue doit la faire délirer, Asfar n'a pas d'humour. Seul problème le sentier est tellement étroit qu'il lui faudrait une chance folle pour parvenir a poser un pied sur le sol sans tomber, et Nacara ne peut pas se tenir a coté de Milka pour l'assurer.
-Bon, prend ton mal en patience, dés que ça s'élargit un peu je te remet sur tes pieds.
Elle tend l'oreille en espérant plus ou moins capter un autre son... .Silence. Silence troublé par un cri, un grondement, des hennissement affolés, des voix qui crient le nom d'un ami, d'un frère. Le pierrier vient de faire une première victime. Les hennissements énervent Milka qui secoue la tête en soufflant par les naseaux. Nacara caresse l'encolure grise d'une main douce mais elle ne s'arrête pas pour autant. Un peu plus loin le sentier forme une épingle, une fois passée ils seront au dessus de leur poursuivants, cela semble trop facile.
Dans le virage il y'a suffisamment de place pour que le paquet gesticulant que portait Milka puisse mettre pied a terre. Nacara hésite avant de décider de ne pas lui relier les mains au pommeau de la selle, il ne peut de toute façon pas s'enfuir et s'il tombe elle préfère qu'il n'entraîne pas la jument dans sa chute. C'est maintenant le jeune homme qui ouvre la marche, il est prudent, marche lentement, ses mains et ses bras toujours prisonniers l'empêchent d'assurer correctement son équilibre. Nacara derrière lui balance en contrebas d'un petit coup de pied les pierres qui parsèment le chemin, les écoute rebondir, déclencher de petites avalanches avec une délectation malsaine, imagine les nomades en dessous d'elle qui doivent se coller a la paroi en priant de ne pas recevoir un morceau de caillou sur le coin de la tête.
Ils se sont arrêtés de parler, elle est même prête a parier qu'ils ont enveloppé les sabots de leur chevaux pour ne faire aucun bruit. Quelle bêtise, priver les animaux de leur appuis naturels sur un terrain aussi dangereux tient du meurtre. Elle est beaucoup plus peinée de savoir que les montures ne vont peut être pas s'en sortir alors qu'elle n'a pas une once de pitié pour cette bande d'hommes.
Le sentier est de plus en plus escarpé, si cela continue leur progression tiendra plus de l'escalade que de la marche, et Milka ne pourra plus suivre. Elle a été élevée dans les steppes du Sahel pas dressée comme un cabri de montagne. Elle se console en remarquant que grâce au dénivelé important ils passeront au dessus de l'effondrement qui a bien faillit leur coûter la vie un peu plus tôt. Mais le sol n'est pas très stable a cet endroit. La falaise s'est déjà effondrée une fois et ne demande qu'a recommencer. Le Sans-nom ralentit encore sa progression, sens le danger tout comme l'amazone qui redouble de prudence, doit penser au poids de l'animal qui la suit, elle se retourne pour encourager Milka qui pinaille, avance lentement a reculons en parlant doucement, et en flattant la jument pour la rassurer.
La lumière rase de l'aurore les éblouis d'un coup, les font cligner des yeux, Asfar ne peut pas se protéger de cette soudaine lumière alors que ses yeux sont encore habitués a l'obscurité, il s'arrête brusquement et Nacara qui marche a reculons le cogne, il trébuche, son pied se pose sur une pierre, glisse, dérape, il tombe, s'enfonce dans les éboulis, elle a juste le temps de le rattraper inextremis par le col de sa tunique, le tissus craque, se déchire lentement, il ne la regarde pas, grade les yeux fixés sur ses jambes dont les mouvements déclenchent une autre avalanche. Il sait, pour s'en sortir il ne doit pas cesser de marcher, de remontrer a contre courant de ce sol qui s'effondre sous ses pas. Mais la théorie ne tient pas compte de la fatigue, des muscles qui font mal, qui brûlent sous l'effort, du poids des pierres qui empêchent de lever les pieds. Pour la première fois il va peut être apprécier d'être ligoté comme un saucisson, en sentant le tissu céder sous ses doigts Nacara attrape la corde qui l'emprisonne et s'arc-boute pour le remonter. Entre ses dents serrées a exploser elle marmonne

