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 Au Temple de Thémis

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Mhyédabur
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MessageSujet: Au Temple de Thémis   Dim 6 Fév - 19:32

(les abords du temple, à une heure de marche)

Le lézard descend avec l'habilité de ceux de sa race. J'aurais pu choisir une Chimère ou encore un Démon du 4° cercle pour voler jusqu'ici. Mais cela aurait été trop rapide, et trop visible.

J'avais besoin de temps pour assimiler ce que mon père m'avait demandé. Enfin... Enfin, il reconnaissait mes mérites, mes capacités. Enfin, ces 10 longues années à faire les beaux yeux à une Gardienne de Thémis allaient trouver leur justification. 10 années perdues à, peu à peu, l'approcher, puis la charmer, jusqu'à la rendre aveugle à toute autre chose que les battements de son cœur.

Aveugle.

C'était le point-clé. Car je savais que c'est par leurs yeux que les Gardiennes de Thémis perçaient les cœurs et surtout les âmes des Damnés d'Orkhon. J'aurais pu les lui arracher, comme certains m'avaient suggéré. Quels bandes d'abrutis. Non seulement, oser me parler de Thémis leur avait coûté la vie dans d'atroces souffrances, car je en pouvais laisser personne comprendre mes objectifs - mais en plus, leur solution était d'une stupidité sans borne. Autant s'annoncer avec tambours et trompettes, et avec une armée de Démons. Rien que la Sage n'aurait toléré. Mais après 10 ans, 10 longues années à faire semblant, même lui, je l'ai rendu aveugle parce que une de ses Gardiennes l'est devenue.

J'arrête le lézard. Nous sommes à mi-chemin sur une longue falaise blanche. Là, perché dans le vide, entre ciel et terre, je me donne le droit de jubiler. Certes, ce soir, je devrais prendre tous les risques. Mais je dois quitter Orkhon. Je sais que certains se débrouillent parfois, mais, moi, Mhyédabur, fils du Seigneur Sombre, je ne peux le faire que par la grande porte. Il faut que l'annonce de ma réussite fasse trembler ceux qui ont trop de certitudes.

Oui, comme cette stupide Gardienne, cette Penthésilée. Trop de certitudes. Et mon talent, c'est de tirer profit des certitudes pour l'exploiter à mon avantage. Derrière moi, certes, ne subsisteront plus que des doutes éternelles, qui rongent. Mais qu'importe. De toute façon, si je vais au bout de mon projet, si je réussis, ce n'est pas la seule chose qu'elle gardera de moi. Une dernière provocation contre le Sage, une ultime profanation dont il aura bien du mal à se remettre. Lui qui aime tant la vie, je vais lui offrir celle qu'il détestera.

Je soupire.

Il me faut maintenant nettoyer mon esprit. Enfouir ces pensées.

Je presse les flancs du lézard. Il est temps de savoir si ma patience, si mon plan, seront efficaces. Si l'amour sera l'arme parfaite, ironie que je réserve au Sage. Quant à ce que m'a demandé mon père, je trouve la chose plus facile que ce que je dois accomplir ce soir pour quitter Orkhon, pour sortir, seul, d'exil, empruntant la voie réservée aux hérétiques pardonnés. Pardon de quoi ? D'être moi ?

Je crache dans le vent, regardant le filet rouge et noir filer vers le bas. Maudit soit le Sage qui se permette de juger ma nature. Je suis ce que je suis, que d'aucuns aimeraient appeler un monstre. Mais je suis vivant. Et j'ai bien l'intention de profiter de la vie qui est mienne, sans personne pour me l'arranger. Même mon père sait que j'accomplirai ce qu'il m'a demandé, mais comme je le désire.

Finalement, le lézard arrive en bas de la falaise, l'ultime obstacle naturel. Pour descendre dans cette vaste plaine semi-circulaire, qui mène vers le Temple, là-bas, vers l'ouest, il n'existe que le ciel et un col solidement gardé. La vanité du Sage qui pensait que nul n'oserait franchir ces falaises de plus de mille mètres de haut ! AH AH ! J'en avais usé plus d'une fois de ce chemin que personne ne pensait possible. Oui, Sage de mes deux. Bientôt, tous tes efforts auront été vains. Et tous les suivants pour m'arrêter le seront tout autant.

Je descends enfin de ma monture et je lui enlève son harnais, la selle. Je vais mettre tout cela au fond de la petite grotte que j'ai eu le temps d'aménager pendant ces dix ans. Je lui laisse sa bride et le mène vers le lieu où il a ses habitudes. Et je le tue. J'ai mis huit ans à le dresser, à lui apprendre à franchir ces falaises avec moi sur son dos. Huit ans à risquer de me rompre les os. Je ne ressens rien d'autre que de la joie à le tuer. C'est comme un explorateur qui détruit son navire à l'aube d'une terre nouvelle, car ainsi, il sait ne pouvoir aller que de l'avant. Car il n'y a plus de retour possible.

Et ce sera mon cas cette nuit. Il n'y a aucun retour possible. Mon plan aboutit ou le Sage me tombera dessus et mes pouvoirs ne seront jamais suffisants pour l'anéantir. Oh, certes, il ne sortirait pas sans mal d'une confrontation avec moi. Mais je n'en sortirais pas vainqueur non plus.

J'éclate de rire, mon rire sourd, malsains, rebondissant le long des rochers, en un écho du mal en ces terres de bien et de rédemption.

Mais il n'y aura pas de combat ce soir, car je vais réussir. Le Mal va remporter sa première victoire depuis la dernière guerre et c'est l'amour, ce que le Sage a voulu protéger de nous, qui va me permettre de frapper ce vieux fou.

Liberty devrait trembler.

Car moi, Mhyédabur, je marche sur le chemin de la réussite et de la gloire d'Orkhon et du Seigneur Sombre. Je serai ce soir le premier espoir de tous ceux à qui le Sage refuse le droit d'exister dans ce monde.

Une longue respiration, le temps de laisser mon être s'apprêter à la rencontre qui va suivre. Et mon visage s'adoucit. Nulle magie là-dedans. Juste dix ans d'apprentissage à paraître l'amoureux qu'on veut voir.

Puis je prends le chemin du lieu de nos rendez-vous secrets. Penthésilée, mon amour, j'arrive.
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Mhyédabur
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MessageSujet: Re: Au Temple de Thémis   Lun 7 Fév - 10:21

(les abords immédiats du temple)

Je marchais une petite heure, à pas mesuré, autant par prudence, pour ne pas être surpris, que pour éviter d'arriver en transpirant comme un Orque.

Je parvins enfin à l'enceinte extérieure, un petit muret continu qui était là plus pour marquer réellement le périmètre extérieur du Temple que pour empêcher une invasion. De toute façon tout le monde savait qu'une armée ne pouvait s'approcher que par le col. Toute bataille aurait lieu au col, puis dans les plaines menant au Temple. Si la bataille était perdue, rien ne pourrait alors sauver le Temple. Mais il était impensable que le Sage perde une telle bataille si elle devait se présenter, raison sans doute pour laquelle le Seigneur Sombre n'avait pas jugé opportun d'oser attaquer ce furoncle sur les terres d'Orkhon.

Avec agilité, je saute par-dessus le mur pour pénétrer d'abord les vergers, en fleurs à cette saison, puis les jardins, où les fleurs les plus printanières avaient déjà éclos, lançant leurs parfums envoutant dans les airs. Envoutant. C'était un mot à elle. Car pour moi, ça puait. A vomir même.

