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 Duché de Normandia

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MessageSujet: Duché de Normandia   Dim 25 Jan - 15:41

Taverne : au t'as Thor

La matinée était déjà bien entamée et Astrid pensait qu’elle ne verrait jamais la journée se terminer. Igor Ivanek, le patron de la taverne, avait décidé de faire un grand ménage de printemps avant d’ouvrir. Tout avait été nettoyé. La jeune femme avait eu le droit à deux employées en plus de l’esclave. Tout reluisait maintenant. Vitres nettoyées, rideaux battus, tables décapées et vernies à nouveau. Même les verres avaient été passés au savon, un véritable luxe ici.

La taverne était à la sortie d’une petite bourgade de cinq cents âmes tout au plus dans le Duché de Normandia. Il n’y avait qu’une heure de cheval pour rejoindre Karlsborg. Ici la vie était rude, simple, mais les gens étaient solidaires. La majorité vivait de l’agriculture bien sur, un peu de commerce ou de troc. Halsbourg était un point de passage obligé pour les marchands de Vestalia qui venaient par la route en direction de Karslborg et évitaient la mer. Ça permettait une petite prospérité dont bénéficiait la majorité des habitants. De quoi améliorer le logement, manger tous les jours et parfois même s’acheter une fanfreluche. Même Astrid avait obtenu une petite augmentation. Sans parler des pourboires toujours généreux des marchands étrangers. Le peuple vestalien était superstitieux. Et les marques sur son visage les impressionnaient toujours grandement. Ils parlaient toujours de tatouages divins et avaient de la considération pour elle. En tout cas plus que les habitants du coin. Au bout de deux années ici, ils commençaient enfin à la voir comme une des leur. Ils lui parlaient maintenant autrement que pour exiger d’elle le repas. Mais comme elle n’aimait pas parler, elle ne parvenait pas forcément à s’intégrer complètement.

Elle fit l’inventaire des tâches accomplies. Il restait le sol. Les deux servantes étaient en train de toucher leur salaire pour cette matinée.
Iona, l’esclave d’Ynys Prydien, elle, était retournée à la cuisine, préparer la mangeaille pour les habitués. Elle devait donc se débrouiller pour nettoyer le sol elle-même.

Astrid partit au puits tirer de l’eau. Le froid encore vif de la saison, malgré son manteau en peaux, lui glaçait le corps. Et quand elle mit son doigt dans l’eau pour estimer la température ce qui lui provoqua un frisson. Elle allait devoir la passer sur le feu d’abord si elle ne voulait pas voir ses mains tomber.
Alors que le soleil se cachait subitement elle leva le nez vers le ciel. De gros nuages grisonnants s’approchaient. Le temps était encore à la neige. Elle soupira. Nettoyer le sol serait inutile. Les clients entreraient avec leurs chaussures maculées de boue ou de neige sale. Mais elle le ferait. Elle était employée à ça après tout.

Elle rentra dans la taverne. Il y avait deux cheminées. Une à chaque côté. Un énorme feu y brûlait. Dans l’un un quartier de veau et dans l’autre du mouton était embroché et rôtissait. Elle les fit tourner et prit la brosse, se mettant en devoir de rendre le sol brillant.


ASTRIIIIIIIIID !

Igor sortit de l’une des pièces de l’étage qui lui servait de chambre, bureau, salle de bain, cabinet, cuisine et autres utilisations que la jeune femme préférait ignorer. Elle leva les yeux au ciel. « Astrid ci, Astrid ça »… au bout de deux années à travailler ici, elle avait parfois envie de changer de prénom pour entendre autre chose. Elle leva les yeux sans répondre. Igor avait l’habitude et enchaîna de suite.

Tout est prêt ?
Presque.
Parfait. J’aime quand ma taverne est propre.

