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 L'ancienne cure

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Frère Angelo
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Frère Angelo

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MessageSujet: L'ancienne cure   Ven 25 Juil - 11:23

1. Introduction

"In the air tonight"

Quelques rayons de soleil filtraient à travers les énormes nuages gris qui parlaient encore du mauvais temps de la veille. La journée était déjà bien entamée, particulièrement pour frère Angelo qui comme bien souvent, binait la terre de son potager, débarrassant celui-ci des mauvaises herbes qui poussaient plus vite que les légumes qu’il entretenait avec amour. La température était fraîche mais agréable et sous la douce lumière, la scène du moine penché sur son labeur était digne d’un tableau de maître.

La terre encore lourde des pluies de la veille, sentait l’humidité, et la verdure brillait de rosée. Seul le chant d’oiseaux alentours, et le bruit régulier de la binette frappant le sol, troublaient le silence paisible de ces lieux. Frère Angelo s’était installé dans la vieille cure, jouxtant une église qui aurait eu bien besoin de rénovations. Et s’il y avait eu des prêtres dans le coin, ils avaient désertés depuis longtemps cet endroit, laissant les brebis égarées gérer seules ce troupeau sans doute oublié de Dieu.

Cela n’étonnait guère frère Angelo qui avait découvert l’île, il n’y avait que quelques années à peine. Une erreur d’interprétation d’un pauvre bougre qui quand le moine lui avait demandé où un homme comme lui serait le bienvenu, lui avait répliqué du tac au tac: l’Île du Moine. Cela avait du lui paraître évident. Seulement comme bien souvent, les apparences étaient trompeuses, et le moine avait découvert très vite que n’avait de monastique que le nom de l’île. Il en avait appris la légende, mais finalement comme il ne dérangeait personne, avait fini par s’installer là, en espérant leur être un peu utile.

Son idée avait été la bonne et après s’être établi dans la vieille cure, il avait passé des heures à remettre de l’ordre dans la maison, et à débarrasser le potager attenant de ses mauves herbes qui avaient tout envahi. Depuis il gagnait sa vie, en apportant quelques enseignements aux enfants des renégats habitant sur l’île, dont les épouses désiraient que leurs progénitures acquissent tout de même quelques connaissances. Et s’ils pouvaient apprendre à lire et à écrire, dans ce milieu, c’était déjà un miracle aux yeux du frère. Mais la surprise la plus agréable à ses yeux, fut de découvrir que même ici, même parmi des voleurs, parmi les plus grandes fripouilles de Liberty Human, pirates ou gredins en tout genre, il existait quand même des esprits qui désiraient que Dieu guidât leur route. Certes, ceux-là ne venaient jamais écouter ouvertement ses paroles, mais demandaient dans la plus grande discrétion quelques conseils afin de mieux se comporter, espérant ainsi éviter les flammes de l’enfer.

Le plus triste pour le frère Angelo, était que ces pauvres gens ignoraient souvent comment bien agir, et comment faire la différence entre ce qui était bien ou mal. Alors oui, il se sentait utile parmi tous ces gredins, et sa belle voix grave ne cessait jamais de prodiguer quelques sages paroles, attendues ou non, entendues ou non. Le principal, était que quelqu’un les leur dît.

Une éclaircie soudaine laissa surgir le soleil derrière les nuages et frère Angelo se redressa , appuya ses deux poings contre ses hanches et étira ses muscles dorsaux qui avaient bien souffert. Il décida que pour aujourd’hui les travaux jardiniers suffiraient et l’appel de l’estomac lui rappela qu’on approchait midi. Il était temps de songer à manger. Le moine déposa ses outils dans la remise derrière la maison, alla se laver au puit, et racla le dessous de ses sandales en cuir sur les bords des marches afin d’en ôter la terre argileuse qui s’y était accrochée par paquets. Il poussa la petite et lourde porte de bois et pénétra dans une antre sans lumière.

