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 As'Afar, le désert des voyageurs.

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Lady Sparrow
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MessageSujet: As'Afar, le désert des voyageurs.   Jeu 14 Fév - 0:43

* * *



Désert immense, As-Afar qui veut dire en arabe:

" Voyageur "

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MessageSujet: Re: As'Afar, le désert des voyageurs.   Jeu 14 Fév - 0:46



Une nouvelle journée qui débute, et Jesse le sourire aux lèvres entraîne Max dans sa course. Leurs deux étalons galopent dans la vaste plaine cotes à cotes. La pirate laisse éclater un rire heureux, ses cheveux flottant librement sur ses épaules au gré du vent, elle se retourne de temps en temps pour voir Max arriver, et peut-être bientôt la rattraper. Alors un sourire éclatant sur son visage halé par le soleil, elle talonne à peine les flancs de Tornade qui réagit au quart de tour, et décolle aussi vite que le plus puissant des vents, l’emportant dans sa course, plus loin toujours plus loin dans cette large plaine verdoyante.

Paysage époustouflant et encore inhabité, cela fait si peu de temps qu’ils sont arrivés dans la région.. Les chevaux luttent dans cette course aveugle, ils vont bientôt atteindre les collines verdoyantes qui délimitent ce territoire.. Puis soudain, un signe, un mouvement à l’horizon, Tornade se cabre et tourne sur place, alors que Jesse inquiète fixe cette ligne sur les collines plus loin, elle observe cet étrange mouvement..

Quand soudain elle comprend, elle veut parler mais aucun son ne sort de sa bouche, elle d’ordinaire si prompte à donner de la voix.. Un seul regard avec Max, et tous deux savent ce qu’il va se passer.. Le mouvement à l’horizon a prit de l’ampleur, à présent, partout sur les collines autour d’eux, ils les voient, les troupes envoyées par les armées des puissants, ces troupes contres lesquels, Max et Jesse savent qu’ils n’auront aucune chance. Même fuir est devenu inutile, ils savent pourquoi ces armées sont là, ces soldats sont venu semer la mort et la destruction, il est trop tard désormais pour essayer de se sauver, pour essayer de donner l’alerte, pour sauver leurs amis..

Un nouveau regard qui veut tout dire, ils se rapprochent, se sourient, comprennent que ce dernier combat sera leur dernier et échange un baiser qui à lui seul résume ce lien qui les a uni jusque là. La pirate se sent gagnée par l’émotion, mais il n’est plus temps.. Max laisse glisser sa main sur le visage de Jesse et saisit fermement les rênes de son cheval… Plus que jamais, ils devront prouver leur courage. Mais à qui, à un dieu auquel la pirate n’a jamais cru, non à eux même et à ces hommes qui n’ont pas compris que ce n’est pas la puissance d’une armée qui fait la force..

Alors au lieu de fuir, tous deux font face à ces milliers de soldats qui avancent sur eux, formes sombres qui se découpent sur le vert cru des prairies et sur le bleu azur du ciel.. Deux cavaliers face à une armée entière. Ces derniers instants prennent une intensité incroyable, ils savent qu’ils vont affronter leur mort, mais au moins, ils seront ensembles, et mourront avec les honneurs pour une cause qu’ils croyaient juste..

Soudain Jesse pousse un hurlement, dernier cri de rage, dernier sursaut de colère pour signifier à leurs ennemis qu’ils ne baisserons jamais les armes…Deux chevaux s’élancent, vite, de plus en plus vite, la distance qui les séparent de cette armée de titans, se réduit jusqu’au choc final… Une femme et un homme au milieu d’une marrée humaine, le choc de leurs armes..les cris, le tonnerre produit par le déplacement de cette armée qui ne laissera plus rien derrière elle, est effroyable..

Et puis plus rien…..Le cœur bat comme un fou dans sa poitrine.. Le sang pulse à un rythme incroyable, la peur, pour la première fois, pas celle de mourir, mais celle de l’avoir perdu, lui son compagnon de toutes ses aventures.... Alors désespérément Jesse ouvre les yeux, ne comprend pas, ne comprend plus.. Il n’y a plus rien , il n’y a plus personne, il ne reste plus que du sable à perte de vue.. Un souffle chaud balaie une mèche de cheveux devant son visage.. Dans un sursaut énorme, elle se redresse, bondit sur ses pieds, et tourne sur elle-même, encore et encore.. Rien, il n’y a plus rien qu’un désert immense ..

Il fait chaud, et pourtant Jesse frissonne, elle vérifie qu’elle n’est pas blessée, mais rien, ses vêtements sont intactes, incroyable, comme son sabre qui étincelle sous le soleil brûlant de ce désert. Plus de sang, plus de vie, plus de mort.. Est-elle en vie? Est-elle morte? Et si ces dieux auxquels elle ne croit pas n’avaient pas voulu d’elle dans leur paradis? Et… Max? Où est-il? Ou est-elle?….