-Reste avec moi Asfar.
D'une voix rendue basse et vibrante par l'effort elle lui prodigue les même encouragements qu'elle réservait a Milka un peu plus tôt, comme un leitmotiv, et centimètres par centimètres elle l'attire vers elle, le fait remonter sur la partie stable, elle l'attrape a bras le corps et bascule tout son poids en arrière entraînant l'assassin contre elle, plaqués contre la falaise, serrés l'un contre l'autre et pourtant inconscients de cette proximité ils reprennent leur souffle, soulagent leur muscles soumis a si rude épreuve depuis des heures.
Nacara n'en peut plus, la fatigue, la peur, son esprit refuse d'envisager la suite, faire encore un pas lui semble un obstacle insurmontable. Des pierres roulent, un cri encore puis le silence, un silence différent, plus profond. Le rappel de cette présence derrière elle lui donne un coup de fouet, elle ouvre les yeux, se rend compte qu'elle tient toujours le jeune homme étroitement serré dans ses bras. Elle l'écarte lentement, l'aide a retrouver son équilibre, et d'une pression sur l'épaule lui dit d'avancer. Il s'execute, tête basse, respiration saccadée. Un pas puis un autre, ne plus penser simplement avancer, continuer encore.
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MessageSujet: Re: Les Djebels   Ven 16 Mai - 11:37