Finalement, alors que la masse sombre du Temple se distingue maintenant au centre d'une légère cuvette, où courre tout un système d'irrigation, j'oblique à droite, au nord, pour me diriger vers un petit monticule. Un vaste labyrinthe l'entoure, taillé dans des haies profondes et silencieuses. Mais pour qui connaît le chemin, ce labyrinthe n'était pas bien difficile à surmonter. Et au centre, il y a une petite construction. Sept fines colonnes de marbre soutiennent un toit magnifiquement décoré, mélange de dorures et autres sculptures, narrant l'épopée des Gardiennes. Le sol est aussi de marbre, avec deux petits bancs, qui font face à la mer. Car si le monticule est dissimulé au temple par les haies formant le labyrinthe, il s'ouvre au nord-est vers les falaises et la mer. Vers ma liberté.

Penthésilée est déjà là, comme toujours. Elle se lève avec un brin d'empressement. Oui, son cœur est conquis. Je vais voir maintenant s'il l'est avec la force dont j'ai besoin pour réussir à quitter Orkhon. Je m'approche, lui prends la main que je baise avec douceur. C'est le seul contact que nous nous autorisons depuis maintenant 6 mois seulement. Mais je sais que ce contact, ce souffle léger, chaud, sur le dessus de sa main, la fait fondre. D'ailleurs, si elle retirait rapidement celle-ci au début, maintenant elle l'abandonne volontiers. Oui, elle ne veut pas perdre ce contact, ce frémissement qui doit se répandre dans son corps et éveiller des sensations qui lui font peur autant qu'elle les désire.

Contrairement à d'habitude, je ne lui lâche pas la main. Au contraire, je la guide vers notre banc où nous nous asseyons, en silence. Je ne la lâche pas et pose sa main sur mes genoux, toujours la mienne en son sein. Son souffle est plus rapide. Elle sait que j'ose dépasser une nouvelle barrière. Et elle est prête. C'est plutôt bon signe.

S'ensuit d'ennuyeux discours, ces conversations ineptes d'amoureux que j'ai appris à tenir, avec ma voix chaude, mon regard tendre et mes sourires charmeurs. Plus la nuit avance, plus je la sens fondre pour moi. A un moment, je baisse la tête, car je ne parviens pas à résister à un sourire de satisfaction, que je ne veux pas lui montrer. Cela dénoterait.

-"Que se passe-t-il, mon aimé ?",
me demande-t-elle inquiète.

-"J'ai peur, mon amour."

Elle mécomprend ma réaction, comme je l'espérais.

-"Tu n'as pas à avoir peur. L'épreuve de vérité, tu l'as déjà passée avec moi tant de fois. Nous ne serions pas ici si ce n'était pas le cas. Tu la réussiras, mon aimé. Je serais là, à tes côtés. Il n'est rien que l'amour ne puisse faire réussir."

Dernier sourire en coin, puis je lève mon visage.

-"Ce n'est pas de cela que j'ai peur. Je ne crains pas d'affronter l'Epreuve de Vérité, car sinon, quelle vérité dans l'amour que j'ai pour toi. Non, ce n'est pas de cela que j'ai peur, mais de ce que je dois faire. Maintenant."

Elle me regarde surprise.

C'est le moment de sortir le grand jeu.

Je me déplace et m'agenouille devant elle. Je n'ai pas quitté sa main que je viens placer sur mon cœur. Enfin, là où les humains en possède un habituellement. Engeance de Démon et d'humaine, je sais de quelle morphologie j'ai hérité. Un petit secret bien utile.

-"Penthésilée, mon amour, je me languis de toi. Je ne veux plus de secrets. Je ne veux plus de ces rendez-vous en catimini. J'aimerai que nous vivions notre amour au grand jour."

Je sors alors une bague et je la lui présente. Je vois ses yeux s'agrandir, car il s'agit d'un diamant en forme de larme, de la taille d'une grosse noix, évidé pour qu'un doigt puisse passer au travers. En forme de larme, c'est assez naturel quand ce sont les larmes de centaines d'enfants dont j'ai ordonné les souffrances les plus horribles qui ont été recueillies et peu à peu condensées, puis compressées jusqu'à devenir aussi dur que du diamant. Le plus long fut de réussir non pas à en chasser la douleur et la peine qui l'habitait, mais à la forcer à ne se révéler que peu à peu. La Bague de l'Insurmontable Peine est le nom que je lui ai donné. Avec ce que j'allais lui faire, elle n'en aurait pas vraiment besoin. Mais combiner la peine liée à la trahison et à la souffrance avec cette bague. Oui, je lui offrais l'enfer. Mon sourire s'en élargit.

-"Je ne veux pas affronter l'épreuve de Vérité avec un mensonge dans le cœur. Avec toi, j'ai appris à chasser les mensonges du Seigneur Sombre et à me battre contre l'influence de ces terres maudites. Ce ne serait pas digne de nous de ne pas effacer le seul que nous maintenons. Deviens ma femme, Penthésilée. Épouses-moi et présentons-nous à l'épreuve non comme des amants secrets, mais comme des époux."


Elle ne sais pas quoi dire. Elle tire sur sa main qu'elle aimerait lever au visage avec l'autre pour cacher sa détresse. Mais je la maintiens. Elle doit m'affronter sans avoir le temps de réfléchir.

-"Mais, mais... Je.... Je... Enfin... C'est....", puis elle retrouve un peu de sa grandeur de prêtresse. "Je ne peux pas. Je suis une Gardienne de Thémis, et cela nous condamne au célibat."

-"Cela doit-il aussi te condamner à l'Amour ? Penthésilée, j'ai étudié les textes et il y a déjà deux précédents. Deux Gardiennes ont choisi le mariage et elles ont été remplacées. Et il n'y a pas eu de déshonneur pour elles. C'est un choix qu'admet le Sage. Pourquoi défendrait-il l'amour et la paix, s'il ne permettait pas à ses Gardiennes de les connaître quand elle le désirait ?"

Elle résiste encore, mais l'idée fait son chemin. Mes yeux suppliants, toute la chaleur de mon corps la trouble désormais.

-"Mais nous ne pouvons pas nous marier. Il n'y a personne qui peut... Et personne n'est prévenu... Et..."


J'embrasse sa main.

-"Mon aimée, tu es une orpheline. C'est un des critères essentiel pour devenir Gardienne. Tu n'as donc aucune famille à prévenir et moi, je suis aussi orphelin en ces terres. Ni toi, ni moi, n'avons de famille. Quant à trouver un homme ayant autorité pour nous marier maintenant, j'en connais un."

Je la laisse absorber les informations. Et j'assène le coup final.

-"Marions-nous dès cette nuit et demain matin présentons-nous au Temple. Demain, je passerai l'épreuve de Vérité, mon aimée et plus rien ne pourra nous empêcher de vivre notre amour. Cet amour même qui m'a changé, et fait que j'ai aucune peur de passer cette épreuve redoutée que par ceux qui ont quelque chose à cacher ou à se reprocher."

Nouveau baiser de la main. Je sens, à un léger relâchement, qu'elle vient de céder.