La silhouette du moine se découpa dans l’entrée de la maison, figée le temps que ses yeux s’habituassent à la pénombre. Il fronça les sourcils et se dirigea vers les deux petites fenêtres pour en écarter les volets. Voilà qui était mieux, il pouvait à présent songer à se préparer un simple repas, avant de repartir pour la ville cette après-midi. Le moine eut vite fait d’allumer un feu dans le poêle à bois et peu après, un délicieux fumet s’échappait par les fenêtres ouvertes de la cure.
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MessageSujet: Re: L'ancienne cure   Mar 29 Juil - 9:01

2. E Nomine: Das Tier in mir

L’astre d’argent éclairait les plaines de Liberty Human et au loin l’on pouvait apercevoir les premiers toits d’un village. La nuit était si calme que quand le hurlement d’un loup la troubla, seul quelques animaux nocturnes furent dérangés. Le paysan dormait paisiblement et avait à peine remué dans son lit.
Pourtant à la lisière de la forêt dont les ombres s’allongeaient jusque dans les champs, l’on put deviner le mouvement d’une première silhouette, furtif mouvement mais qui n’avait pas échappé au regard de la chouette qui observait du haut de sa branche, le paysage si paisible.. en apparence seulement.

Soudain au-delà d’un champs, le bruit d’une cavalcade résonna dans la nuit. Un groupe de cavaliers surgit des profondeurs de la forêt pour fondre sur le village. La chouette gonfla ses plumes, devinant le malheur qui menaçait les habitants endormis. Les noirs cavaliers et leur montures semblaient sortir de l’enfer lui-même et ce qui allait suivre, aurait pu le laisser croire.

Les chevaux déboulèrent dans le village, créant un début d’agitation, mais l’alerte ne fut donnée qu’au premier cri d’une femme ayant vu surgir devant elle un des hommes revêtu d’une inquiétante armure. Le cri fut très vite étouffé, alors que d’autres déchiraient la nuit, glaçant le sang de ceux qui venaient à peine de se réveiller en sursaut. Le village ne fut plus que terreur alors que les assaillants assassinaient avec la plus grande férocité chacun de ses habitants, ne laissant aucune chance aux survivants. Ces guerriers des ténèbres poursuivirent leur atroce besogne et pourchassèrent les fuyards au-delà du village pour les transpercer de la lame de leur dague dont la lune accrocha un dernier éclat du métal. On pouvait lire l’horreur sur le visage des agonisants dont les yeux après s’être posé une dernière fois sur leurs meurtriers, se figèrent à jamais sur le ciel constellé d’étoile.

Et alors que le sang des victimes continuait de marquer de rouge cette noble terre, les guerriers des ténèbres se retirèrent, laissant derrière eux un immonde massacre. La nuit redevint paisible, malgré l’horreur de la scène et peu à peu les animaux reprirent leurs chants nocturnes.

Et ce fut à ce moment qu’il l’entendit. Une petite fille pleurait et lui qui avait assisté à toute cette scène sans pouvoir réagir, se précipita auprès d’elle. La frêle enfant était assise au milieu de ce carnage, tête cachée dans ses bras entourant ses genoux. Il se pencha, inquiet , pour toucher son épaule, mais alors que sa main aller l’effleurer, la fillette releva son visage vers lui, un visage qui exprimait une angoisse terrible et elle lui parla, de cette étrange voix qui ne semblait pas lui appartenir:

- Ne les laisse pas faire!

Il se redressa, surpris par ces paroles.

- de quoi parles-tu?
- Ne les laisse pas faire.. tu dois les arrêter..
- mais.. je n’ai pas d’arme et..

L’homme regarda autour de lui, et fit un geste d’impuissance. Ne voyait-elle pas qu’il était trop tard?

- L’arme n’est pas toujours celle qui fait couler le sang, cherche… cherche la réponse dans tes livres.. cherche la personne qui saura les arrêter.. Il faut empêcher le mal de prendre racine sur les terres libres..Tu dois trouver les réponses….

Soudain un guerrier surgit dans le dos de la fillette et la transperça de sa dague. Un cri terrible qu’il cru venir de la petite fille, le paralysa d’effroi, mais en ouvrant les yeux, se retrouvant assis dans son lit, frère Angelo comprit que c’était lui qui avait poussé ce hurlement.
Son cœur battait comme un fou dans sa poitrine, son front était moite de sueur et le moine jeta autour de lui un regard effrayé. Ce cauchemar lui avait paru si réel, et cette voix qui lui disait qu’il devait trouver les réponses, elle semblait le poursuivre encore.

Frère Angelo se sentit gagné par une frustration sans nom… « trouver les réponses » mais à quoi? Quelles étaient les questions? Et pourquoi n’avait-il rien fait pour empêcher ce massacre. Le moine se prit la tête dans les mains..

- Oh mon dieu, ce n’était qu’un cauchemar! Mais il paraissait si réel..