Elle haussa les épaules et s’activa à faire chauffer l’eau et à frotter le sol.
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MessageSujet: Re: Duché de Normandia   Mer 4 Fév - 23:02

Citation :
Hier un étranger est venu. C’est étrange. Car pour la première fois depuis cette nouvelle existence que les Dieux m’ont offert, il ne m’a pas regardé de cette façon si particulière qu’ont les autres de me dévisager. Pour un peu je m’en serais offusquée.
L’étranger pourtant a montré des signes de curiosité. Mais on aurait dit qu’il me connaissait. Et puis il est sorti sans demander son reste, comme s’il avait vu un fantôme. Enfin ça ou le fait d’avoir vu Igor à sa sortie de sa sieste, en chemise de nuit qui lui tombait jusqu’aux genoux et dévoilait de gros mollets velus et flasques.



Astrid corrigea une faute dans le texte et referma son cahier. Elle prit soin de le cacher et s’installa à la fenêtre de sa chambre, regardant les nouveaux flocons tomber lentement au sol et y laisser leur marque.

Dans une avalanche, aucun flocon ne se sent jamais responsable.

Elle soupira et baissa les épaules. Elle voyait la fumée s’échapper des cheminées voisines. La lueur des chandelles aussi à certaines fenêtres qui n’étaient pas calfeutrées. Des gens, des familles. Elle n’avait rien de tout cela. Vaguement elle se demanda si elle avait jamais eu une personne à qui se raccrocher. Après tout, depuis le temps ses proches auraient du la retrouver. Certes le village n’était pas grand, mais il était connu. Ils auraient du passer par ici…Si tant est que quelqu’un voulait la rejoindre.


ASTRIIIIIIIIIIIID !

Les cris d’Igor firent trembler les murs trop fins de la pièce. Elle jeta un coup d’œil à la ronde. Il y avait peu de temps qu’elle avait droit à une vraie chambre. Pendant longtemps elle s’était contentée d’une partie du grenier. Maintenant elle disposait d’un vrai lit, d’une table basse, d’une table, deux chaises et une commode solide et bien trop grande pour ranger ses maigres affaires. Quant à ses économies, elles étaient soigneusement cachées, là où même Igor ne songerait jamais. S’il la payait honnêtement, il n’en demeurait pas moins que s’il trouvait sa bourse, il aurait tôt fait de la récupérer.

Comme tout était impécable dans sa chambre, elle sortit prestement, ajustant son tablier de lin beige. Fermant avec soin la porte pour être sure que personne ne puisse y entrer, elle dévala les marches.
Igor l’attendait devant un tas de pièces d’or. Il aimait à les compter et vérifier qu’elles y étaient toutes. S’il ne savait ni lire ni écrire, compter était une seconde nature chez lui.


Tiens pour toi.

Il lui lança cinq pièces en or. Les yeux d’Astrid s’arrondirent de surprise.

mais il y en a trop.
Non.
Mes gages du mois ont été payés.

Elle posa d’un geste brusque et maladroit les pièces sur la table. Igor grogna et se décida à la regarder.

Prends et tais toi.
Je ne mange pas de ce pain là.

Elle avait répondu froidement, d’une voix qui n’était pas la sienne. Igor était devenu blême soudain et elle se demanda ce qui avait provoqué ça. Une si subite augmentation de ses gages ne pouvait signifier qu’une chose. Et hors de question pour elle de se faire trousser par n’importe quel maraud de passage.

Ecoute… ne le prend pas si mal… huuummm…

Il était étrangement mal à l’aise ce qui renforça les soupçons d’Astrid.

C’est… l’étranger hier. Il a laissé cet argent pour toi.

Elle ne répondait rien, attendant la suite.

Il a dit qu’il reviendrait te voir et te parler. Il semblait très pressé mais désireux de te voir.
J’ai dit NON.
Ho mais… Ses intentions sont honorables il me l’a assuré.
Avec 5 écus d’or ? Honorable ?
Moui… moui… m’enfin ça motive à l’écouter parler le bonhomme. Hein ? Dis moi ? Tu parleras pas… de toute façon tu n’aimes pas ça… mais tu l’écouteras. Tu me feras ce petit plaisir. Allez…
D’accord.