-"Comment ? Comment comptes-tu trouver quelqu'un pour nous marier ?"
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Mhyédabur
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MessageSujet: Re: Au Temple de Thémis   Mar 8 Fév - 9:29

Et puis, sans que je m'y attende, une ultime résistance, un sursaut inattendu.

-"Écoutes, je suis d'accord, je suis vraiment d'accord pour qu'on se marie, mon aimé. Mais... Ce n'est pas un peu... rapide ? Cette nuit ? Cela fait un peu coup de tête... Je... Enfin, je ne sais pas trop ce que je dois te répondre. Comprends-moi, mon aimé, je rêve de devenir ton épouse, mais... Cela me semble si précipité..."

Surtout, garder mon calme. Mes années à faire semblant viennent à ma rescousse, parce que, là, je me verrais bien la déchirer avec mes ongles. Je déteste qu'on me refuse ce que j'exige. Mais patience, patience, mon trésor. Chaque chose en son temps.

-"Penthésilée, mon amour, quelle précipitation dans le fait de te demander en mariage ? Bien au contraire, mesurons le temps que j'ai pris pour arriver à cette demande officielle, à ce doux voeu. Huit années que nous nous connaissons, que nous nous découvrons et que des sentiments d'une profondeur inégalée dans tout Liberty Human s'enracinent en nous et poussent, jusqu'à nous remplir. Mais aujourd'hui, il n'y a plus assez de place à l'intérieur de moi : j'ai besoin que ces sentiments sortent, éclatent au grand jour, comme un printemps. Nous avons traversé huit années d'un long hiver, qui pourtant me paraitra toujours trop court au regard des joies que nous y partageâmes ensembles. Le printemps est là, dehors, autour de nous, comme dans nos vies. Non, je ne crois pas que tout cela soit trop rapide, mon aimée. Maintenant, peut-être que je précipite les choses, mais j'ai si hâte désormais de passer l'épreuve de vérité. Comprends-tu mon impatience d'être reconnu par le Sage comme digne de quitter ces terres ? Simplement, je ne peux pas présenter cette épreuve avec le mensonge que nous entretenons depuis huit années. Oh, certes, par omission le plus souvent. Mais je ne peux commencer une nouvelle vie sans que la vérité soit totale. Peut-être en cela est ma précipitation : quitter cette île et vivre notre bonheur ensembles. Et bien, cette précipitation, je l'assume. Car c'est celle de l'amour, celle de l'envie de vivre cet amour avec toi, libres d'aller où nous voulons, mais loin de ces terres de désespoir."

Je baisse la tête. Et porte l'estocade ultime.

-"Mais je comprendrais, mon aîmée, si mon impatience de partager notre amour t'effraie..."


Voilà, je l'ai un peu provoquée. Je la connais bien. Sa réaction ne tarde pas.

-"Non, non, mon amour, pardonnes-moi. C'est juste que j'ai un peu peur. J'affronterai volontiers les armées du Seigneur Sombre, mais mes sentiments me font parfois peur."


A son tour elle se jette à genou et cette fois prend mes mains. Elle plonge son délicieux regard bleu dans mes yeux noirs.

-"J'accepte de devenir ta femme, mon aimé et je comprends qu'il faille que tu te présentes devant le Sage le cœur vidé de tout mensonge, et il ne serait pas juste que le dernier soit entretenu par une Gardienne de Thémis. Même s'il protége un doux secret, une beauté que nous permet le Sage, il reste un mensonge. Alors, oui, oui, oui. J'accepte de devenir ta femme cette nuit. Même si je ne sais pas comment tu comptes faire..."


Je serre ses mains dans les miennes, et soudain, je viens lui déposer un baiser sur le front. Elle a reculé un peu, puis s'est abandonné à ce dernier en fermant les yeux, la respiration s'accélérant. Pour un peu, je la plaindrais de ce qui va lui arriver. Quelle naïve ! Mais elle paiera pour toutes ses sœurs Gardienne. Surtout, elle sera l'horreur que je réserve au Sage.

Je me relève alors, la tirant doucement à moi, et gardant sa main dans la mienne. Je lui montre alors, en contrebas, par-delà le Temple, le port de Thémis. Ce petit port où est toujours amarré un vaisseau aux lignes douces, le vaisseau de la liberté, celui qui mène les Repentis vers le Continent. Ce vaisseau qui nous est interdit. Au loin, la sortie du port, deux immenses pitons où sont sculptées deux immenses amazones, le regard sévère, mains tendues vers la Terre des Exilés, pour bien rappeler l'interdiction que nous avons de la quitter. Combien ont vu ces statues avant de mourir dans leurs vaines tentatives ? Sauf que ce soir, celui qui les regarde, moi, Mhyédabur, fils du Seigneur Sombre, je vais bientôt pouvoir les voir de dos. Parce que je vais bientôt sortir par la grande porte.

-"Un capitaine a le pouvoir de marier, mon aimée. J'ai lu attentivement les textes, et personne ne peut défaire ce qu'un capitaine a décidé. La seule obligation, mon aimée, c'est que cela se passe en pleine mer. Nous ne pouvons le faire le navire amarré. Oui, je connais une solution, mais elle demande que tu m'aides, car il va falloir convaincre le capitaine de nous mener au large. Mais je crois savoir que ce capitaine obéit aux ordres des Gardiennes de Thémis, non ? Il n'est donc aucun obstacle à ce que nous puissions enfin être unis, devant les hommes et devant le Sage."

Elle me regarde. Elle hésite.

-"Oui, je pourrais sans doute lui ordonner, mais il s'en étonnera. Je ne suis pas certaine que ma demande soit suffisante. Il pourrait exiger avoir une confirmation."


-"Mon aimée, je ne le crois pas. Nous parlons avec la voix de la vérité, et cela, il l'entendra. Tu lui expliqueras pourquoi, je n'ai aucune raison de m'y opposer. Racontes-lui notre histoire et mon souhait. Racontes-lui comment nous souhaitons bannir de nos cœurs le petit mensonge que nous avons entretenu pour protéger notre amour. Et je laisserai mes armes au rivage, ainsi que tout ce qui lui semblera bon. Cela le rassura sans doute sur nos intentions. Et pour le reste, tu es une Gardienne de Thémis. Tu ne rends des comptes qu'au Sage, pas à un capitaine. Après tout, il te doit obéissance et c'est au Sage seul de trancher sur l'opportunité de ta décision. A-t-il les moyens de convoquer le Sage ? Non, alors il devra te faire confiance. Mais au-delà de cet aspect un peu tranché de ton rôle et de sa place à lui, je n'ai pas d'inquiétude. Je sais qu'il t'écoutera, parce que c'est ainsi."

Penthésilée resta silencieuse. C'est maintenant, je le sens, que tout se joue.

Puis elle lève son regard vers moi, ses yeux brillants d'amour.

-"Viens", se contente-t-elle de dire, passant en tête et me tirant par la main.

Tant mieux, car ainsi, elle ne voit pas le sourire hideux qui s'est affiché sur mon visage, et que je n'ai pu contrôler.

Bientôt, bientôt père.

Bientôt, le monde entier saura que vous avez vaincu le Sage. Oh, une bataille inhabituelle, qui aura duré dix longues années. Mais je vais vous apporter la victoire, Père.