Le moine attendit que les battements de son cœur ralentissent avant de se laisser de nouveau aller la tête dans son oreiller. Mais il entendait encore la voix étrange et ces paroles si déplacées dans la bouche de la fillette… Il s’efforça de penser à des choses plus agréables afin de retrouver le sommeil.

( A suivre à l'herboristerie)
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MessageSujet: Re: L'ancienne cure   Mar 27 Jan - 18:56

8. (avant dans les rues)


Découvrez Era!


Il était rentré au plus vite chez lui, dans la petite cuisine de la vieille cure, et aussitôt s’était assis à la table après avoir de la manche de sa bure, débarrassé d’éventuelles saletés. Alors il ouvrit le livre face à lui et lut lentement le titre en caractères gras et délicats reliés.

Citation :

Prophéties
Ad vitam aeternam

Par le père Tobias.



Les signes ne trompent jamais,
L’histoire est à refaire.
Dans ma cinquante-cinquième année,
Je suis devenu le prophète de ce mystère,

La prophétie est de retour,
Il me faudra interpréter les signes donnés,
Trouver l’élu à mon tour,
Et recommencer la marche de la communauté.

Le frère Angelo se redressa brusquement et inspira comme s’il avait retenu sa respiration tout ce temps. Les mots étaient les mêmes, ceux de Dante. Il resta un instant pensif, et reprit sa lecture.


Citation :
Comme d’autres avant moi,
J’ai compris que ma destinée est unie à celle de l’enfant roi,
Afin que l’ombre recule et que l’ennemi abdique
Se sera à la communauté de mener cette bataille épique..

Voici comment débutait le livre, avec plusieurs de ces quatrains, étranges et sybillins. Mais la lecture de frère Angelo ne s’arrêta pas là. Il voulait savoir, il voulait comprendre pourquoi, pourquoi lui, et pourquoi ces rêves.

La suite des écrits était tout aussi étrange, sauf plus technique, et faisait beaucoup de références à un passé historique. Le père Tobias évoquait de nombreuses recherches qu’il avait faites, sur les origines des prophéties, sur les chamans, tels des prêtes venus de Sibérie, prédisant de funestes destins.

Il y avait aussi de nombreux exemples, des citations et des illustrations plus ou moins élaborées. Ainsi le frère Angelo qui ne venait pas de Liberty Human, reconnut nombre de noms cités, et en découvrit d’autres. Tous appartenaient à l’histoire de la terre première. Himiko prophétesse du Japon, et gardienne du miroir sacré d’Amaterasu, qui aurait été ensevelie à sa mort à l’intérieur d’un énorme tumulus, accompagnée dans sa sépulture par plus de cent serviteurs.*

Il évoquait bien sur les prophètes de l’ancien testament, appelés souvent « Nabis » et citait à nouveau plusieurs de leurs prophéties. Il donnait des exemples de ceux qui n’avaient pas su interpréter les prophéties, ou qui ne les avaient même pas écoutées. Il citait le prophète Daniel annonçant la venue du messie. Là une annotation de l’auteur du livre attira son attention. Il avait reprit une citation de Daniel, et y donnait un avertissement :


Citation :
« Je regardais dans les visions de la nuit
Et voici qu’avec les nuées du ciel venait
Comme un fils d’homme ; Il arriva jusqu’au vieillard,
Et on le fit approcher devant lui.
Et il lui fut donné domination, gloire et royaume,
Et tous les peuples, nations et langues le servirent.
Sa domination est une domination éternelle
Qui ne passera point, et son royaume ne sera point détruit. » Dan 7, 13-14



L’élu est appelé à revenir,
d’autres viendront pour régner sur un monde unique,
et c’est aux prophètes de les prévenir
de ce futur règne de l’enfant roi.
..

Il faisait soudain bien sombre dans la pièce, le soleil venait de se coucher, mais le frère Angelo n’avait pas envie d’abandonner sa lecture. Après avoir allumé une vieille chandelle, il se pencha à nouveau au dessus du grand livre. Le prêtre parlait beaucoup du christ, de la façon dont sa venue avait été annoncée, et que beaucoup avaient ignoré la prophétie. Encore une fois il lut un avertissement.


Citation :
Il faut écouter les prophètes,
Il faut tenir compte des signes et des avertissements,
Ou les ténèbres, le monde envahiront
Et la communauté devra reconnaitre sa défaite.