La pirate lève la tête et observe le soleil, puis mue par un instinct toujours infaillible, elle commence à marquer le sable de ce désert des empreintes de ses bottes à la recherche des réponses à ses questions…

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MessageSujet: Re: As'Afar, le désert des voyageurs.   Dim 17 Fév - 22:05

2. Errance..

Muse: Invincible

Depuis combien de temps marchait-elle ainsi dans le sable brûlant, montant et redescendant les dunes l’une après l’autre, mais derrière, encore et toujours d’autres dunes, et le désert à perte de vue. En verrait-elle enfin la fin? Mais y’avait-il vraiment une fin?.. Depuis quelques heures, son esprit vagabondait au rythme des ses bottes s’enfonçant dans le sable, et peu à peu, la chaleur, la déshydratation qui avait déjà commencé l’emmenaient vers des pensées de plus en plus étranges, de plus en plus folles…

Dans le ciel le soleil était à son zénith, plus puissant et plus brûlant qu’elle ne l’avait jamais connu.. Jesse baissa ses yeux déjà irrités par la chaleur, des yeux secs et fiévreux. Cela faisait trop longtemps qu’elle marchait sans but, et vers où? Son pied heurta une pierre au milieu de nulle part, et la pirate se retrouva à genoux dans le sable. Ses mains en avant, elle laissa échapper une plainte de désespoir..

Quel était donc cet endroit? Pourquoi s’était-elle retrouvée là, si c’était pour mieux la faire mourir, pour attendre qu’elle agonise lentement mais sûrement…Un sanglot sans larme s’échappa de sa gorge, mais un sanglot de révolte. Soudain dans un dernier geste de rage, elle se redressa et hurla aussi fort qu’elle put.


- Pourquoi? Pourquoi ici ?? Ou êtes-vous mes amis? Ou est-tu Max…….ou est mon navire? Pourquoi vivre encore si c’est pour vivre seule dans cet enfer!

La gorge en feu, le souffle lui brûlant les poumons, la pirate s’interrompit, la respiration courte. C’était trop d’efforts dans de telles conditions. Et pourquoi hurler? Le vent était son seul témoin, le sable et le soleil…. Ce fichu soleil qui lui donnait une soif infernale, lui brûlait la peau et à présent dévorait ses entrailles.. Invoquait-elle un dieu? Non sûrement non, mais il fallait bien trouver un coupable à cette situation dont la fin semblait déjà écrite…

Et pourtant quand tous auraient perdu espoir, quand tous lui auraient annoncé une mort certaine, la pirate ne pouvait s’y résoudre.. Elle était encore là, le cœur battant avec acharnement.. Et pour autant qu’elle serait en vie, elle ne renoncerait pas, elle ne pouvait pas, même si elle devrait se battre seule. Alors luttant avec l’énergie du désespoir, Jesse continua de traverser ce désert hostile…

Elle divagua encore sur quelques mètres, croyant apercevoir tantôt les voiles de son navire, courant parfois pour atteindre une mer scintillante qui n’était finalement que du sable, puis finit par s’effondrer sans même le réaliser…

Une ombre se penchait au dessus d’elle.. L’ombre d’une arme, un ennemi, le retour des soldats! La pirate ne se laisserait pas faire. Son dernier geste fut de dégainer son mousquet, mais il était trop tard, ils la tenaient déjà.. La silhouette de son ennemi qui se découpait à contre jour, reçut un coup de poing qui lui fendit la lèvre.. Le dernier sursaut de Lady Sparrow avant de tomber, et la dernière vision qu’elle eut avant de glisser dans l’inconscience, fut le scintillement du soleil sur son alliance qu‘elle portait toujours.


...

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MessageSujet: Re: As'Afar, le désert des voyageurs.   Mer 20 Fév - 21:58

3. Le sauveur..

Era: Cathar Rythm

Jesse reprit conscience au moment même où quelqu’un la jetait brusquement à bas de cheval. Chute brutal dans le sable, méchant retour à la réalité. La pirate toussa pour évacuer la poussière infiltrée dans sa gorge et réalisa en voulant se redresser qu’elle avait les mains liées dans le dos..
* Bon sang de bois! *

Les rires gras, et quelques paroles au ton nettement ironique lui firent redresser la tête. Elle était encerclée de plusieurs cavaliers. Tous portaient la tenue des voyageurs du désert, les nomades et certains avaient des symboles tatoués sur leur visage. Des guerriers à voir les puissants cimeterres qu’ils portaient à leur ceinture. Les chevaux étaient richement harnachés, et renâclaient alors que les hommes les maintenaient immobiles. Tous ces yeux noirs étaient braqués sur la pirate qui parvint à se redresser complètement. Jesse se savait en mauvaise posture, elle vit ses armes aux mains de l’un d’entre eux, le même qui osait portait SON chapeau. Le regard que la pirate lui adressa en disait long sur ses sentiments à l’égard de ce sagouin. Un autre des cavaliers descendit de cheval et s’approcha d’elle.

- Ne m’approche pas trop ou tu risques de le regretter.

L’autre n’hésita qu’une fraction de seconde et après avoir guetté un signe de celui qui de toute évidence devait être leur chef, s’approcha de Jesse, ne tenant pas compte de son avertissement. Il leva la main pour la toucher, bien trop près d’elle à présent. Jesse recula. Il rit de sa réaction et soudain la saisit brusquement par le cou pour la serrer contre lui, saisissant son menton comme pour l’examiner. Jesse souleva son pied et écrasa brusquement celui de ce pourceau qui avait osé la toucher. Ce dernier hurla et s’écarta d’elle pour sautiller sur son pied valide, ce qui ramena un sourire narquois sur le visage de la pirate. Mais il y eu un nouvel échange de paroles, et l’autre revint à l’attaque, bien décider à l’examiner plus en détail cette fois.