Et Liberty Human va bientôt le découvrir avec effroi.
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Mhyédabur
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MessageSujet: Re: Au Temple de Thémis   Mer 9 Fév - 12:47

(sur le bateau)

Redoutable d'efficacité, ma chère et tendre aimée. La capitaine a bien tenté de discuter, mais elle a alors repris ce ton froid, autoritaire, glacial, qu'elle avait avec moi il y a dix ans. Je l'avais choisie pour cela, car mâter une Gardienne de Thémis n'avait d'intérêt que si sa personnalité était forte. Cela seul me garantissait qu'au moment décisif, elle saurait faire preuve de caractère.

Et je me délecte d'avance du moment, proche, où je briserai ce caractère.

Mais pour le moment, il faut que je le reconnaisse, je n'en mène pas large. Me voilà seul au milieu de cette nef, au milieu de tant d'ennemis. Je ne doute pas que tous doivent être des marins accomplis, mais aussi de solides combattants, sinon d'autres exilés auraient déjà utilisés ce vaisseau pour quitter Orkhôn. Beaucoup, cependant, ont du essayer et y ont perdu la vie. Je n'ai aucune compassion pour eux : que la mort emporte les faibles. Seuls les forts survivent, seuls les forts méritent qu'on s'intéresse à eux. C'est comme ça.

La nef vient de larguer les amarres et nous prenons peu à peu notre distance avec le quai. Mon aimée est encore en train de s'assurer que le capitaine comprend ce que je veux. AH AH ! Si seulement elle savait ce que je veux vraiment. Mais les secondes s'égrènent vite maintenant. Le sablier de la revanche du Seigneur Sombre est arrivé presque à son terme. Jamais je n'ai été aussi prêt du but final.

Quand enfin elle me rejoint, moi prenant mon air de l'homme le plus amoureux de Liberty, elle place elle-même sa main dans la mienne. Oh, comme ses certitudes sont belles, comme il va m'être agréable de les briser, avant de la briser elle, corps et âme. Oui, je jubile et elle s'étonne de la légère excitation qu'elle sent parcourir mes nerfs et mes membres. Il faut que je me reprenne. Mais en attendant, je lui renvoie ce sourire qui la fait fondre.

-"Nous sommes si proches, mon aimée, de nous donner enfin les moyens de vivre ainsi que nous l'avons rêvé... Oui, je reconnais être légèrement excité à l'idée de ce bonheur proche que nous allons partager, de cette joie que nous allons offrir au monde."

Elle répond à mon sourire, avec un léger rouge qui lui monte aux joues. Elle baisse la tête, laissant mes yeux flamboyer un instant, passant du noir au rouge. Rouge comme le feu qui a envahi mes veines à la voir aussi prude, aussi chaste, mais à comprendre quelles pensées l'animent. Ainsi donc, l'amour physique, tu y as pensé. Tu commences même à l'envisager sérieusement, à le désirer. Ah, mon aimé, comme tu vas bientôt être contentée...

La nef, doucement, accélère, dans un silence assez surprenant. Ces hommes parlent peu. Seul le bruit de l'eau contre la coque me dit que cela n'est pas irréel. Et surtout, nous nous approchons de la Porte du Salut, que d'aucuns appellent aussi la Porte du Sage, ou la Porte des Gardiennes, en référence aux deux gigantesques sculptures. On peut être engeance de Démon et d'humaine, j'en admire pas moins les qualités qu'il fallut pour les faire se dresser là, face à Orhôn, leurs mains tendues en avant pour signifier l'interdiction qui nous est faite de quitter la Terre des Exilés. Je rêverais de briser ces mains et ces bras tendus, mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui, déjà, je vais briser une vieille certitude, une loi immuable.

Car tandis que la nef glisse entre les statuts, moi, Mhyédabur, fils du Seigneur Sombre, je suis le premier exilé à quitter Orkhôn sans avoir reçu le pardon du Sage, sans avoir passé l'épreuve de Vérité. Et croyez-moi, cela vaut mieux pour moi, car jamais, jamais, je n'aurais pu la réussir. Dans son ignominie, le Sage a tout fait pour nous conserver prisonniers, nous déniant le droit à vivre notre nature profonde.

Le capitaine manœuvre aux rames. Les voiles restent roulées, silencieuses. Il sait ne pas devoir aller loin pour atteindre l'Océan et trouver les pouvoirs de capitaine qui sont les siens, et dont un seul m'intéresse en cet instant.

Nous échangeons un regard avec Penthésilée. Nos yeux d'amoureux brillent. La nef se met un peu de travers, face au courant, pour dériver doucement tandis qu'aura lieu la cérémonie. Le capitaine déjà adresse à Penthésilée un hochement de tête. Pas à moi. Moi, il me regarde avec cet air de méfiance qu'il a bien raison d'avoir. Sans doute l'aura-t-il encore quand les Démons lui arracheront la tête et lui vomiront dans le cou...

Mais trêve de pensées joyeuses.

Il me faut encore faire semblant. D'ultimes minutes. J'entends presque rouler le dernier grain de sable, celui où je vais déchaîner la puissance d'Orkhon. Mais le sortilège nécessite des dizaines de pierres précieuses qui sont perdues sur le quai. On a bien veillé à me dépouiller de tous mes biens, pour s'assurer que je ne tenterais pas un mauvais coup.
Oui, mais voilà. Je suis le fils du Seigneur Sombre. J'ai appris à me battre avec le Maître d'armes des Templiers Noirs. Et le meilleur disciple de mon père m'a enseigné les plus sombres magies. Dans des livres que personne n'a vu, car ils ne se trouvent que dans le cabinet du Seigneur Sombre, j'ai lu. J'ai lu. J'ai beaucoup lu et j'ai trouvé beaucoup de réponses à mes questions, beaucoup de vieux secrets que certains aimeraient sûrement croire disparus. Car si la magie utilise beaucoup d'ingrédients aujourd'hui, il en existe une plus ancienne qui s'en passait. Non, pas exactement. Elle ne s'en passe pas, elle les remplace, par un unique ingrédient. Et dans le secret du laboratoire de mon père, hors de sa vue - du moins je le pense, mais allez savoir avec lui - j'ai appris, dans le dos de mon Maître, à manier cette magie oubliée.

Quand je m'approche du capitaine, ce dernier me tend un sac en toile, l'un des seuls deux objets que j'ai été autorisés à amener. L'un est dans la main du capitaine : il s'agit de la Bague de l'Insurmontable Peine. L'autre, je le sors. Une belle couronne de fleurs blanches, légèrement pâles même. Un parfum évanescent. Des feuilles d'un vert profond entourent les rameaux multiples qui lient cette couronne.

Je la tends vers la tête de Penthésilée.

-"Mon aimée, je ne voulais pas que tu vives cette cérémonie sans une marque dédiée à cette journée spéciale. Remercions le capitaine de l'avoir compris."


Elle regarde la couronne, ses sourcils se froncent légèrement. Je devine pourquoi.

-"Ce sont des Ylvelimbules. Tu ne peux pas les connaître. Elles poussent profondément à l'intérieur des Terres d'Orkôn. On dit que les serviteurs du Seigneur Sombre n'osent pas s'approcher de l'endroit où elles fleurissent et s'en écartent avec hâte. Mais je suis différent et moi, elles m'ont laissé approcher."