-11-



Le soleil a presque atteint son zénith quand enfin ils arrivent sur le plateau, couverts de sueur et de poussière. Derrière eux plus que deux hommes et trois chevaux, elle les a aperçut rapidement un peu avant. Ils doivent être aussi fatigués qu'eux mais il faudra quand même se battre. Milka s'ébroue en posant le dernier antérieur sur la surface enfin plane, ou presque, disons a peu prés horizontale en tout cas. Elle lève la tête, ses oreilles tournent dans tout les sens, elle a sentit l'eau et peut être même un peu de verdure. Sans attendre ses compagnons qui se sont laissés tomber a genoux pour reprendre des forces elle s'éloigne au petit trot vers cette source qu'elle vient de sentir.
-Milka... .
La voix fatiguée de Nacara l'arrête, elle secoue la tête et reprend son chemin. L'amazone se remet sur ses pieds tant bien que mal et aide son compagnon a en faire autant. Dans le désert suivre l'instinct d'un animal et la meilleure façon de rester en vie. Leurs outres sont presque vides, ils sont fatigués, et toujours poursuivis, même si la paire d'homme qui reste en a encore pour quelque heures sur le sentier. Nacara ne se soucie même pas de l'autre groupe, même en galopant toute la journée il arriveront dans le pire des cas au milieu de la nuit, dans le meilleur seulement le lendemain, d'ici la il auront eu le temps de traverser trois ou quatre fois le désert. A chaque pas elle s'appuie sur l'homme qui l'accompagne a peu prés autant qu'il se repose sur elle. Malgré ce silence qui règne toujours entre eux la fatigue a fait tomber certaines barrières, a vrai dire ils ne s'en rendent pas vraiment compte, ont d'autres préoccupations en tête. Milka a disparu derrière un épaulement, ils s'y traînent lentement puisant dans leur dernières ressources, et quand ils contournent le rocher... une guelta * un rêve coincé dans la roche, de l'eau, du vert, de l'eau surtout. Milka est déjà penchée gracieusement sur l'eau qu'elle avale a grandes goulées. Les deux autres s'approchent lentement, comme pour éviter de faire fuir un mirage, et finissent a genoux dans l'eau au bord du bassin. Même ligoté comme il l'est le jeune homme plonge avec plaisir son visage dans l'eau trouble.
Quelques instants plus tard ils ont trouvé une grotte ou se cacher, l'entrée est étroite mais elle se prolonge loin dans la montagne. Au frais et a l'abri ils s'accordent un instant de repos, leurs poursuivants ne devraient plus tarder a mettre le pied sur le plateau, Nacara voudrait avoir retrouvé un minimum de lucidité avant de les affronter sur un terrain qui n'est somme toute pas le sien bien qu'elle le connaisse approximativement. L'assassin s'est laissé glisser au sol dos contre la roche, il essaie encore de lutter contre le sommeil qui alourdit ses paupières, qui embrume son esprit, mais rien a faire, son corps a trop besoin de repos et un quart d'heure après il s'endort, exténué. Nacara de son coté n'est pas en reste, étendue de tout son long sur la pierre fraîche elle soupire d'aise et ne sent même pas le sommeil la gagner.
Elle ne dormira pas longtemps, ses sens toujours en alerte l'avertissent que le temps passe, que les nomades se rapprochent. Mais l'esprit un peu plus calme elle peut analyser froidement la situation. Dans le paquetage qu'elle a jeté plus ou moins en vrac sur le sol en dessellant Milka elle récupère l'arc de sa mère qui ne l'a jamais quittée. D'une pièce de cuir huileuse et soigneusement fermée elle sort une longue corde. Elle en fixe un bout a une extrémité de l'arc, puis faisant savamment ployer la pièce de bois, attache l'autre bout de la corde a l'autre extrémité. Cela ne lui a pas pris très longtemps mais elle a accomplis chaque geste comme s'il s'agissait d'un rituel sacré. Les flèches l'attendent sagement dans un carquois toujours fermé, elle en prend trois, ne s'autorisant ainsi qu'une très mince marge d'erreur, s'obligeant par la même a une concentration accrue. Puis elle sort sur la pointe des pieds pour ne réveiller ni le jeune homme qui semble dormir d'un sommeil de plomb, ni la jument qui couchée dans un coin respire calmement, endormie elle aussi, la tête posée gracieusement sur le sol.
En arrivant sur le plateau les nomades devraient plus ou moins suivre le même chemin qu'eux, ils doivent être tout aussi fatigués, leur chevaux assoiffés et les traces laissés par leur voleurs sont aussi visibles dans le sable qu'une série de poteaux indicateurs. Elle en revanche doit faire attention a n'en laisser aucune, ils ne doivent pas se douter que l'un d'entre eux est ressorti de la guelta pour les attendre.
Le plateau, malgré son nom, n'est pas une surface plane, c'est juste la première marche vers des sommets plus élevés. Ici commence pour de bon le djebel. Nacara cherche une position surélevée, elle n'a ni l'envie, ni la force d'affronter deux hommes au corps a corps, elle préfère les tirer comme des lapins même si cette méthode est beaucoup moins amusante. Elle longe la paroi qui entoure le point d'eau. Elle s'abaisse lentement jusqu'à rendre l'escalade facile. Son arc en bandoulière et les flèches coincées dans sa tunique la jeune femme entreprend de grimper sur ce promontoire qui lui est offert. De la haut elle aperçoit l'endroit ou débouche le sentier, mais a moitié seulement, car un autre épaulement rocheux le cache. Une fois encore elle s'en remet a la chance, mais cette fois-ci sans vraiment y penser, son esprit est ailleurs. Le bois de l'arc qu'elle tient dans les mains la fait replonger dans ses souvenirs, dans le sourire, dans la voix chaude de sa mère... . Si elle était là... .Nacara secoue la tête en entendant des bruits, ce n'est pas tout a fait le moment de faire du sentimentalisme.
Le premier homme vient de mettre un pied sur le plateau, il s'effondre a genoux. Nacara se redresse lentement, d'un geste machinal elle retire la pièce de tissus qui lui couvre la tête libérant une masse de cheveux bruns qu'elle n'a pas pu se résoudre a couper, elle les attache rapidement puis elle détache le fourreau qui contient son épée et le pose au sol a coté d'elle avant de retirer son épaisse tunique sous la quelle elle ne porte qu'une chemise de toile fine et le plastron de cuir, marqué des estafilades de son combat contre l'homme qui dort dans la montagne et qui n'a pas d'autre choix que de s'en remettre a elle. Accroupie, parmi les rochers, une flèche encochée déjà, elle attend patiemment que ses ennemis approchent.
Le dernier cheval vient d'arriver sur le plateau, tout comme Milka les trois animaux ont tout de suite senti l'eau, et comme Milka ils n'ont pas eu un instant d'hésitation avant de se diriger vers la guelta sans aucune considération pour les hommes qui les accompagnent. Les deux hommes se relèvent et avancent lentement, ils ont vu les traces de pas dans le sable, leurs regards se promènent de partout et d'un mouvement souple, dans un silence troublé le souffle d'un vent brûlant il dégainent chacun un long cimetière. Nacara ne bouge pas, elle est aussi immobile que la roche dans la quelle elle se fond, malgré tout son corps qui lui fait mal. Elle attend patiemment qu'ils fassent un pas, puis un autre, sur les traces qu'ils ont laissé.
« Maintenant »
Elle se redresse vivement, bande son arc, vise soigneusement et sur une expiration laisse la flèche s'envoler droit dans la poitrine du premier homme. La corde chante, rien qu'a ce son elle sait que le tir était bon, qu'elle n'a pas manqué sa cible. L'autre redresse la tête, la vois, crie comme un dément et cours vers elle.