Mais malgré ses mains liées, Jesse n’était pas à court de ressource et quand l’autre voulu à nouveau saisir son menton, elle tourna vivement la tête et lui mordit son pouce jusqu’au sang. De rage et parce que cette femme avait osé par deux fois se rebeller ce qui dans son pays était inadmissible, l’homme leva la main et de toutes ses forces, gifla Jesse. Sous la violence du coup, elle bascula en arrière, retrouvant son équilibre de justesse, mais sa joue ne tarderait pas à se colorer d’une belle marque. Les yeux de Jesse lancèrent des éclairs.


- Toi tu regretteras ton geste, je peux te le garantir!
- Je ne crois pas que vous soyez en position de décider de quoique ce soit…madame.

Jesse se tourna vers le chef du groupe, en plissant les yeux. Ainsi il parlait sa langue et avait profité du spectacle sans réagir, s’en amusant, oui c’était bien ça, à voir la lueur qui brillait dans son regard. L’homme avait apprécié la voir se faire malmener. Jesse se dit qu’il était peut-être temps de faire preuve de ruse, plutôt que de laisser sa fierté prendre le dessus.

- Juste, puisque pour l’instant, j’ai les mains liées et qu’on m’a privé de mes armes.
- Etant donné le sort que vous avez réservé à l’un de mes hommes, malgré que vous étiez presque morte, j’ai pensé que cela serait plus sage.

D’un signe du menton, il désigna un des cavaliers qui la regardait avec une expression haineuse, se frottant sa lèvre fendue.. Jesse ne se rappelait pas avoir frappé qui que ce soit ou alors.. Peut-être que.. Elle fit la grimace s’efforçant de se concentrer sur son tout nouvel objectif, car à présent il n’était plus seulement question de comprendre où elle se trouvait mais aussi de se tirer de cette situation qui n’était pas du tout à son avantage, c’était le moins qu’on puisse dire.

- J’ai cru qu’on m’attaquait et je ne suis pas du genre à me laisser faire sans réagir.
- J’ai vu ça oui..

Nouveau regard amusé.

- J’ignore d’où vous venez, car je n’ai jamais vu telle tenue de ma vie avant aujourd’hui, mais dans mon pays quand on sauve la vie d’une personne, la moindre chose qu’on puisse espérer c’est un remerciement.

Jesse redressa ses épaules et afficha un sourire insolent. Ce n’était pas que la pirate ne connaissait pas les bonnes manières, bien au contraire, mais il venait de piquer sa susceptibilité.

- Il se trouve que dans mon monde, je n’ai de compte à rendre à personne.


L’homme perdit son sourire instantanément. L’impertinence de cette femme commençait à sérieusement entamer sa patience. Jesse réalisa tout de suite son erreur, et se morigéna intérieurement..* de la ruse, de la ruse et de la finesse, sacré nom de tonnerre!*

- enfin, je vous dois tout de même ma reconnaissance pour m’avoir porté secours.. *même si j’ai quelques doutes quand à tes bonnes intentions, monsieur le sauveur, à voir la manière dont tes yeux s’égarent sur moi… oui de la ruse, Jesse tu tiens peut-être la solution.

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MessageSujet: Re: As'Afar, le désert des voyageurs.   Jeu 21 Fév - 22:00

- 4- " en mauvaise posture "

Loreena McKennitt: The gates of Istambul

L’homme l’avait longuement dévisagée avant de lancer un ordre sec dans cette langue aux sonorités étranges que Jesse ne comprenait pas. Puis il se détourna d’elle, repartant au galop plus loin dans un camp que Jesse n’avait pas encore vu. S’il partait ce n’était pas bon signe pour elle et déjà elle voyait les sourires mauvais de ces hommes se poser sur elle. La pirate plissa son regard, guettant leur réaction, parée à se défendre bec et ongle s’il le faudrait, même mains liées..*les lâches*

Elle ne vit pas tout de suite un des hommes, décrocher une longue corde qu’il gardait attaché contre le flanc de sa monture, mais quand elle perçut son mouvement il était trop tard, elle venait de se faire prendre au lasso, comme du vulgaire bétail. Et après quoi ? Ils allaient la marquer au fer rouge ? Il ne valait mieux pas leur donner ce genre d’idée. Elle n’eut de toute manière pas le temps de protester, déjà ils lancèrent les chevaux au trot et elle se fit subitement tirée vers l’avant par cette corde qui lui enserrait les bras et la taille.

Pour ne pas tomber, et se retrouver traînée sur le sol, chose qu’elle en était certaine, ils n’hésiteraient pas à faire, Jesse se mit à courir, courir pour garder sa dignité, manquant malgré tout à plusieurs fois de tomber sur le chemin irrégulier de sable et de pierres. Elle avait récupéré quelques forces et sans doute avaient-ils pris la peine de lui donner à boire quand ils l’avaient trouvée, mais elle avait beau être résistante, le traitement était des plus sévères. Une punition sans doute pour son impertinence.

Quand enfin ils s’arrêtèrent plusieurs centaines de mètres plus loin, Jesse à bout de souffle, le visage humide de sueur, les vêtements et ses cheveux rougis par la poussière du désert, n’avait plus rien de la fière Lady Sparrow. Le dos voûté, la tête penchée, comme si elle allait s’effondrer, Jesse se força à redresser la tête et mis ses derniers efforts à regarder tous ces gens qui étaient venus voir cette étrangère que les hommes de la tribu venaient de ramener. Mais encore une fois, elle n’eut pas le temps de se poser des questions, des femmes lui parlant dans cette langue mystérieuse, semblaient lui reprocher tous les maux de la terre et la bousculèrent, l’une lui tirant les cheveux, l’autre lui pinçant le bras. Une voix claqua au milieu du raffut que ces mégères faisaient..
Jesse croisa le regard dur de leur chef et tenta de l’amadouer.