Ce n'est pas entièrement faux. Ylvelimbules, c'est le nom que je leur ai donné, mais chez nous, ce sont les Sangtyrs. Des fleurs aux pouvoirs terrifiants, dont un massif peut vider de son sang un Seigneur-Vampire ou même un Démon du sixième cercle en quelques minutes. Oui, les serviteurs du Seigneur-Sombre les évitent comme la peste, car elles sont redoutables et peu de pouvoirs fonctionnent contre elles, sauf celui du sang. Précisément celui du sang. Cela m'a coûté des centaines de fillettes pour tracer un chemin jusqu'au cœur du bosquet car là résidait les fleurs investies du pouvoir le plus puissant, dont j'avais besoin. Sortir n'a pas été plus aisé, car le bosquet n'avait pas aimé ma cueillette. J'avais fini avec une seule vierge ce périlleux voyage. Que j'avais violé avec un véritable plaisir pour me rappeler à la vie, avant de la saigner pour la vider de son sang. Car il me le fallait pour le sortilège qui, aujourd'hui, allait achever mon plan et me libérer définitivement.

Elle sourit. Elle me croit, car les accents de la vérité sont dans ma réponse. Simplement, elle reste aveugle à tout autre chose que moi. Tu devrais mieux former tes Gardiennes, Sage....

Elle baisse la tête et je lui dépose mon ultime offrande, magnifique création ayant nécessité tout mon savoir. Par dérision pour mon propre mensonge, je l'avais nommée la Couronne de Penthésilée, en ne doutant pas que c'est sous ce nom qu'elle passerait dans l'histoire puis la légende. Si du moins, le Dictateur qu'on nommait le Sage n'en détruisait pas la moindre preuve d'existence. Mais peu importe, parce qu'il est au moins deux preuves qu'il ne pourrait détruire, car il ne pourrait se résoudre à détruire la vie, n'est-ce pas ?

Puis nous nous tournons vers la capitaine.

Je passerai sur la soupe qu'il nous a servi, une diarrhée verbale inepte et insane qui n'a aucune sens pour moi. Devoirs des époux, puissance du mariage, regard du Sage, amour véritable et j'en passe... De toute façon, je suis trop concentré alors sur le fait de garder mon image de doux amant, bientôt merveilleux époux. Car je sens mon coeur qui s'accélère, je sens mon sang qui bout, je lutte contre mon regard qui ne demande qu'à s'enflammer, tandis que je sens le pouvoir de la Couronne de Penthésilée commencer à se délier.

Le capitaine se trouble un peu. Sans doute le sent-il aussi. C'est finalement un homme bien plus dangereux que je ne pensais. Je me mets sur mes gardes, mais je vois qu'un regard à la Gardienne le rassure en partie. Son sixième sens doit hurler à mort, mais il en voit rien, il n'y a aucun signe qui saurait le prévenir. Et quand il y en aurait un, ce sera trop tard.

Il poursuit donc. Penthésilée prononce ses voeux avec une belle voix, plus ferme que je ne pensais. Elle sait ce qu'elle veut, elle ! Et je finis par passer ma Bague au doigt de ma douce. Oh, oui, tu vas l'apprécier mon présent ! Je prononce les paroles rituelles, la voix chaude et légèrement tremblotante, pour marquer mon émotion, comme je l'ai répété des heures et des heures.

Enfin, le capitaine conclut cette cérémonie ennuyeuse à mourir.

-"En vertu des pouvoirs que me confère ma fonction, devant le Sage, je vous déclare donc unis par les liens sacrés du Mariage."


Nos deux témoins, je pense des officiers du bord, applaudissent sagement, bientôt imités par le reste de l'équipage, un peu surpris quand même par la tournure que prend cette nuit. Ils n'ont pas fini d'être surpris !!

Penthésilée se tourne alors vers moi, le visage si radieux. Si beau. Beauté que je tâcherais de ne pas abîmer, car il ne faudrait pas croire que le mal déteste la beauté. Je la regarde, intensément. Le capitaine croit bon de rajouter, avec un brin d'entrain, signe que son sixième sens, à défaut de s'être arrêté de hurler, est passé en sourdine :

-"Maintenant, vous pouvez échanger un baiser."

C'est alors que j'entends le dernier grain de sable quitter la partie supérieure du sablier. Dernière pièce de mon plan.

Alors, moi, Mhyédabur, fils du Seigneur Sombre, pour toute réponse, je laisse échapper mon seul cri de victoire...

-"Enfin...."
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Mhyédabur
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MessageSujet: Re: Au Temple de Thémis   Dim 13 Fév - 12:52

Il ne me reste plus qu'à m'exécuter, n'est-ce pas ?

D'ailleurs, inquiet et prudent, le capitaine ordonne déjà à son équipage de retourner aux avirons pour retourner à l'embarcadère du Temple. Je sais qu'il n'aime pas ce qu'il a fait. Il a l'impression d'avoir dérogé à une règle, même si elle ne devait pas être clairement énoncée. Il n'est pas homme à enfreindre un règlement. Si les choses s'étaient passées ainsi que ma... femme maintenant, les avait pensées, sans doute que le maudit Sage aurait éructé un nouveau règlement, craignant tellement de voir le peuple de mon père retrouver sa liberté et contester l'absolutisme dont il fait preuve pour régner seul et sans partage sur Liberty.

Oui mais voilà, les choses ne vont pas se passer comme ils l'ont tous prévu. Mais comme moi, Mhyédabur, fils du Seigneur Sombre, je l'ai voulu.

Je prends alors ma... femme... décidément, difficile de s'habituer à ce mot. De toute façon, je m'en moque. Le mariage est une invention du sage pour mieux plonger dans l'esclavage du couple les habitants de Liberty. Faisant illusion d'une grande joie, je fais quelques pas de danse avec elle dans mes bras, et elle rit. L'idiote rit, ne se rendant pas compte que mes pieds dessinent le sombre pentacle dont je vais avoir besoin. Car on m'avait tout enlevé, mais il n'aurait pas été digne de me mettre nu. Aussi, mes bottes, dont les semelles étaient chargées de souffre, purent-elles dessiner sur le pont du bateau ce symbole, clé de ma réussite.

Je mène alors ma Penthésilée au centre et je l'embrasse. Un baiser chaste qui pourtant enflamme mon sang, me rappelle comme il sera bon de posséder ce corps, d'en briser la volonté. Et quand je l'embrasse, mon aura, ainsi que je l'avais prévu, suffit à libérer toute la magie que j'avais placée dans la Couronne. Tout-à-coup, neuf pointes sortent des rameaux et transpercent la peau douce de mon aimée, faisant jaillir neuf gouttes de sang.

Une pour chaque cercle.

Tandis qu'elle grimace de douleur et que l'incompréhension se lit sur son visage, je me recule et alors, tandis que chaque goutte tombe en léger décalage au centre du cercle, j'invoque la puissance des enfers qui est en moi. Je délivre mon pouvoir comme jamais aucun Exilé avant moi l'avait fait, aussi proche du Temple de Thémis, aussi proche de la vigilance du Sage.

Quand la première égoutte explose au sol, j'hurle : "Bêl, Seigneur d'Avernus, le Premier Niveau, octroie-moi tes serviteurs, je te l'ordonne !". Dans une fumée infernale, 9 Lemures jaillissent devant moi, que je désigne pour garder l'extérieur du cercle, le temps que je finisse car je ne doute pas que le capitaine va réagir. Mais trop tard. Les Lemures, des masses de chair insignifiantes et sans intérêt. Sauf qu'elles vont me donner le temps dont j'ai besoin.