Comme toujours elle se soumettait. Ça et cette pointe de curiosité pour cet étranger.
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MessageSujet: Re: Duché de Normandia   Jeu 19 Fév - 21:13

Deux semaines se sont écoulées depuis le départ de l’étranger qui lui avait laissé de l’argent. Mais chaque jour était une épreuve pour ses nerfs. A chaque grincement de la porte, chaque pas sur le perron, chaque éclat de voix, Astrid sursautait, craignant que ce ne soit lui.
Elle dormait mal, se réveillait en sueur, tremblante, secouée par d’atroces cauchemars de batailles et de corps au sol. Horrifiée, elle se demandait si l’apothicaire du coin n’aurait pas pu lui donner une potion qui lui permettrait de dormir d’une seule traite ou même de ne plus dormir du tout. Les journées avançaient, paraissaient sans fin et quand venait la nuit, Astrid espérait être libérée en vain, hantée par les yeux de l’étranger.

Alors que deux semaines entières c’étaient écoulées, Astrid commença à respirer. Il avait bien disparu. Pourquoi aurait il tant attendu avant de revenir. Il l’avait oublié ou autre chose. Peu importait. L’aube se levait, la rosée avait envahie les champs derrière la taverne. Elle sortit, toujours emmitouflée dans son manteau pour aller chercher de l’eau au puits. Elle fit trois voyages comme toujours. Un premier pour tout ce qui serait nécessaire au nettoyage, un autre pour boire et le dernier pour la soupe. Théoriquement elle n’aurait pas à retourner en chercher avant l’après midi.

Elle dressa mentalement la liste des choses à faire pour la matinée. Le sol, la poussière, changer les draps. Une matinée assez tranquille. Elle aurait même du temps à elle. Elle c’était levée très tôt pour ça. Pouvoir filer une petite heure aux bains publics de l’autre côté du village. De quoi se détendre un peu. Igor avait donné son accord avec un petit sourire content. Les affaires allaient bien, alors il lui octroyait quelques privilèges.

Elle s’activa donc pendant deux heures. Les gestes, devenus mécaniques à la longue, lui laissaient le loisir de penser sans réfléchir à ce qu’elle faisait. Elle songeait à ses économies. Elles commençaient à être bien fournies depuis le temps. Elle pourrait penser à s’établir. Ne pas subir de patron. Elle tendit un drap en haussant les épaules. Igor n’était pas si terrible en fait. Mais il devait être bon d’être son propre chef.

Elle attrapa son manteau, une pièce pour les bains et file vite en entendant Igor remuer dans son lit. Il détestait le réveil. Autant éviter de le croiser, il aurait pu changer d’avis. Elle se glissa dehors et remonta la grand’rue en sautillant, heureuse de ces deux petites heures de plaisir en perspective. Il ne fallait pas bien longtemps pour rejoindre l’autre côté du village. Saluant les rares villageois qui osaient sortir leur nez de la fenêtre, elle se félicitait de se promener alors qu’il restait une bonne vingtaine de centimètres de neige. Il y aurait peu de monde aux bains. Elle serait peut être même seule.

Les bains du village étaient composé de tout ce qui se trouvait possible en matière de bain dans ce monde, mais surtout d’inspiration Vestalienne. De grandes piscines d’eau à trois température différentes, de glaciale à bouillante. Des Thermes comme ils appelaient ça là bas. Mais Astrid n’a qu’une envie, la partie sauna. La gardienne des bains, une vieille qui devait dater de la fondation du village, qui avait autant de rides sur le visage que de jours dans une année, l’accueillit avec un grand sourire édenté. Astrid salua du menton et donna la pièce sans un mot, persuadée qu’engager la conversation par un simple mot de politesse serait une perte de temps. Elle ôta vite sa robe pour s’enrouler dans un grand drap de lin fourni par la gardienne et fila se prélasser.
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MessageSujet: Re: Duché de Normandia   Dim 29 Mar - 20:00

En sortant des bains de vapeur, Astrid nota comme un picotement dans sa nuque. Cette sensation qu’elle ne ressent qu’en présence de regards trop insistants sur elle. Elle se retourne mais ne voit que la salle vide où elle était restée sans doute trop longtemps. Son esprit devait divaguer, la chaleur lui avait grillé l’esprit. Elle s’occupa de sa toilette et se rhabilla, mettant une tenue propre et relativement neuve. En tout cas elle n’avait pas été reprisée avec d’autres tissus. Elle vérifia qu’elle était impeccable et sortit, saluant la vieille, toujours sans un mot, refusant ces conversations futiles.