- dites-moi ce que vous attendez de moi… et je me plierai à votre volonté..*joue la soumission, c’est ce qu’il veut..*

Pour appuyer ces paroles qu’elle prononça sur un ton des plus humbles, elle exécuta une profonde révérence, malgré la fatigue qui était sienne et réussit à se redresser sans ciller, sa bouche se relevant en un sourire qu’elle voulait aimable.

-gardez vos belles paroles et vos sourires pour celui qui va très bientôt prendre soin de vous.

Alertée par ces paroles lourdes de sous entendus, Jesse interrogea :

-prendre soin de moi ? qui ?
- ..j’aurais peut-être du dire pour celui dont vous aller devoir prendre soin. En attendant ces femmes vont vous préparer afin que vous soyez plus présentable.
- plus présentable ?
- vous avez des atouts qui ne manqueront pas de lui plaire, j’en suis certain et si je veux pouvoir tirer un bon prix de vous, il vaut mieux que vous paraissiez sous votre meilleur jour.

L’homme claqua la langue et sa monture s’éloigna à nouveau, laissant sur place une Jesse complètement stupéfaite. Elle devait avoir mal compris… Mais à peine leur chef disparu, les mégères recommencèrent leurs pépiements et la poussèrent à l’intérieur d’une des vastes tentes, aménagées comme de véritables palais.. Arc en ciel de couleur, débauche d’or et d’argent, cuivres et scintillements, le décor de cet endroit n’était pas sans rappeler un certain palais qu’elle avait visité il y avait de cela très longtemps. Seulement Jesse était bien trop perturbée par les paroles de son « sauveur » pour admirer le décor.

.. a suivre ...

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MessageSujet: Re: As'Afar, le désert des voyageurs.   Sam 23 Fév - 0:06

- 5 - "transformation"

Loreena Mckennitt: Kecharitomene

Vendue, voilà ce que cet homme s’apprêtait à faire d’elle. Voilà qui expliquait les comportements de lui et de ses hommes, la sauver oui, la garder en vie oui, mais pour en obtenir un meilleur prix. Si on lui avait dit qu’un jour, elle rejoindrait les rangs de tous ces esclaves qu’elle avait souvent observé et parfois libérés de leurs horribles navires transporteurs, elle aurait éclaté de rire tant cela lui aurait paru insensé..
Et aujourd’hui, voilà ce qu’elle allait devenir, une simple marchandise qu’on allait toutefois arranger pour qu’elle soit « vendue » à un bon prix.

Les femmes qui l’avaient poussé à l’intérieur de la vaste tente, cessèrent de la bousculer. Un étrange calme s’installa et chacune d’elles se mit à accomplir la tâche qui lui revenait. Leurs mains s’accrochèrent aux vêtements de la pirate pour les lui retirer, et Jesse eut beau lutter, ses mains liées dans son dos ne l’y aidaient pas vraiment, elle ne put les empêcher de la déshabiller entièrement. Devinant le but de la manœuvre en voyant le bain fumant dans une vaste cuve, elle cessa de résister, se résignant provisoirement à son sort.

Les mains agiles de ces femmes prirent soin de son corps, récurant chaque partie, ignorant les véhémentes protestations de la pirate, lui faisant bien comprendre que si elle se laissait faire, elles lui trancheraient peut-être ses liens ce qui calma instantanément Jesse. Laissant ces femmes faire ce qu’elles avaient à faire, Jesse s’enfonça dans ses sombres pensées et ses souvenirs.. Elle profita de ces instants de détente forcée pour réfléchir à un plan d’évasion, car il était évident qu’elle ne se laisserait pas vendre comme une vulgaire esclave.. pas elle, Lady Sparrow.. Mais elle savait que dorénavant, elle ne pourrait compter que sur elle-même pour se sortir de cette situation.

La fatigue, le parfum enivrant des encens, les mains qui massaient les muscles endoloris, eurent raison de la pirate qui s’endormit dans l’eau encore fumante du bain. Une secousse la ramena brusquement à la réalité. Une femme lui faisait signe de sortir de l’eau. Elles appliquèrent sur la peau à présent sèche de la pirate, un baume qui rafraîchit agréablement Jesse, goûtant presque au délice de ce traitement. Sa peau devint douce et satinée, ce baume effaçant les dernières marques laissées par cette traversée dans le désert..

Installée sur une sorte de siège en cuir sans dossier, Jesse supporta sans ciller les mains qui tiraient sur ses cheveux, mais dans le but cette fois d’en défaire les nœuds, et de les rendre aussi lisses et brillant que possible par un brossage intensif qui sembla durer une éternité. Les perles et tous ses bijoux disparurent comme ses habits de pirate, et plus les minutes passaient, moins Jesse ressemblait à cette pirate que l’on avait toujours connu jusque là.