Tout cela lui paraissait bien mystérieux, et pourquoi toutes ces recherches sur ces prophètes du passé ? Pourquoi ces avertissements ? Le frère Angelo se posait tant de questions. Il secoua la tête et poursuivit sa lecture. Le père Tobias évoquait encore l’antéchrist, puis il parlait même de l’apocalypse. Il citait Cassandre et Laocoon qui avait prédit le désastre pour la cité de Troie si le cheval de bois des grecs se trouvait pris entre ses murs. Il citait encore Pausanias et l’oracle de Lévadia, l’oracle de Delphes qu’on nomma pyhtie en l’honneur du défunt Python, et sa fameuse prédiction au sujet des palissades de bois de Salamis. Il parlait aussi de la Sibylle de Cumes, de Joachim de Flore et de ses interprétations de la bible, et puis bien sûr de Jeanne d’Arc et ses fameuses voix.

Tous avaient prédit des évènements, qui s’étaient avérés vrais ou non, mais le père Tobias disait que les hommes n’avaient pas su bien interpréter les messages. Et que parfois les oracles, devins ou prophètes eux-mêmes, se trompaient en donnant leurs prédictions.

Le frère Angelo poursuivit sa lecture jusque très tard dans la nuit, et finalement il s’endormit en faisant un étrange rêve.. Il rêva de cette gravure qu’il avait vu dans le livre, ce visage de la madone penché sur son enfant, ce visage qui lui avait brusquement rappelé celui de Dante, Dante avec son fils, Dante et ses prédictions étranges, l’enfant… les prophètes, les signes qu’il fallait reconnaitre..




*références historique tirées du livre des prophéties, par Tony Allan, comme tous les noms cités dans le texte, sauf concernant le père Tobias.
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MessageSujet: Re: L'ancienne cure   Jeu 29 Jan - 20:23

9.


Découvrez Sarah Brightman!


Alors que la veille, le ciel était du bleu le plus azur, aujourd’hui, il était chargé de nuages gris qui menaçaient à tout instant de déverser leur contant sur l’île du Moine. Le frère Angelo avait donc pu sans remord, s’octroyer une grasse matinée, car le temps ne se prêtait pas au jardinage. Mais son sommeil fut bien vite troublé par les cris d’un enfant, et les coups que ce dernier assenait de ses petits poings contre la lourde porte de l’ancienne cure.

Tiré brusquement de ses songes, le frère se redressa sur son séant, mettant quelques instants avant de comprendre que le martellement qu’il entendait n’était non pas le tambour de guerre des êtres qui en rêve l’avaient poursuivi, mais qu’il s’agissait simplement du petit protégé de Dante.

- Kenny ? Attends, laisse-moi le temps d’enfiler un vêtement…

Le frère revêtit la lourde tunique de lin épais, noua le cordon à sa taille, et ouvrit la porte, son visage se creusant encore plus d’inquiétude devant l’expression de l’enfant.

- alors mon petit, que se passe-t-il ?
- C’est la patronne, l’est plus rev’nue, répondit-il tout essoufflé, regard angoissé.

Le frère Angelo se pencha un peu pour être face au garçon, ses larges mains sur les frêles épaules :

- depuis quand tu ne l’as plus vue ?
- depuis hier soir.
- et elle ne t’a rien dit ?
- non quand j’suis rentré avec le bébé, elle était plus là.
- et c’était à quelle heure ?
- ben j’sais pas trop. On allait fermer boutique.
- je vois, et le bébé ?
- j’l’ai laissé à la dame qui habite à côté. Tiens, y’avait ça sur la table.

Alors Kenny sortit une lettre pliée en quatre de la poche de son gilet qu’il lui tendit. Le frère Angelo fronça les sourcils en reconnaissant son nom inscrit sur le dessus. Il regarda Kenny.

- tu ne l’as pas ouverte ?

Le gamin secoua la tête d’un air gêné.
- j’commence tout juste à apprendre à lire, c’est la patronne qui m’apprend.
- Ah c’est une excellente chose, répondit le frère en ouvrant la lettre, mais le petit sourire qu’il avait eu pour Kenny s’effaça à la lecture des premières lignes.

La lettre:
Spoiler:
 

Et soudain il eut besoin de s’assoir, bouleversé par cette lecture. Ses mains tremblaient, ainsi que sa bouche. Il plaqua une main sur celle-ci et fini par la passer sur son visage, comme si de ce geste, il avait pu effacer les mots qu’il venait de lire. Il ne la connaissait pas depuis longtemps, mais ces petits moments passés avec elle et l’enfant, avec Kenny et leur complicité avaient été comme un rayon de soleil dans sa vie. Il avait bien remarqué ses airs nostalgiques, mais il avait fini par croire que cela faisait partie de la nature de cette jeune femme si fragile, et bien trop jeune pour mourir…

Les yeux hagards, se remplissant malgré lui de larme, il restait là, à regarder cette lettre, en sachant qu’il ne pouvait plus rien faire pour elle.