* Une guelta est un plan d'eau quasi permanent (fonction de la sécheresse et de tout un tas de paramètres plus ou moins mystérieux voire carrément mystiques), assez profond, qui abrite une vie végétale et animale non négligeable et dont il est en général compliqué de déterminer la source.
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MessageSujet: Re: Les Djebels   Dim 17 Aoû - 1:13

Le jeune homme sursaute, cligne des yeux, il avait vraiment fini par s'endormir, dans la pénombre il devine Sinan qui se retourne vers lui. Les dernières lueurs du soleil couchant dansent sur les murs de la grotte. Nacara porte a nouveau chèche et longue tunique qui cachent tout ce qu'elle ne peut se résoudre a montrer. Elle semble aussi plus reposée, ses traits sont moins tirés.
-On dirait que tu dormais pour de bon en fait.
Les yeux de Sinan se plissent sur un sourire, son humour douteux est de retour, il sort de la grotte. Il revient les bras chargés de bois et entreprend d'allumer un feu et sors d'un sac de quoi se restaurer pour eux deux.
Sa poigne est solide quand elle l'aide a se remettre sur ses pieds et l'entraîne prés du feu. Aucun doute, le faux nomade a profité de cette après-midi de calme relatif pour reprendre des forces. Asfar s'assoit prés du feu et elle étale entre eux les vivres qui constitueront leur premier repas depuis ce qui semble être une éternité. Avec le repos la méfiance revient et le rituel qu'ils avaient mis au point un peu plus de trois jours auparavant reprend. Elle lui donne a manger et a boire mais en goûtant au préalable tout ce qu'elle lui tend. Étrangement elle ne prononce pas un mot, elle qui ne peut habituellement pas s'empêcher de bavarder de tout et de rien dans l'espoir que, comme si cela était contagieux, son éternel prisonnier prononce ne serait-ce qu'un mot.

Milka n'est pas visible, mais a l'extérieur de la grotte il peut entendre le bruit que font des chevaux. Au moins quatre. Elle ne lui racontera rien, elle est a peu prés sure qu'il ne dormait pas vraiment quand elle s'est absentée un peu plus tôt, et s'il veut vraiment savoir, il peut toujours poser la question. Le repas terminé elle commence a rassembler leurs affaires et lâche
:
-On ne va pas tarder a partir.
Rien d'autre puis elle quitte la grotte les bras chargés. Elle revient quelque instants plus tard, avec une grande pièce de tissu remplie de sable. Elle étouffe le feu, en disperse les cendres au maximum et recouvre de sable les braises encore rougeoyantes. Puis elle aide l'assassin a se lever, il n'en a pas vraiment besoin mais se laisse faire, elle lui fait signe de la précéder a l'extérieur. Ils sortent prudemment de la grotte, leurs yeux s'habituent progressivement a l'obscurité. Autour du point d'eau quatre chevaux, deux autres pur-sang arabes, comme Milka, et un barbe. Dans l'obscurité on ne peut pas distinguer les couleurs de leur robes, mais ce sont bien des chevaux de nomades, corps fins, muscles secs et puissants et surtout d'une endurance quasiment a toute épreuve. Mis a part Milka un autre pur-sang est sellé et Nacara, silencieuse jusque la ne peut pas s'empêcher d'y aller de son petit commentaire.
-Regarde moi ça si pas du luxe Asfar, tu vas même avoir un cheval rien que pour toi.
Amélioration non négligeable du confort de voyage. Il s'approche de cette jument qui sera sa monture et qui pour l'instant le regarde de haut. Immobile il attend qu'elle daigne baisser le nez vers lui. Les présentations sont faites. Nacara lui tend ses mains en coupe pour l'aider a se mettre en selle, si l'envie d'en découdre avec ce satané nomade traverse la tête du jeune homme, cette fois-ci il n'en laisse rien paraître et grimpe en selle sans même un regard vers son geôlier. L'amazone lui attache les jambes sous le ventre de la jument, comme elle l'avait fait auparavant, et récupère la longe avant d'enfourcher Milka qui semble n'avoir pas envie de jouer ce soir. D'une caresse de la jambe elle la fait volter et se dirige vers la sortie de cette guelta encaissée entraînant derrière elle la seconde jument. Les deux autres chevaux les suivent aussi. Dans le pire des cas ça fera toujours quelque chose a manger avant d'avoir a s'attaquer au cuir de leurs bottes.