Puis vint le moment de s’habiller. Bien entendu, elles ne lui laissèrent pas le choix de la tenue, et la sienne avait disparut pour laisser place à un vêtement qui quand Jesse le vit, la laissa bouche bée pendant quelques instants. Ce n’était pas une robe, mais un ensemble deux pièces dont le haut était plus étroit encore que son corset, ne cachant pas grand-chose de sa peau, et le bas correspondait à une sorte de pantalon très bouffant.. Jesse connaissait ce genre de tenue, mais celle-là dépassait tout ce qu’elle avait vu jusque là… L’étoffe dans laquelle on avait taillé le vêtement était si fine et délicate qu’elle laissait amplement deviner les courbes de Jesse. Mais la richesse des motifs, brodés de fils d’or et de perles scintillantes rendaient le vêtement magnifique et faisait oublier l’impudeur de la coupe.

A présent debout, les femmes s’agitaient autour d’elle comme des abeilles autour d’une ruche.. On la para encore d’une large ceinture qui tombait bas sur la taille et qui tintait à chacun de ses mouvements car garnie d’un millier de pièces rondes et autres pierreries précieuses. Toutes ces richesses pour une simple esclave laissèrent Jesse de plus en plus perplexe, et tout cela devenait bien mystérieux. On dégagea son visage pour nouer ses cheveux sur l’arrière de son crâne, on souligna ses yeux d’un large trait de Khôl, une femme peint ses lèvres, puis on installa sur son front une rivière d’or et de perles dont la plus longue touchait l’arrête de son nez. Ses oreilles, son cou, ses bras et ses pieds furent parés de la même manière.

Une étrange angoisse serrait le cœur de Jesse qui se demandait à quoi rimait toute cette mascarade. Tout cela ne lui disait rien qui vaille, et quand on la fit se mirer devant un haut miroir, elle ne put retenir un cri de surprise. Elle était méconnaissable..


-c’est parfait !

Jesse se retourna brusquement, surprenant le regard du chef de ce village sur elle.

-à quoi rime tout ça ??
- vous le saurez bien assez tôt. Nous pouvons y aller à présent. Et attachez lui les poignets.. Je ne tiens pas à ce qu’elle tente de s’échapper à nouveau.

Deux hommes surgirent derrière Jesse et s’exécutèrent sans un mot avant de l’emmener dehors. Là Jesse écarquilla les yeux. Une caravane de plusieurs chameaux attendait pour partir et au milieu, sur l’un des animaux, était installé un étrange siège, surmonté d’un toit, il était fermé de toute part par des rideaux opaques qui permettaient à peine de deviner qui se tiendrait assis là, et c’était d’elle qu’il s’agirait.. Elle tenta une dernière question qu’elle devina déjà, resterait sans réponse..

-ou m’emmenez-vous ?
- à une journée de dromadaire d’ici, ce qui vous permettra de vous reposer, ce que je vous conseille fortement ! il faut que vous soyez en forme quand nous parviendrons au but de ce voyage !

Jesse se retint de faire une grimace, elle aurait du s’y attendre… alors sagement, bien trop à son goût, la pirate qui à présent avait des allures de princesse orientale, grimpa sur le dos de l’animal qu’on avait fait assoir, et se cramponna aux montant de sa nouvelle cage au moment où le dromadaire se redressa pour commencer un long périple dans le désert.

.. ( à suivre au Palais Selam, Djamila..)..

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MessageSujet: Re: As'Afar, le désert des voyageurs.   Ven 29 Fév - 21:44

2. ( suite de la tribu des guimpous)

30 seconds to mars: the Kill

A l’aube, quand tous les autres dormaient encore, Kara emballa ses affaires et sauta sur le dos de Pégase qui l’avait sagement attendu à quelques cases plus loin.. Aucun besoin de lien pour retenir le fier et libre étalon, seul une confiance absolue qui régnait entre l’humaine et l’animal lui suffisait pour être toujours là au bon moment… La journée serait belle et ensoleillée et Kara sourit à l’aube de ce nouveau jour, laissant Pégase adopter son propre rythme, et continuant son voyage toujours plus loin dans ces terres désertiques. Elle n’avait toujours pas su se décider quand à son avenir.. Mais sans qu’elle le sut, son destin allait bientôt se jouer, plus vite qu’elle n’aurait pu l’imaginer…

Il suffit en fait d’une seule rencontre…Alors qu’elle galopait à présent à un bon rythme un groupe de cavalier se dirigeait vers elle. Plissant ses yeux pour essayer d’en discerner le nombre, elle en compta quatre. Ils étaient armés, des hommes, de belles armures et eux aussi l’avaient vue. Ils ne changèrent par leur direction et continuèrent droit sur elle jusqu’à parvenir à dix mètres pour enfin freiner leurs montures.

Quand à Kara, elle avait déjà arrêté son étalon, instinctivement peut-être.. Sur la défensive, déjà..Son carquois était bien en place dans son dos, son arc, sa hache à sa ceinture. Pégase à son tour manifesta de la nervosité, qui put dire lequel des deux devina le danger en premier? Mais les regards, les sourires de ces hommes à présent si proches, ne laissaient aucun doute sur de mauvaises intentions.. Ils s’exprimèrent dans la langue commune.

- alors poupée, on se promène toute seule ?.. Un peu dangereux non?
- Que voulez-vous? Le ton était tranchant, ne laissant aucun doute sur les pensées de la jeune femme..
- bah discuter..c’est pas souvent qu’on rencontre une jolie fille par ici..
- je n’ai aucune envie de discuter avec vous, passez votre chemin.
- ouh là.. Mais c’est qu’elle mordrait !