Deuxième goutte... "Dispater, Seigneur de Dis, le Second Niveau, octroie-moi tes serviteurs, je te l'ordonne !". La fumée ne cesse désormais de jaillir de là où je suis, emplissant mes narines de la douce odeur du souffre et de la mort, tandis que 8 Diablotins jaillissent et se jettent sur l'équipage pour bloquer leur manœuvre aux rames et semer le désordre. Ils ne serviront à rien d'autre.

Troisième goutte... "Mammon, Seigneur de Minauros, le Troisième Niveau, octroie-moi tes serviteurs, je te l'ordonne !". Sept Barbazus, ces terribles créatures guerrières, habituées à se battre, composant l'essentiel des armées infernales, jaillissent. Je ne m'étais pas trompé, l'équipage est fort et le capitaine excellent guerrier. De mes premiers serviteurs, la moitié ont déjà été détruits pour peu de résultat, autre que, ainsi que je le voulais, les occuper. Mais les Barbazus vont modifier drastiquement le rapport de force avec leur sens du combat.

Quatrième goutte... "Bélial, Seigneur de Phlégéthos, le Quatrième Niveau, octroie-moi tes serviteurs, je te l'ordonne !". Cette fois, ce sont 6 Kytons qui surgissent avec leurs chaînes. Je leur désigne le capitaine. Il est habile guerrier, mais ces Kytons sont retors et leurs chaînes fléaux redoutables. ils ont aussi plus d'intelligence que les Barbazus. Là où ces derniers font preuve de force guerrière brute, eux rusent.

Cinquième goutte... "Levistus, Seigneur de Stygia, le Cinquième Niveau, octroie-moi tes serviteurs, je te l'ordonne !". 5 Erinyes ombre surgissent et je leur désigne l'équipage qui a quasiment fini d'étriper mes Diablotins et la moitié des Barnazus. Oui, mais là, je leur souhaite bien du plaisir. Les Erinyes ont des ailes et ont une intelligence et une malveillance que j'adore. Il est temps que l'équipage meurt, et elles vont ouvrir le bal et la danse aérienne mortelle.

Sixième goutte... "Vieille Comtesse, Seigneuresse du Sixième Niveau, octroie-moi tes serviteurs, je te l'ordonne !". Vieille Comtesse, l'amante de Moloch qui l'a trahi pour aider Asmodée à l'anéantir et à le chasser des Enfers. Son niveau on a perdu son nom. On ne le prononce pas, de peur de réveiller l'âme vengeresse de Moloch. Seules les maîtres en convocation infernale, comme moi, peuvent le savoir et y veillent. Car l'oublier, c'est se voir trahi à son tour par la Vieille Comtesse. Mais elle répond et 4 Osyluth, ces Diables osseux, décharnés, se présentent et rejoignent le combat contre l'équipage. Désormais, le ratio bascule en ma faveur. Les Osyluth ne sont pas trés malins, mais ils sont puissants. Ils vont taper sans réfléchir. Je n'en attends pas moins.

Les choses vont maintenant devenir plus difficiles. Septième goutte... "Belzébuth, Seigneur de Maladomini, le septième niveau, Seigneur des Mouches, Seigneur du Mensonge, Archon Déchu, Archiduc Limace, je t'implore de m'octroyer tes serviteurs !". Ne jamais douter, et je ne doute pas. Bien connaître les noms multiples des Seigneurs, sinon, à ce niveau de puissance, il est bien capable d'envoyer un Démon pour vous tirer dans son Enfer et se venger de votre magie. Marquer son respect, car à partir du Septième niveau, ils sont susceptibles et ils pourraient bien répondre eux-même si je n'étais prudent, et je ne suis pas de taille à me mesurer à un Seigneur. Mais je suis confirmé et 3 Hamatulas, ces diables barbelés comme le disent les mortels idiots, apparaissent. Un ira participer au combat contre le capitaine et les autres renforceront ceux qui déjà bataillent dur contre l'équipage.

Huitième goutte... Toujours ne pas douter... "Méphistophélès, Seigneur des déserts glacés de Cania, Huitième niveau, Seigneur du Feu des Enfers, Seigneur du Paradoxe, Puissant Molikroth, je t'implore de m'octroyer tes serviteurs, Gardiens des portes de Nessus !". Je n'ai pas oublié de faire référence au nom qu'il prit pour mener une rébellion contre lui-même, et qui lui permit de détruire tous les traîtres qui rêvaient de le renverser. Quand deux Gélugons apparaissent, je sais qu'il m'a répondu favorablement. Ces gigantesques diables gelés ont de redoutables guerriers. Ce n'est pas pour rien que la Légion des Portes de Nessus, forte de 9 999 d'entre eux, garde le passage qui mène au Seigneur des Enfers. Je désigne à chacun des Gélugons le capitaine, puis l'équipage.

Désormais, plus rien ne peut me résister, mais il me manque mon capitaine, celui qui dirigera ces diables en mon nom.

Neuvième et ultime goutte... Elle dans quelques secondes de plus tandis que Penthésilée lève un regard implorant vers moi. Je la force à baisser la tête d'une gifle bien appuyée qui fait tomber celle que j'attendais... "Asmodée, Seigneur du Nessus, Maître de Malsheem, Suzerain des Neuf Enfers, Roi des Abysses, je t'implore humblement, moi Mhyédabur, fils du Seigneur Sombre qui règne sur Orkhôn, la terre des Exilés, de m'octroyer un de tes serviteurs pour que, à travers lui, à travers moi, soient réalisés tes desseins !". Seul le silence me répond tout d'abord. Puis la fumée change de couleur. Les flammes de l'Enfer s'élèvent et je vois surgir un Diantrefosse. Par les Neufs Enfers, je me serai satisfait d'un Cornugon, mais Asmodée me fait l'honneur de désigner un des Neuf, un des terribles Diantrefosse. PLus de 4m de hauteur, d'immenses ailes et 400 kilos de muscles et de pouvoirs insensés.

L'honneur oui, mais en même temps, j'ai intérêt à faire attention. Un Diantrefosse est l'ultime aboutissement d'un long cycle de vie aux Enfers. Il est un prétendant au rang de Duc et de Seigneur. Les huits autres le savent qui furent des Diantrefosse et qu'ils déplaisent à Asmodée, et ils seront chassés pour être remplacés. Un Diantrefosse n'a pas de nom, mais il a de la mémoire. Le mécontenter aujourd'hui, cela signifie se faire peut-être un ennemi immortel d'un futur Seigneur des Enfers. Peut-être est-ce même Moloch le banni, qui survit sous cette forme, attendant son heure. D'aucuns le disent, des écrits le prétendent. Que Moloch dormirait sous l'un des Neuf Diantrefosses.

J'aurais vraiment préféré un Cornugon. A lui, je n'aurai rien eu à offrir. Maintenant, malgré mon sang bouillonnant, je vais devoir me séparer de ma récompense ultime. Je ne doute pas une seconde que le Suzerain des Neuf Enfers l'a fait exprès.

Je m'incline avec respect. Je sais qu'il s'en moque et m'arracherait la tête, n'étaient les pouvoirs qui sont les miens, le pentacle et le fait que son propre Seigneur lui a donné l'ordre de venir. Mais on n'accueille pas un Diantrefosse les mains vides.

-"Cette jeune gardienne du Temple de Thémis est encore pucelle. Je te l'offre, puissant Maître des Enfers."