La lune dispense une faible lueur mais Nacara ne semble pas hésiter sur la direction a suivre et elle s'enfonce résolument dans une piste qui serpente entre deux paroi rocheuses, elle laisse Milka trouver son rythme, ne touche même pas les rênes, sur ce terrain inégal et avec cette obscurité elle ne veut pas prendre de risques inutiles en pressant les animaux plus que de raison.
L'idée saugrenue d'emprunter le chemin maudit n'a pas quitté son esprit, a plus forte raison si ils sont toujours poursuivis, mais pour l'instant elle veut surtout quitter ce plateau avant l'arrivée des nomades. La perspective de se faire piéger et d'avoir a prendre dans l'autre sens le chemin de la falaise ne la tente pas du tout.

La nuit s'écoule, lentement. L'obscurité leur donne l'impression de tourner en rond dans ce labyrinthe de roche ou tout ressemble a quelque chose d'autre. Combien de fois la question les a-t-elle effleurée, lancinante, quand ce rocher a la forme si particulière donnait un goût désagréable de déjà vu? Et pourtant le ciel ne tourne pas en rond, les étoiles qui servent de point de repère sont toujours bien a leur places. Le jour se lève déjà lorsque le petit groupe s'engage sur une nouvelle piste, ils ont définitivement quitté le plateau, et la piste qui serpente a leur pieds est celle, s'ils ne se sont pas perdus, qu'ils doivent emprunter pour rejoindre le chemin maudit, c'est aussi par la que doivent arriver les nomades. Nacara refrène son inquiétude, pourquoi n'ont-ils encore croisé personne? Ces hommes sont-ils absolument persuadés que leur camarades ne peuvent pas échouer? A moins qu'ils soient en embuscade quelque part et qu'elle se jette sans le savoir dans la gueule du loup... . Des décisions qui devraient pourtant paraître évidentes perdent tout leur sens a la lueur de cette incertitude. Finalement se cacher et attendre est la meilleure option, puisque se battre ou fuir a l'aveuglette est exclu. Ce ne sont pas les grottes, les recoins ou autres planques en tout genre qui manquent dans cette partie du désert. Elle s'installe bientôt sur un grand surplomb rocheux d'où elle a une vue imprenable a plusieurs kilomètres a la ronde. L'assassin et les chevaux sont cachés dans une profonde grotte qui s'ouvre non loin, elle a effacé leurs traces et l'attente commence.

Le soleil n'a pas beaucoup avancé dans sa course quand le nuage de poussière se dessine a l'horizon, proche. Une heure s'écoule, lentement, sous un soleil de plomb, Nacara ne quitte pas le nuage des yeux, attend qu'il approche encore, puis qu'il la dépasse, sauf que... . Sauf que ce nuage au lieu de venir vers elle, d’envahir l’horizon, comme elle s’y attendait, ce nuage donnait plutôt l’impression de reculer. Elle vérifia ses points de repère, en pris d’autres, aucun doute, le nuage suivait une diagonale qui le faisait s'éloigner vers la gauche, vers le plateau, la d'où ils venaient. « ils me font quoi là? » Elle n’avait connaissance que d’une piste celle qu’ils avaient empruntée au cour de la nuit, mais réflexion faite il était tout a fait possible qu’il en exista une autre... La preuve, s’il en fallait encore une, les nomades n’allaient pas du tout mais alors vraiment pas dans la direction qu’elle avait imaginée.