- Frère Angelo ? Qu’est-ce qu’elle dit ?
- je.. oh mon dieu, pardonnez-lui !
- mais pourquoi tu pleures frère Angelo ? Dis-moi ce qu’elle dit la lettre ? Qu’est-ce qu’elle a écrit ??

Assis sur sa chaise, le frère Angelo regardait cet enfant qui comprenait déjà qu’un malheur était arrivé. Mais comment lui dire qu’il avait perdu celle qui était devenue comme une mère pour lui ? Il s’étrangla, s’efforçant de retenir ses sanglots, sa main cachant sa bouche à nouveau. Et pourtant, il lui fallait lui dire la vérité, cette vérité cruelle et impitoyable..

- Dante est partie…
- partie ? mais ou ?
- au ciel mon enfant, répondit-il sans hésiter.
- au ciel ? Tu veux dire comme ces histoires que tu m’as racontées ?
- oui, c’est ça…
- Mais non !!! PAS ELLE !! PAS ma patronne, PAS DANTE !! Elle va revenir, j’le sais !!! Elle m’a promis, elle a promis que toujours elle s’occuperait de moi..

Le cœur du frère se déchirait de voir la peine du gamin qui hurlait et pleurait en même temps, refusant de reconnaitre la vérité, il se rebellait contre ce destin qui lui arrachait un être si cher. Le frère leva une main pour la poser sur son bras.

- il ne faut pas lui en vouloir, elle a essayé de vivre pour toi, pour ce petit, mais c’était au dessus de ses forces, la vie n'a pas été tendre avec elle.

Pourtant en lui disant ces mots, frère Angelo lui en voulait, elle aurait du lutter, elle aurait du lui en parler.. en fait, c’était à lui qu’il en voulait, il s’en voulait de n’avoir pas su sauver cette âme en détresse.. Le gamin se défit d’un geste brusque de son étreinte, et hurla en reculant :

- Tu ments, Tu ments, vous mentez tous.. vous êtes tous des menteuuurs ! MENTEUUURS !!! JE VOUS DETESTE !!!

Puis tout à coup, sans qu’il n’ait eu le temps d’anticiper le geste de l’enfant, celui-ci fila en direction de la porte qu’il laissa grande ouverte, et s’enfuit sur le chemin de terre, sans plus se retourner…
Frère Angelo s’était précipité, mais il n’était plus aussi vaillant que l’enfant, et sa colère était bien moindre à côté de la sienne. Accablé, il s’appuya contre le cadre de la porte, et ferma les yeux.


( suite aux falaises )
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MessageSujet: Re: L'ancienne cure   Jeu 2 Avr - 14:40

11. ( Avant aux falaises..)

Une fois de plus, Frère Angelot ouvrit le livre pour observer l’illustration qui l’avait tant frappée. L’homme qui était penché sur une fillette aux longs cheveux d’or, et cette dernière qui levait les bras vers lui, avec dans le regard cette même lueur de détresse qu’il se souvenait avoir vu dans celui de la fillette de ses rêves. C’était là l’illustration de son rêve, car le personnage vers qui l’enfant tendait ses bras, n’était autre qu’un moine, dont la capuche était rabattue dans son dos, mais dont on ne discernait pas les traits. Et une fois de plus, Frère Angelot se dit que c’était impossible.

Il se frotta ses yeux fatigués après avoir relu encore quelques paragraphes de l’étrange livre, puis tourna la tête vers Kenny qui jouait avec le bébé, agitant au dessus de son nez, un de ces hochets que l’on trouvait trop rarement mais que Kenny avait déniché Dieu seul savait où. Voilà que le frère avait la responsabilité de deux enfants, dont l’un était encore un bébé. Il ne pouvait pas choisir de prendre la route avec eux.. et pourtant…

Sa main fit tourner les épaisses pages du livre, quelque peu jaunies par le temps pour revenir à une autre illustration, un croquis représentant une femme transportant un enfant sur un âne, tandis que devant eux, un homme dirigeait l’animal en direction d’une ville qu’on apercevait dans le fond. Une image sacrée que personne ne pouvait ne pas connaître. Et le frère relut pour la énième fois le texte qui l’accompagnait..