Il incline la tête, signe non de sa soumission, mais du fait qu'il m'accorde son attention.

-"Maître des Enfers, organises ce combat, gagnes-le pour moi ! Rends-toi maître de ce navire tandis que mon père va nous donner la tempête et la discrétion dont nous avons besoin pour voguer vite et loin à l'abri de la vengeance inutile du Sage."

Le Diantrefosse hoche la tête, et quand ils parlent, ce sont des têtes de bébés qui sortent, chacun formulant la phrase qu'il a voulu dire. Penthésilée, devant tant d'horreur, s'évanouit. Peu importe, elle m'a permis de faire ce que j'avais à faire. Elle ne m'est plus utile que pour tenir le Diantrefosse. Et pour mon plaisir personnel, mais pour cela, je devrais doubler ce Maître des Enfers. Ce n'est pas fait, mais je n'ai pas encore dit mon dernier mot.

Le combat sur le bateau s'achève bien plus vite que je ne le pensais. Les Enfers se sont déchaînés et je me sens si puissant tout-à-coup que je violerais bien ma Penthésilée pour l'inonder de ma suprématie, mais maintenant que je l'ai offerte au Diantrefosse, je ne le peux. Pas maintenant. La douleur du désir me vrille les nerfs et les reins. Mais je serais patient. Je l'ai été dix longues années. Je le serais quelques jours encore.

Les diables se délectent des chairs fraîches des marins, mais se déchirent aussi leurs âmes. Je les vois, lumière tremblotantes qui vont se perdre dans les puits de noirceur de mes invités. Le Sage ne me pardonnera sûrement pas cela. Et qu'importe ! Mais je ne doute pas que maintenant, il est au courant de ce qui se trame. Je n'ai que peu de temps avant qu'il intervienne et je doute de la volonté de mes Diables face à lui.

Alors je me tourne vers Orkhôn, la terre que je m'apprête à quitter en ayant jouer habilement du pouvoir en lequel croit ce stupide ver qu'on appelle le Sage. L'Amour ! Ah ! Je lui crache à la gueule ce mot puant !

-"Père ! Seigneur Sombre, Maître d'Orkhôn, déchaînes pour ton fils vainqueur des Gardiennes de Thémis ta puissance ! Étends ton ombre jusqu'à moi et couvres mon voyage ! Déchaînes vents et mers que je gagne en vitesse et qu'enfin le Continent connaisse les prémisses de ton retour ! Père ! Donnes ta puissance à ton fils !"


Alors, parce qu'il attendait ce signal, le Seigneur Sombre puise dans ses réserves. Des tréfonds de sa citadelle, il vomit des nuages d'une noirceur indicible, tandis que la tempête de sa colère, de sa frustration frappe les cieux d'une force que rien au monde ne pouvait anticiper. La tempête se lève en un rien de temps, et ce que je verrais en dernier d'Orkhôn, ce seront les lumières qui sont en train d'embraser le Temple de Thémis tandis que les Gardiennes doivent s'apercevoir que quelque chose ne va pas.

Qu'un Exilé vient de quitter la Terre où le Sage l'avait condamné à survivre, sans passer l'Epreuve de Vérité.

Qu'une d'entre elles a failli.

Qu'elles ont faille.

Que le Sage est vaincu.

Et soudain, la noirceur s'abat sur le navire, les vagues se creusent dans une puissante déferlante qui me chasse loin de l'île. Le bois craque, je sens le bateau aux limites de se briser.

Dans le vent j'hurle au Diantrefosse d'assurer la solidité de la structure et de guider ce navire droit vers Arcadia, car c'est de là que commencera mon périple et ma mission. Mais la créature est déjà prêt de Penthésilée, avide de dévorer son âme et de lui arracher les chairs. Je me précipite et la lui arrache. Il gronde.

-"Ce cadeau sera tien quand ta mission sera accomplie, Maître des Enfers. Obéis et tu obtiendras ton prix. Désobéis et je te renverrais à ton Maître qui te châtiera pour ta désobéissance."

Il hurle dans ma direction, s'agite, pour m'impressionner. Mais je connais mes classiques. Je ne cède pas un pas. J'avance sans pour autant me placer entre lui et ma... femme.

-"Tu ... ne ... l'auras ... PAS", hurle-je à mon tour.

Son regard ne laisse aucun doute quant au sort qu'il rêve de m'assigner. Mais finalement, il bondit et distribue ses ordres. Les Diables vont s'assurer de la cohésion du navire, et qu'il traverse cette tempête digne de mon père jusqu'à Arcadia.

J'ai réussi.

Je suis libre, et en route pour le Continent. Et le Sage, dont je ne doute plus qu'il soit informé, ne pourra rien contre cette tempête qui l'empêchera de voler et de me localiser.

Moi Mhyédabur, fils du Seigneur Sombre, l'Exilé, je suis le premier à avoir quitté ces terres par la grande porte. Au nez et à la barbe du Tyran de Liberty Human.
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MessageSujet: Re: Au Temple de Thémis   Dim 13 Fév - 18:47

"ost Kingdom of Heaven"

La terre avait tremblé, pas de ces secousses qui agitaient régulièrement le monde des exilés mais un tremblement de colère qui réveilla en Orkhôn chacune des gardiennes de Thémis. Il se passait quelque chose quelque chose de mauvais, quelque chose qu’elles n’avaient pas vu venir, et elles surent qu’il était trop tard…
Elles le surent au moment où le hurlement de Penthésilée leur parvint, un son que nul autre être humain ne pouvait percevoir sauf ces créatures du ciel, créatures divines au service de cette précieuse terre, Liberty Human.

Les couleurs d’Orkhôn perdirent alors en intensité tandis que les volcans s’énervaient et crachaient leurs nuages de cendre et de fumée. Alors dans un ensemble formidable, toutes les gardiennes s’envolèrent pour gagner le port de la seconde chance, en contrebas du temple, temple dans lequel déjà, sonnait le glas de la trahison.

Très loin de là, le dragon qui se reposait sur sa pierre chaude du soleil de cet hiver agonisant, ouvrit brusquement son œil, pupille se dilatant sous l’effet du danger qui l’avait tiré de ses rêveries. Il gronda tout bas, contrarié qu’on le dérangeât, mais savait qu’il était de son devoir de se mettre en route, dès l’instant. L’appel avait retenti, un appel teinté d’urgence, un appel inhabituel….

Le dragon prit donc son envol et se retrouva en un temps extrêmement bref, aux portes d’Orkhôn.
Il trouva le port désert et sentit aussitôt la tension qui régnait dans l’air, la tension et l’odeur du sang. Pourtant ici, c’était un lieu à part de ce monde des maudits, c’était un lieu empreint d’espoir. Il plana encore un instant au dessus du port, avant d’atterrir souplement sur l’aire aménagée pour lui, devant le temple de Thémis.

De quelques pas lourds, il en gagna l’intérieur pour y trouver Antiope en personne, agenouillée sur le sol devant l’autel de la vérité, et de là où il était, même sans voir son visage, il sut qu’elle pleurait et entendit la colère gronder dans son cœur.