Que faire? Quitter maintenant l'abri, passer le plus discrètement possible et rejoindre le chemin maudit? Ou attendre sagement que les choses se tassent bien au chaud dans une grotte? Elle se trouvait a nouveau devant une alternative dont leurs vies, sa vie, pouvaient dépendre, la mauvaise décision la conduisant vers une mort certaine. Cette satanée poussière qui formait des nuages de dix mètre au moindre pas dans le sable rendant toute discrétion assez illusoire, même si elle prenait toutes les précautions nécessaires. D’un autre côté, en trouvant ce qui les attendaient sur le plateau les nomades allaient entrer dans une de ces rages folles qui les faisaient craindre aux quatre coins de Djamila, ils allaient passer le désert au peigne fin et si ils ne trouvaient rien, s’installeraient autour de tous les points de ravitaillement en attendant que leurs ennemis, piégés pas la soif et la faim soient obligés de se montrer.

En fait d’alternative ce n’en était pas vraiment une, hors de question de rester cachée, hors de question de se laisser acculer comme un lapin dans son terrier. Elle descendit lentement de son perchoir et retourna vers la grotte ou elle avait laissé son muet compagnon de voyage et les quatre chevaux. Elle s’installa en selle avec un soupir, caressa Milka entre les oreilles et donna le signal du départ. Peut être l’assassin s’était-il aperçu que quelque chose n’allait pas, ses yeux noirs détaillèrent intensément son geôlier pendant une seconde avant de retourner a une contemplation du paysage qui n’avait rien de touristique.


Leur progression fut lente, Nacara évitait tant que possible la piste et les endroit ou la poussière trop volatile les feraient repérer immédiatement, les tours et les détours n’en finissaient plus, a se demander si elle savait ou elle allait.

Ils tournèrent dans ce désert de roche pendant des heures, cela semblait interminable, le soleil de plomb, la soif, la fatigue, tout ceci devait bien avoir une fin, oui mais où et quand? Ils semblaient destinés à fuir et se cacher, à se méfier l’un de l’autre alors qu’ils ne pouvaient pas se séparer... Pas maintenant. Les nomades étaient les meilleurs pisteurs, elle le savait, elle n’espérait pas pouvoir les semer indéfiniment, simplement leur faire perdre un peu de temps, les ralentir dans leurs recherches, mais elle su qu’ils les avaient trouvés bien plus tôt qu’elle ne l’avait prévu. Un bruit, quelque chose dans l’air, la nervosité des chevaux, ils les avaient retrouvés. Comment? Pourquoi? Elle avait pourtant tout fait dans les règles de l’art. Plus tard les questions, ils fallait qu’elle sache combien il étaient derrière elle, qu’elle voie si elle pouvait s’en débarrasser. Elle fit légèrement presser l’allure, s’engagea dans un étroit défilé aux parois hautes et abruptes. Ce défilé s’enfonçait profondément dans le massif avant de remonter sur un plateau, elle fit encore accélérer les chevaux, sur ce sol entièrement caillouteux elle pouvait se permettre d’aller plus vite. Le bruit de sabot résonnait entre les hautes falaises appesantissant encore l'atmosphère déjà oppressante.

La pente douce du défilé s’accentua, lentement, et les pierres roulaient en contrebas dans un bruit de tonnerre, les chevaux dérapaient sur les éboulis, une partie de la falaise avait du s’effondrer, pourvu que le sentier ne soit pas bloqué. Sans doute sa prière fut-elle entendue car au détour du Sentier le petit groupe se retrouva nez a nez avec un bloc de roche d’une dizaine de mètres de haut et lisse comme la peau d’un nouveau né. Pris au piège. Elle se retourne, regarde en l’air, descend de cheval et reviens sur ses pas. Il faut qu’ils puissent passer. Dans le silence retrouvé elle entend résonner derrière eux les sabots de leurs poursuivants, combien sont-ils? Elle jette un dernier regard aux parois verticales qui les entourent, aucun espoir de ce coté là, obligée de se battre. l’absence de choix la soulage, elle sait ce qu’elle a faire maintenant, ce qu’elle a toujours fait, ce qu’elle fait le mieux, se battre. Sa bouche s’étire sur l’un de ses sourires carnassier, elle est de retour sur son terrain.