Le soleil était bien là. La lumière aveuglante se reflétait sur la neige. Cette dernière semblait avoir bien fondue, et laissait déjà des trainées de boue là où les roues de chariots étaient passées. Elle évita soigneusement ces endroits, tentant de trouver des points de passage assez propres. Elle soupira, craignant que les clients de la taverne n’aient déjà rendus dégoutant tout le plancher. Pourtant une autre raison causait son malaise. Elle sentait toujours un regard dans son dos. Elle se retourna plusieurs fois sur le chemin mais elle n’apercevait que des habitants des environs qui ne la voyaient même pas. Elle voulait hausser des épaules, faire comme si cela lui était indifférent mais ça n’était pas le cas. Elle commençait à être inquiète. Elle pressa le pas, serrant son manteau contre elle comme un rempart. Elle avait la tête baissée et sursautait à chaque bruit, même le plus simple ou le plus habituel.

Elle arriva enfin, pour une fois à son grand soulagement, à la taverne. Elle ôta ses chaussures pleines de neige fondue et les tapa sur le bois de la façade. Au même instant, alors que juste avant elle n’avait vu personne, une main s’abattit sur son épaule. Elle poussa un cri de terreur, mais il fut étouffer par une main puissante qui se plaqua sur sa bouche. Le sursaut qu’elle eut se réduisit à néant par le corps qui la plaqua contre lui.

La panique. Elle ne ressentait que la panique. Elle tentait de hurler, de se débattre, mais l’homme – elle le savait au torse contre lequel elle était maintenue de force – la pressait encore plus et elle commençait à suffoquer. Elle cessa de geindre, lorsqu’elle sentit un souffle contre son oreille. Il devait lui parler.


Astrid… calme toi. C’est simplement moi. Connor.

La simple évocation de son nom semblait vouloir suffire à la calmer selon lui. Une fois avoir donné son prénom, il la relâcha. Astrid ne comprenait pas ce qu’il se passait. Un moment pressée de fuir, l’étrange comportement de l’homme la tétanisait. Elle n’osait pas bouger, pas respirer. La peur la tenaillait et en même temps ses picotements changeaient étrangement. Il bougea, se plaça devant elle, et Astrid reconnut immédiatement l’inconnu de l’autre jour. Son regard étincelait comme s’il était fou de joie. Un sourire fendait son visage en deux. Ses mains se posèrent sur les joues de la jeune femme. Elles étaient chaudes et rugueuses. Au lieu d’être terrorisée, Astrid sentait son corps s’engourdir, comme s’il le connaissait. Il se pencha et posa ses lèvres sur les siennes.
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MessageSujet: Re: Duché de Normandia   Mer 6 Mai - 20:44

Médusée, Astrid avait laissé faire l’inconnu sans bouger ni respirer. Jusqu’à ce qu’elle commençât à manquer d’air. Alors elle posa ses mains sur le torse. L’homme crut à une invitation, tentant d’intensifier son baiser mais elle le repoussa de ses maigres forces. Quand il fut assez loin, elle le gifla, cherchant à lui montrer qu’elle n’était pas la faible femme qu’il semblait croire. Hors de question de le laisser abuser d’elle de la sorte. Elle émit une sorte de grondement de rage, qui sortait du plus profond d’elle. La rage, froide, glaciale la tenait. Un goût acre et métallique gagnait sa bouche. Ses doigts se fermèrent en un poing compact. Elle n’avait plus le contrôle sur elle-même et elle asséna à l’homme un uppercut qui le fit vaciller puis tomber.

Reprenant pied, Astrid fixa sa main comme si c’était un corps étranger. Elle ne ressentait plus rien. Ni peur, ni douleur, pas même de soulagement, rien du tout. C’était encore plus surprenant. Elle passa ses doigts sur ses lèvres, puis les regarda. Finalement, sans un regard pour cet homme à terre, elle tourna les talons et entra dans la Taverne. Sa journée de travail devait avancer et vite. En espérant que tout serait prêt pour le service de midi.