Citation :

A travers les mondes,
A travers le temps
Il sera leur guide,
Les ennemis et le mal affronteront,
Pour protéger l’enfant.
Que Dieu veille sur les chevaliers intrépides.


Il avait lu le même message à travers chaque vers, le mal menaçait de s’emparer des terres libres si quelqu’un ne faisait rien. Le livre évoquait les prophètes qui de tout temps, étaient intervenus dans l’histoire pour s’opposer au mal, et d’autres pour annoncer la venue de celui qui les sauverait des ténèbres. Et puis il y avait ce paragraphe qui évoquait un voyage pour sauver l’enfant des griffes du mal.

Dans un geste sec, le frère referma le grand livre, faisant sursauter l’enfant qui le regarda l’air inquiet. Kenny se tourna à son tour, fronçant les sourcils.


-Je ne peux pas.. je ne peux pas partir en voyage avec un enfant et un bébé !!
- Frère Angelo, .. vous voulez partir ?

Le frère réalisa soudain qu’il avait parlé à voix haute et inquiété inutilement le jeune Kenny. Il s’approcha pour lui caresser la tête.

- Non, nous ne partirons pas d’ici. Nous sommes très bien sur cette île, jamais personne ne pourrait lui vouloir du mal.
- lui vouloir du mal à qui? A Aku ?
- oublions ça.. Et le bébé s’appelle Akuko ! Essaie de ne pas écorcher son prénom.
- Mais frère, c’est bien long Akuko pour un bébé tout petit comme ça..

Le frère Angelo ne put cacher un rire, et n’insista pas. Il se dirigea vers l’étagère où il déposa le précieux livre, puis revint vers l’enfant qu’il prit dans ses bras. Le regard vif que le petit lui adressa, lui laissa une étrange impression. Il prit sa petite pogne dans la sienne si grande, et tandis qu’Akuko s’accrochait à son doigt en souriant, le frère songea qu’il aurait bien aimé savoir ce que l’enfant pensait à cet instant, mais hélas, il ne possédait pas le lien étroit que Dante sa mère avait partagé avec lui..

( A suivre dans les rues de la cité)
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MessageSujet: Re: L'ancienne cure   Mer 6 Mai - 22:57

13.( avant dans les rues de la ville)

Un sac sur le lit, c’était tout ce qu’ils pourraient emporter avec eux, quelques vivres pour débuter le voyage, de quoi nourrir le bébé, sa bible, le mystérieux livre qui pesait bien lourd mais qui lui sembla soudain indispensable. Et enfin et surtout, toutes ses économies, car oui, le frère avait épargné quelques sous, en prévision d’un jour comme celui-ci.

- vite dépêche toi, vas chercher Akuko chez madame Perney.
- mais frère ..
- ne discute pas, il nous faut partir très vite, gronda le frère Angelo avec un regard si grave que Kenny ne discuta plus et fila…

Frère Angelo termina de préparer ses affaires, quelques vêtements pour lui et les gosses, et enfin chargea le tout sur ses épaules, une besace pesant d’un côté, et un de l’autre. Il fit la grimace, le tout même équilibré, était bien lourd. Puis il vit revenir Kenny qui poussait le landau. L’enfant le dévisageait l’air vraiment inquiet. Frère Angelo posa sa large main sur sa tête, ébouriffant les cheveux.

- Akuko est en danger si nous restons ici.
- je comprends.. mais l’herboristerie ?
- Elle restera fermée jusqu’à nouvel ordre.. c’est ainsi, Kenny, nous n’avons plus le choix.. écoute..

Le frère se pencha devant le gamin..

- ces hommes au marché, ils le cherchaient je crois.
- mais pourquoi ?
- je l’ignore encore.. mais peut-être que nous le découvrirons un jour.. en attendant, il ne faut plus rester.. On va prendre le premier navire en partance, et après, on avisera..

Kenny hocha la tête. Il comprenait combien la situation était grave, et se plia sans discuter aux ordres du frère.
Ce dernier vérifia une dernière fois que toutes ses affaires étaient en ordre dans la vieille cure, puis referma la porte sur ce qui était dorénavant son passé. Il fallait à présent se tourner vers l’avenir, même s’il était des plus incertains. La vie d’Akuko était en jeu cette fois. Frère Angelo n’en doutait plus.
C’est donc un étrange trio qui se dirigea vers le port de l’île du Moine, ignorant s’ils y reviendraient un jour.


( Suite à Utopia, au port)
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