Elle retourne prés de Milka, détache ses fontes et étale son matériel sur le sol. Asfar la regarde, elle ne peut pas vraiment se permettre de retirer sa tunique, il va falloir qu’elle prenne en compte ce handicap. Les pas se rapprochent, lentement, ils ne veulent pas prendre de risque, peut être savent-il que le chemin est condamné. Elle sangle ses lames dans son dos, jette un œil aux armes de l’assassin et du bout des doigts suit la ligne de sa lame de poignet, elle n’en a pas utilisé depuis longtemps... d’un geste vif elle remonte la manche de sa tunique et fixe le mécanisme a son avant bras sous le regard noir de l’homme derrière elle. Il lui aura fallut moins d’une minute pour être prête, elle attache les chevaux et redescend le sentier, aller a la rencontre de ses poursuivants lui laissera une marge de manœuvre au cas ou...
elle s’arrête deux cent mètres plus loin, cale le carquois plein de flèches dans une anfractuosité, pose l’arc a coté et profite de cet instant de répi pour defaire le chèche qui lui couvre la tête, ses long cheveux bruns roulent sur son dos, elle les attache sommairement. Ils sont maintenant juste derrière ce virage, elle prend son arc, encoche la première flèche et prend une grande inspiration.


Le premier homme qui apparaît prend une flèche en pleine poitrine et tombe de cheval, le deuxième non plus n’a pas le temps de comprendre. Pause, le suivant arrive en courant a toute jambes slalomant entre les pierre, elle vise, le rate, il approche encore, elle lâche son arc et dégaine ses lames, il se jette sur elle, bref combat, il s’effondre mais deja les deux suivants sont sur elle, lame au clair, ils hurlent le nom de leur dieu. Derrière eux encore deux hommes, le bruit du métal frappant le métal envahi le défilé, les cimetères ripent contre la pierre, étincellent, elle plante sa lame dans la gorge de l’un, le second s’effondre une seconde aprés en se tenant le ventre, le sixème homme se jette sur elle, son compagnon hésite une seconde, fatale hésitation, Nacara se lance de toute ses forces dans le combat, ignorant un instant le lâche qui est resté en arrière, douleur, l’homme va rejoindre ses compagnon sur le sol, elle porte la main a son dos, le sang coule, elle tombe a genou, le dernier combattant la désarme, s’approche pour lui porter le dernier coup, elle lève un bras, supplication? Il lève sa lame, avant qu’il n’ai eu le temps d’achever son geste une lame venue de nulle part s’est plantée dans son ventre. Dans un dernier effort elle se relève, enfonce son arme plus profondément, tourne et agrandit la plaie, attrape l’homme par la nuque, le serre contre elle son sang chaud s'écoule le long de son bras, un dernier souffle et elle le laisse glisser a terre.

Du bout des doigt elle essaie d'évaluer l’état de la blessure, c’est pas bon, du tout. d’un geste maladroit elle essuie le sang sur ses armes avec son chèche et les remet au fourreau, récupère arc et carquois avant de se diriger d’un pas traînant vers l’endroit ou elle a laissé les chevaux et son involontaire compagnon d’infortune. Ses cheveux se sont détachés, collés a son visage par la sueur que la légère brise ne parvient a dissiper. Encore quelque mètres, elle sent le regard interrogateur de l’assassin, elle remonte a nouveau sa manche et détache de son poignet l’arme qu’elle lui a emprunté et la pose devant lui, en équilibre sur le pommeau de la selle. Elle dégaine son poignard et lentement entreprend de couper les liens de son prisonnier. Il est libre, elle s’adosse a la paroi et se laisse glisser a terre.
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