Elle regarda la pièce. Tout y était impeccable mais ses yeux semblaient voir davantage que d’habitude. Sans que rien n’ait changé.

ASTRIIIIIIIIIIIIIIIID ?


Igor semblait grincheux. Sa goutte devait le faire souffrir. Astrid courut prendre une bassine d’eau chaude et prit des linges propres dans le réduit. Grimpant les marches quatre à quatre, elle entendit quelqu’un entrer dans la taverne. Elle héla Iona pour qu’elle se charge de l’accueil.

Tu vas pas voir ?

En entrant dans la chambre, le regard noir de Igor pesa sur elle mais comme toujours cela l’indifférait. A la différence que pour une fois, elle se sentait supérieure à lui. Comme si elle pouvait le faire taire quand elle le voudrait.

Iona s’en charge. Vous souffrez ?
Ça ira. L’inconnu t’attendait tout à l’heure. Tu vas être gentille avec lui hein. Tu sembles lui plaire. Ho je sais, t’as des valeurs. Et bien épouse le. Quelqu’un qui donne des dizaines d’écus pour passer simplement une journée avec toi, ça doit faire un bon mari.
Des dizaines d’écus ?
pendant que tu étais au bain il m’a demandé la permission de t’amener une journée à la ville. Tu iras.
Mais.
Non tu iras Astrid. Demain matin. Et là tu vas lui tenir compagnie. DE SUITE.
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MessageSujet: Re: Duché de Normandia   Lun 22 Juin - 14:43

J'ai échappé à sa compagnie ce soir. Trop de clients. Thor les bénisse. J’ignore ce qu’il me veut. Ma vie semble si petite et misérable soudain. Il me fait peur et me fascine. La fuite reste préférable. Si Igor ne veut pas m’aider, alors je partirais. A quoi bon rester s’il me harcèle. Il dit me connaître. Soit. Mais je ne veux pas connaître ce passé. S’il est oublié, c’est que les dieux le veulent ainsi. Je ne veux pas encourrir le courroux des Dieux. Il n’y a rien de bon à leur désobéir.
Pourtant dans ses yeux.
Demain j’irais à la ville avec lui comme prévu. Mais demain soir, dès le retour, je partirais. Mes économies me permettent de filer dans n’importe quel duché. J’aurais encore de quoi m’établir dans un coin sans gêner personne. Igor sera sans doute fâché mais qu’y puis je ?

Je n’ose dormir. J’ai peur qu’il vienne dans mon sommeil. Mes rêves ne sont peuplés que de batailles et de sang. La souffrance et les cris. Des valkyries qui boivent le sang de leurs victimes, qui trainent des dépouilles. Si loin de la fureur des Sagas c’est un carnage sans fin. Et je me vois là, au milieu, à me battre. Quand soudain il n’y a plus rien autour de moi. Que des corps. D’un côté des valkyries. De l’autre cet homme. Et comme un choix à faire. La fureur sur chaque visage. Est un signe des dieux ? Un futur choix à faire ?



Elle avait obéi, comme toujours. Tête basse, dès le lendemain, elle attendait devant la petite taverne, un petit sac avec quelques provisions pour la journée. Que lui voulait cet homme ? S’il était si riche, en quoi une pauvre servante pouvait lui être utile ? Ce n’était pas sa compagnie qui devait l’intéresser. Elle n’aimait pas parler et ne souriait pas facilement.

Elle regardait l’entrée du village, attendant d’y voir apparaître une charrette. Mais des pas derrière elle la firent bondir et se mettre sur la défensive.


Du caaaalme. Voilà. Tu es prête.

Elle opina de la tête, furieuse d’avoir été comme prise en faute. En plus que faisait il là ? Pourquoi était il déjà à la taverne ?

C’est tout ce que tu as ? Tu ne possèdes donc rien d’autre.

Elle secoua la tête.

Tu es sure ?
Rien que je ne retrouverais ce soir.
Je vois. Alors viens.