Kara se contenta de les regarder froidement. Ils ignoraient apparemment à qui ils avaient affaire..

- tu veux même pas nous dire ton petit nom?
- Pourquoi faire?
- je crois que la demoiselle a besoin de quelques leçons de politesses, dit l’un d’eux en descendant de cheval et faisant tourner un large glaive

Kara en un quart de seconde dégagea l’arc de son épaule et de son autre main avait déjà saisi l’une des flèches qu’elle pointait à présent sur l’homme, provoquant chez les trois autres cavaliers un mouvement d’arme.

- Je suis Karayan, guerrière du peuple des Amazones, et gardiennes de ces terres. Passez votre chemin j’ai dit!
- haha haha.. Une amazone, on nous a pourtant dit que vous autres n’étiez pas farouche au lit! Allez poulette, sois un peu aimable avec nous!


La jeune femme les avait pourtant averti, et quand elle vit un second cavalier mettre un pied à terre, elle n’attendit pas qu’ils fassent un pas de plus pour transpercer le premier des quatre d’une flèche qui se planta en plein cœur. Aussitôt une seconde flèche fut placée dans son arc et elle visa le second qui avait mis pied à terre. Le troisième avait une hache qu’il fit tournoyer à vive allure en direction de Karayan.. Mais la guerrière se pencha prestement évitant l’arme. Pegase s’agitait alors que l’homme armé de son glaive se dirigeait sur elle avec sa monture, chargeant son glaive en avant..

La mâchoire serrée, Karayan resta de glace, attendit le moment propice pour saisir à son tour sa hache et au moment ou l’autre brandit son glaive pour l’abattre sur la jeune femme, la hache de Karayan vola à hauteur de sa gorge créant une plaie béante et sanglante, coupant net l’attaque de l’homme qui tomba de cheval, ce dernier continuant seul sa course.. Il ne restait plus que l’homme qui avait jeté sur elle sa hache , toujours au sol, il hurla et lui fonça dessus.

Anticipant l’attaque, Kara bondit à son tour loin de Pégase, lui épargnant ainsi un coup raté du guerrier. L’homme eut un sourire mauvais en la croyant faible… L’arc était une arme idéale à distance, lui donnant le temps de viser, la hache par contre se révèlerait plus efficace au combat corps à corps.. Karayan, ses deux mains sur le manche de sa hache se prépara à affronter le dernier de ces abrutis.. Il était rapide, très fort, puissant, mais idiot.. Comme l’étaient tous les hommes, idiot et trop sûr de lui, c’était trop facile à chaque fois.. Les deux premiers s’étaient laissés bernés par l’apparence douce de la jeune femme, mais Karayan était une des meilleures guerrières amazones…


Et quand l’autre abattit son arme de toutes ses forces sur la jeune femme, elle exécuta une formidable pirouette de côté et dans son élan en se retournant, planta la hache dans le dos de son dernier ennemi… Le choc fut terrible, une arme si bien aiguisée, et Karayan vit la stupéfaction se peindre sur le visage de cet homme trop sûr de lui et c’Est-ce qui l’avait perdu, juste avant qu’il ne s’effondra, baignant bientôt dans une marre de sang..

Le souffle court, Karayan contempla les corps de ces hommes qui avaient cru pouvoir se jouer d’elle.. Comme ils s’étaient trompés, cela leur avait coûté la vie! Pégase dans son dos s’ébroua…
La jeune femme nettoya la lame de sa hache sur les vêtements d’un des hommes, la replaça dans sa ceinture, et réajusta son arc sur son épaule avant de bondir en selle… Elle jeta un dernier regard sans pitié aux quatre cadavres que les vautours ne tarderaient pas à venir dévorer…

Alors sans plus attendre, Karayan continua son chemin…


( suite, village des amazones)
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MessageSujet: Re: As'Afar, le désert des voyageurs.   Sam 29 Mar - 23:42

-1-

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La jument grise avait allongé le pas dés la sortie du village, Nacara n'avait pas eu besoin de la solliciter pour qu'elle s'élance au grand galop, soulevant un nuage de poussière. Elles laisseraient des traces, très visible, mais le plus important était de s'éloigner le plus vite possible, elle soucierait de discrétion en arrivant a Djamila. Elle avait volé la meilleure monture du village, avec un peu de chance elle pourrait mettre suffisamment de distance entre elle et ses anciennes sœurs avant le lever du jour.
Le parti qu'elle prenait était risqué, au lieu de partir directement vers le nord elle avait choisit de s'enfoncer le plus loin possible dans le désert, elle suivrait les pistes empruntées par les nomades. Elle mettrait un peu plus de temps a arriver a Djamila, mais elle serait aussi plus dure a trouver. Elle ne doutait pas qu'on allait la chercher activement, après tout Eliana n'était que la fille de l'une des guerrières les plus respectées.
Nacara serra étroitement les mâchoires, sa situation était loin d'être brillante. Tout ce que sa mère lui avait enseigné, tout ce que les Amazones lui avait enseigné... peut être cela lui permettrait-il de rester en vie un peu plus longtemps, juste un peu plus longtemps... Mais l'issue n'était pas mystérieuse, se serait un combat a mort, encore un, contre les sœurs, les amies, toutes les parentes d'Eliana qui ramènerait sa dépouille au village pour montrer a toutes que leur vengeance était accomplie.
Nacara, courbée sur l'encolure de la jument, les doigts emmêlés dans sa crinière, laissait le galop puissant la porter sans chercher a diriger quoi que soit, chacun des coups de sabot sur le sol encore ferme semblait fissurer un peu plus le mur d'indifférence et de froideur qu'elle avait construit autour d'elle. Amaris... peut être serait-elle triste quand elle la verrait morte, peut être.... Nacara sentait encore sur ses lèvres, sur sa langue le goût sucré-salé de son baiser, elle avait pleuré, pleurait-elle encore? Y avait-il quelqu'un qui saurait sécher ses larmes?