A l’arrière de la taverne, un chariot simple mais visiblement neuf les attendait. Le banc était même rembouré de coussins, ce qui assurait un voyage relativement confortable alors qu’il y avait trois heures de route au moins.

L’inconnu commanda aux chevaux d’avancer et le petit monde se mit en branle. Après une bonne demie heure de route dans le silence le plus absolu, l’inconnu se décida à parler devant le mutisme boudeur d’Astrid.


Tu ne demandes pas où on va ?
Non.
ça ne t’intéresse donc pas ? Les femmes aiment généralement savoir où leur courtisan les amènent.
Nous allons en ville, comme vous l’avez dit à Igor. Et vous ne me courtisez pas. Je ne vous en ai pas donné l’autorisation.

Connor haussa les épaules en rigolant.

En ville ? Sans doute. Mais dans quelle ville ?


Astrid se tendit immédiatement et tourna la tête vers lui. Il avait dit la connaître la veille. Elle qui n’avait jamais cherché à connaître son passé, la voilà face à peut être un vieux fantôme…

Regarde à l’arrière.

Une toile recouvrait le fond du chariot. Astrid le souleva… et vit toutes ses affaires.

Mais… mon… journal.
Ça ?

De sa poche il sortit son journal. Elle l’attrapa sans qu’il ne tente de résister.

Tu crois vraiment que je payerai si cher pour une seule journée.

Astrid se sentit vexée. C’est vrai. Elle n’était pas sympathique ni souriante, pas un canon de beauté non plus. Mais le lui rappeler de cette façon c’était outrageant quand même. Il aurait pu y mettre les formes.

Te voilà libre. Nous allons pouvoir reprendre la guerre.
La… la guerre ?
Quoi ? Astrid ! Cesse donc ce jeu enfin ! Il n’y a plus personne pour te retenir ! Alors ! Ne me dis pas que tu as vraiment oublié !!
Désolée…

Sa voix était moins sèche qu’elle ne l’aurait voulu.

Non. Je… je… je me suis réveillée un matin sur une berge. Je baignais dans la boue. Et je n’avais ni souvenir, ni voix. Il a été dur d’apprendre à parler de nouveau.
Tu ne sais pas … pourquoi tu as oublié ?
Non ? Je devrais ?
C’était un chatiment. Tu as toujours ton médaillon ?

Spontanément la main d’Astrid se posa dessus pour le protéger. Comment en connaissait il… Le journal ?

ouvre le.
il ne s’ouvre pas.
Si. Il y a une encoche au centre du sigle. Appuie bien là. Et ouvre.

Astrid se glissa tout au bout du banc, risquant de tomber du chariot au moindre cahot. Elle sortit son médaillon de sous sa robe et fit ce que l’inconnu lui disait. Il s’ouvrit comme prévu. Et là… Deux anneaux.

Ça n’était pas dans ton journal ça.
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MessageSujet: Re: Duché de Normandia   Mer 15 Juil - 0:18

C’est quoi ?
Des anneaux non ?
D’accord mais qu’est ce que ça signifie ?

Connor émit un rire qui parut à Astrid plus à de la tristesse et de l’amertume. Il attrapa d’une main le pendentif qu’il ferma mais le serra comme pour le faire disparaitre.

Un avenir disparu sans doute.
Et où va-t-on ?
Si tu as tout oublié les plans vont devoir changer et ton destin patienter un peu. Nos projets vont être modifiés.
« Nos » projets ?
Les miens et mais aussi ceux de personnes qui ne t’ont pas oublié malgré tout. Tout est très nébuleux. En fait nous pensions tous que tu avais disparu volontairement. Elles parce que tu leur avais préféré une vie plus… calme. Et moi que tu les préférais.

Astrid regarda ses genoux obstinément. Visiblement elle était plus que liée à lui et ses allusions restaient claires. Elle avait du devoir choisir entre « elles » et lui. Restait à savoir qui était ces « elles » qui semblaient ne pas avoir une vie, comment avait il dit ? calme ? Mais pourtant elle détestait ce qui sortait de l’ordinaire. Cet étrange paradoxe la plongeait dans une perplexité profonde et méditative.

Raconte moi. Tout. A ton réveil. Il me faut tous les détails.

Astrid le fixa. Il était tendu et malheureux. C’était clair. Elle avait envie de le réconforter sans trop savoir comment.

Il y avait une mare. J’avais une main dedans. Le froid l’engourdissait et ça m’a réveillé. J’étais maculée de boue et il y avait une odeur forte et acre. Ce n’est plus tard que j’ai compris que c’était le sang et la mort. J’étais non loin d’un champs de bataille mais saine et sauve. Pas une égratignure à ma grande surprise. Pourtant il y avait du sang séché sur ma tenue. Elle était étrange. Des sortes de braie et j’étais heu…

Elle rougit légèrement.

j’étais vêtue… légèrement.

Le visage de Connor restait sévère.

Continue.
Au loin il y avait des cris. Des gens qui agonisaient. Mais moi un seul bruit a attiré mon attention. Un choc régulier et métallique. Je me suis trainée là bas. Le choc qui m’a fait perdre la mémoire m’avait fait perdre aussi la voix. Un homme… un forgeron m’a accueilli. Au début il est resté coit et déférent. Et voyant que je ne disais rien de particulier, il m’a traité comme sa fille.
Pourquoi t’aurait il traité différemment ?
Il fixait mon visage. J’avais vu dans la mare où je m’étais nettoyée du mieux que je pouvais les marques. Mais…
Tu sais ce que ça représente ?
Absolument pas.
Seules les vraies Valkyries portent ces marques Astrid.
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MessageSujet: Re: Duché de Normandia   Jeu 18 Fév - 22:10

valkyries, valkyries...

Ce mot résonnait dans sa tête depuis quelques heures alors qu'ils continuaient leur chemin, maintenant un mutisme sinistre. Elle lui en voulait. Elle devait bien l'admettre. Il lui cachait son passé et voilà que d'un coup il lui balançait ça à la figure. Serait elle une de ces Valkyries ? Elle si peureuse ?
Certes le lieu où elle s'était réveillée corroborait l'idée mais quand même. C'était tellement incroyable. Elle pleurait quand elle voyait du sang.
Mais ça expliquerait ses rêves. Ceci dit elle détestait la bagarre.

Le temps filait. Le soleil se couchait et Connor parla enfin, simplement pour l'avertir que puisqu'il n'y avait aucun village en vue, ils camperaient au prochain passage près d'un cours d'eau, d'ici environ trente minutes. Astrid ne fit qu'opiner, toujours dans ses réflexions.


Voilà. Là. Pose des couvertures sous le chariot. On sera à l'abri en cas de pluie, les nuages sont lourds. Je vais chercher du bois. Tu trouveras quelques provisions. Si tu as progressé depuis le temps, tâche de faire la tembouille.

Connor esquissa un sourire et partit en lui murmurant.

Fut un temps où nos rôles étaient inversés.

Astrid tortilla une mèche de cheveux mais obéit. Elle trouva un peu de viande séchée, s'activa à concocter une boisson chaude à base de lait et ajouta du pain. Elle préféra ne pas toucher au reste de suite, ne sachant combien de temps durerait leur voyage. Connor revint les bras chargé de bois et s'occupa du feu alors qu'elle s'installait près de ce qui servirait d'âtre.

Raconte moi.

Il leva les yeux vers elle. Il y avait un semblant de joie qui disparut aussitôt.

Raconter quoi.
Moi... ce que tu sais de moi. De ma vie passée. Pourquoi j'en suis arrivée là.

Il soupira, hésita. Il fixa ses yeux et Connor céda, comme s'il ne savait pas lui dire non.

Valkyrie donc. Mais tu ne devais pas te mélanger aux mortels. Ne pas te lier à eux. Tu as désobéis. Tu as été punie. Et tu as tout oublié. Ta vie et en quoi tu avais désobéis. Tu as tout perdu par ton entêtement. Comme toujours.
En quoi ais je désobéis ? Un lien ? Amoureuse ?
Pire... Bien pire aux yeux des walkyries. Mais nous en reparlerons. Mange.
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