* * *

-Amaris! Regarde!
Nacara brandit a bout de bras une boule de fourrure sans vie, le petit fennec n'avait pas réussi a échapper indéfiniment a la traque acharnée de la jeune fille. Amaris écarquilla les yeux. Elle s'approcha et toucha du bout du doigt le petit animal, son bras retomba le long de son corps et son petit visage se crispa, elle essayait de retenir tant bien que mal les larmes qui emplissaient déja ses yeux.
-Mais tu l'a tué!
Nacara regarda sa proie sans comprendre.
-Ben tu le voulais, je te l'ai attrapé.
Le visage d'Amaris se couvris de larmes qu'elle n'avait pas pu retenir plus longtemps.
-T'es méchante! Tu l'a tué! Il t'avais rien fait!
Amaris fit demi tour brusquement et couru aussi vite que ses petites jambes pouvait la porter.
*

-Amaris?
Nacara appelait son amie d'une petite voix a travers la paroi de la tente.
-Va t'en je t'aime plus!
Nacara passa la tête a travers la portière
-Mais j'ai une surprise pour toi.
Avant qu'elle ait pu en dire plus une boule de poils s'échappa de ses mains et se réfugia dans un coin de la tente.
-Je l'ai attrapé pour toi, il est vivant.
Le sourire d'Amaris avait effacé leur dispute comme une vague effacerait des traces sur le sable.
* * *


Tu trouvera bien quelqu'un qui séchera tes larmes petite sœur.
Elle s'était promis... elle s'était fermée a tout regrets, a tout remord, a tous sentiments. Elle devait vivre avant tout, et pourtant les évènements de la journée tournaient dans sa tête en une infernale, interminable sarabande de « et si »
C'était le vent et le sable qui piquaient ses yeux, les faisaient pleurer. Elle n'était pas triste de partir, de quitter le seul foyer qu'elle ait jamais eu, de quitter la seule personne qu'elle ait jamais aimé. Et si les choses avaient pu s'arranger? Elle ne regrettait rien! Et si elle n'avait pas tué Eliana? De toute façon c'était mieux comme ça. Et si....

-Raaaaah ça suffit!
La jument coucha les oreilles effrayée par le cri que Nacara venait de lancer dans la nuit. Eliana avait mérité sa mort, elle était comme un chien enragé, elle ne ratait jamais une occasion de faire savoir qu'elle était plus forte et elle se réfugiait derrière sa mère, son clan pour se protéger. Aucun regret, elle avait débarrassé les amazones de deux plaies le même jour, elle et Eliana, deux monstres incontrôlables.
*-Nacara, tu doit promettre, jamais tu ne tueras personne de sang froid, tu m'entend? Jamais! Promet-le. Promet-le sur ma tombe*
« Je vous demande pardon mère, je n'ai pas tenu ma promesse, je n'aurais pas été une bonne fille pour vous tous compte fait. peut être un jour.... »
Aucun regrets, oublie, vis. A partir d'aujourd'hui chaque jour est le dernier, vis et oublie.

Souvenirs, sentiments, regrets,remords, chaque longue foulée de la jument, chaque battement de cœur la débarrasse de ce passé qu'elle ne veut plus porter qu'elle ne veut plus supporter. Elle jette aux vents du désert tout ce qu'elle considère être une entrave a sa survie. Rebâtit autour d'elle sa forteresse de marbre, s'enferme dans son imprenable donjon, barricade, condamne les entrées. Même le vent ne fait plus pleurer ses yeux. Le désert sera le tombeau de son humanité, elle deviendra vraiment ce qu'elle a toujours été, un monstre.
Tout est tellement plus simple quand on a rien a espérer, quand on a rien a regretter. Tout est tellement plus simple quand on a pas de cœur. Une dernière pensée pour vous ma mère, une dernière pensée pour toi Amaris, je n'aurait pas été une bonne fille, ni une bonne amie, un dernier regard en arrière avant de tout oublier....


Dernière édition par Nacara le Lun 12 Mai - 0:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: As'Afar, le désert des voyageurs.   Ven 4 Avr - 0:26

-2-

L'oasis était juste derrière cette dune, déjà envahie par au moins deux des nombreuses caravanes qui traversaient le désert qui s'étendait entre Djamila et la croisée des chemins. Nacara serait bien restée la ou elle était, cachée, en attendant qu'ils repartent mais elle arrivait au bout de sa réserve d'eau, sans parler de nourriture. Quand ils se croisaient ainsi au milieu du désert, les marchants pouvaient rester arrêtés plusieurs jours, le temps de conduire quelques juteuses affaires. C'était a celui qui arnaquerait le mieux. A celui qui arriverait a fourguer ses authentique amphores d'Arcadie tout droit sorties du four d'un pauvre potier djamilien, a celui qui vendrait du parfait encens des temples de Sunliao, excepté qu'il avait été fabriqué au rabais dans une usine de chocolat Swizzienne (si ils font aussi de l'encens, un mélange ultra secret a base de poils de marmotte... .).

Avec un peu de chance elle passerait inaperçue dans ce souk (c’est le cas de le dire)
Ouais, mieux valait ne pas trop miser sur la chance, ou plutôt en mettre le plus possible de son coté. Les amazones chercheraient une femme seule. Elle devait disparaître. Elle savait aussi que ces fières femmes ne pourraient jamais envisager qu’une des leur fasse ce qu’elle avait en tête, fierté quand tu nous tiens. Mais la jeune femme n’avait que faire d’une fierté qui pouvait lui nuire.

Nacara avait retiré sa selle à la jument qui, harassée, était restée sans bouger a l’endroit ou elles s’étaient arrêtées. Elle récupéra la couverture dans laquelle elle avait fourré tout, ou presque, ce qui lui était passé sous la main dans sa tente. Elle trouva rapidement ce qu’elle cherchait, un plastron de cuir, suffisamment serré il masquerait ses formes féminines, elle s’envelopperait la tête a la façon des nomades, d’un long turban foncé qui ne laissait voir que les yeux. Il fallait qu’elle fasse quelque chose pour cette tignasse de cheveux, comme toutes les amazones elle les portaient très longs et tressés de manière plus ou moins compliquée. Les tresses plaquées sur la tête évitaient d'avoir a se préoccuper de coiffure au milieu des combats. Tout en réfléchissant a la suite de son déguisement elle défit du bout des doigts les tresses qui ornaient a peu prés la moitié de sa tête de motifs alambiqués, rehaussés de petites perles en bois gravées et peintes. Il avait fallut une journée entière a Amaris et une de ses amies pour la coiffer ainsi, elle avait pris soins de lui expliquer la signification de chaque perle, de chaque motif qu'elle tressait pendant que Nacara s'agitait sans cesse en se demandant pourquoi elle avait accepté d'être le cobaye d'Amaris, grader ses tresses toutes droites aurait été mille fois plus simple. Les perles tombaient l'une après l'autre dans le sable avec un bruit mat, comme une petite pluie.

L'oasis était en effervescence, l'homme passa inaperçu, presque. la couleur inhabituelle de sa monture lui attira le regard des maquignons qui se demandaient déjà quel bénéfice ils pourraient faire sur la vente d'une telle jument. Mais les deux lames, brillantes dans le soleil du midi, qui se croisaient dans son dos et l'arc attaché a l'arrière de la selle les dissuadèrent de s'approcher pour tenter de négocier.

La jument marcha tout droit vers l'eau qui miroitait entre deux tentes et Nacara la laissa aller, jetant de discrets coups d'œil autour d'elle. Le déguisement fonctionnait aussi bien qu’elle l’avait espéré, elle n’était qu’un homme parmis d’autres, fatigué par un long voyage dans le désert. La jument pencha gracieusement le cou au dessus de l'eau claire et ne se préoccupa plus de rien avant d'avoir étanché sa soif. Nacara la dessella, arracha une poignée de végétation jaunie par le soleil pour brosser sa robe luisante de transpiration et la laissa libre de se trouver un coin a l'ombre ou elle pourrait attendre les heures plus fraîches qui précède la nuit.

-C'est une belle jument que vous avez la.
Elle tourna a peine la tête pour observer le vieil homme qui venait de parler.
-Elle a un nom?
Son regard se reporta sur la jument grise, oui elle devait sûrement avoir un nom, un nom choisit avec soin par son ancienne propriétaire. Un nom qui allait avec sa couleur et son caractère, un nom digne d'une monture d'amazone. Cela aussi allait devoir changer. Elle ouvrit la bouche pour répondre sans quitter l’animal des yeux, les syllabes se formèrent dans sa bouche sans qu’elle ait le temps d’y penser.
-Milka.
Elle avait forcé un peu sur sa voix rauque pour la rendre plus grave. La nouvelle nommée secoua la tête de droite a gauche, visiblement elle n’aimait pas vraiment son nouveau nom. Nacara sourit, « eh ben ma grande va falloir faire avec, je trouve qu’il te va bien ce nom moi » L’homme continua d’observer Milka en silence, la jument lui tourna le dos en soufflant d’un air de trouver qu’il violait son intimité en la regardant ainsi. « voilà que je me met a donner une personnalité a un canasson »
-Elle est grise… Belle couleur… Très rare.
Nacara répondit d’un mouvement de tête. Elle savait bien qu’elle avait fait une erreur quelque part. Cette robe d’un gris uniforme, ces crins et ces pieds noirs étaient comme un gros point rouge sur une carte qui disait « elle est ici ».
-Oui.
Elle défit lentement le morceau de tissu qui masquait son visage en observant l’air de rien le gens alentour, pas de froncements de sourcils, pas de regard en coins, enfin pas plus que ceux qu’on adresse a un étranger. Bien.
-Il y’a sûrement des gens qui seraient prêts a vous en donner un bon prix.
Elle se pencha au-dessus de l’eau et aspergea son visage avant de répondre.
-Elle n’est pas a vendre.
Et la jument de remuer la tête comme pour approuver « j’hallucine »
-Elle semble d’accord.
« Ah ben je suis pas la seule on dirait »
-On s’entend bien.
« Après plus d’une semaine passée rien que toutes les deux dans le désert encore heureux. »

-Je suis Achir
Il inclina la tête.
-Sinan.


(suite)
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