- Reine de Thémis…. Que se passe-t-il ? demanda-t-il doucement, laissant son souffle réchauffer les ailes de la gardienne, sentant en ce moment que le réconfort lui était nécessaire.
- C’est terrible…. Terrible…
- Dis-moi..
- Par deux fois, j’ai échoué dans la mission que vous m’aviez confiée. Je ne suis pas digne de votre confiance. Un exilé s’est emparé de la nef, il a su, il a trouvé le moyen de quitter Orkhôn, et cela grâce à l’aide de Penthésilée. Notre sœur …il a utilisé l’amour de notre sœur pour vous trahir, Oh grand Sage.

L’œil du dragon rougeoya un instant, tendis que la température de la pièce augmentait du au souffle qui sortait de ses naseaux. Celui qui avait osé agir de la sorte, subirait un châtiment exemplaire.

- As-tu lancé des gardiennes à sa poursuite ?
- Oui mais… nous avons perdu sa trace, la tempête… nous avons perdu sa trace, répéta-t-elle avec désespoir.
- Et Penthésilée.
- Je crains qu’il ne soit trop tard pour elle.

Cette fois, il vit les sanglots agiter les épaules de la reine et ne put retenir un grondement de colère qui dut retentir jusqu’au seigneur Maudit. Il était derrière tout ça assurément ! Mais le Sage n’avait pas dit son dernier mot.


- Karayan.
- Quoi ?
- Envoie Karayan. Je veux qu’elle retrouve cet exilé quel que soit son nom, je veux qu’elle le retrouve, qu’elle le suive et surveille ses moindres faits et gestes.
- Pourquoi elle ?
- Parce qu’elle connait la trahison par amour, elle possède donc un atout de taille pour retrouver celui qui a trahi Penthésilée.
- Mais comment cela pourrait l’aider ?
- Appelle-là, fais la venir…… et je lui montrerai.

_________________

Un click sur la bannière et tu en sauras un peu plus à mon sujet.
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Mhyédabur
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MessageSujet: Re: Au Temple de Thémis   Lun 14 Fév - 12:04

(3 jours plus tard)

J'ai eu peur toute la nuit. Je ne comprends pas... Je sens... Je sens mon pouvoir défaillir. Le Diantrefosse a été à deux doigts de rompre le lien qui lui impose de m'obéir. Les autres démons regardent et je sens que eux aussi ne sont pas loin de se libérer de mon emprise.

Mais que se passe-t-il ? Faut-il y voir une félonie du Sage ? Une de ses vengeances mesquines ? Mais dans ce cas, il aurait pu me priver de mes pouvoirs d'un coup. Ou alors, il joue avec sadisme pour asseoir sa vengeance.

Mais peu importe. Je ne passerais pas une nouvelle nuit. J'ai donc pris ma décision.



Profitant du petit matin et du fait que les Démons se réfugient à l'intérieur des cales pour bénéficier de leur obscurité, alors que la tempête continue de se déliter et que le ciel vire indéniablement au bleu, avec un grand soleil. Cela m'aurait déplu, mais en cet instant, je suis satisfait de la tournure météo.

Je monte sur le pont où je suis seul et j'en profite pour saboter la roue et la totalité des cordages. Aussi diaboliques qu'ils soient, je suppose que les fiélons se comporteront comme tout marin quand ils constateront mon absence, sauf que le bateau, à la moindre tentative de manœuvre ne fonctionnera pas comme ils s'y attendent. J'arme ensuite une des deux barques, l'emplissant des quelques vivres et eau que je peux prendre. Il y en a plus dans les cales, mais hors de question d'aller rendre visite aux Démons, et surtout qu'ils me voient les bras chargés.

Enfin, je vais chercher Penthésilée. Depuis trois jours, je ne la touche pas. Elle-même est repliée, mais j'ai quand même pris soin de lier ses mains et ses pieds. Peut-être simule-t-elle son abattement. En même temps, se savoir le cadeau pour un Diantrefosse, cela ne vous donne guère d'espoir quant à votre avenir. Et puis, c'est sans parler de ma trahison et de l'anneau de mariage qu'elle porte, qui maintenant va se nourrir tout en nourrissant lui-même sa langueur et sa tristesse.

Elle ne réagit guère quand je la prends doucement, puis quand je la dépose dans la barque. Je joue alors avec les poulies, que j'ai graissées pour éviter qu'elles ne grincent, et bientôt, me voilà posé sur la mer. Deux coups d'épée plus tard, je suis enfin libéré du bateau. Je n'ai pas le choix, il va me falloir prendre les rames, car je ne vais pas prendre le risque d'invoquer quoique ce soit ici. Non seulement, je pourrais ne pas plus le contrôler, mais surtout, je ne suis même pas sûr de parvenir à l'invoquer. Il ne manquerait plus que je fâche les Seigneurs des Neuf Enfers maintenant. Non, je vais devoir faire le travail.

D'abord lentement, puis de plus en plus rapidement, je m'éloigne du bateau, jusqu'à ce qu'il quitte mon horizon et moi le sien. La mer est encore agitée par la tempête et les creux sont importants. Me repérer sera très difficile et je sais que les Démons n'aiment pas survoler la mer. Ils craignent l'eau et surtout leur chute dedans. Ils y réagissent mal. Je ne sais pas pourquoi, mais c'est pour l'instant un atout. Je ne les crois capables de me poursuivre qu'en utilisant le bateau. Et avec les sabotages que j'ai commis, ils auront bien du mal !



Enfin la nuit arrive. Ma nuit. Je l'ai attendue dix ans.

Je me tourne vers mon épouse et je m'aperçois qu'elle me fixe. Il n'y a plus guère d'amour dans son regard. Pourtant, une étincelle en elle doit encore y croire car elle me demande.

-"Tu m'as mentie toutes ces années et je t'ai cru, faillissant à ma tâche. Je méritais mon sort, je méritais d'être livrée aux tourments de ce Démon terrifiant pour payer ma faillite. Cependant, tu m'as sauvé de lui. Pourquoi ?"


Je souris. Et mes yeux rougeoient.

-"Parce que tu es ma femme. Et que cette nuit, tu seras mienne."

Je vois la peur se répandre en elle, puis la résistance.

-"Non, je te le refuse. Au nom de ce que nous avons partagé, je te demande de ne pas me toucher. Je te l'interdis !"

Pour toute réponse je me lève et me dirige vers elle.

Je ne vous lasserais pas de mes descriptions. Mais elle a lutté, et chacune de ses résistances était pour moi l'objet d'une jouissance supplémentaire. Cependant que pouvait-elle faire contre moi. Je l'ai prise plus de cinq fois, fouillant son corps, la dépucelant avec une délectation rare. Mais toujours j'ai veillé à venir répandre ma semence profondément en elle. Ensuite, à chaque fois, je lui ai attaché les jambes en l'air pour être sûr qu'elle n'expulse pas tout d'un coup, pour que mon jus pénètre encore plus profondément que mon sexe en elle et vienne achever son corps et son âme. Car elle portera mon enfant, elle portera la preuve de ma réussite et de l'échec du Sage.

AH AH !

Misérable Ver, voilà la profanation ultime que je te réserve : car ainsi, tu ne sauras lui faire payer ses fautes, car ce serait les faire payer à un tout petit être. Et à quelle terre va-tu le condamne, hein ? Vas-tu l'exiler avec sa mère ?
Comme j'aurais aimé voir ta tête quand tu te rendras compte de ce que j'ai fait, moi Mhyédabur, fils du Seigneur Sombre, premier des Exilés à avoir fui Orkhôn par la Grande Porte de Thémis.

L'idée m'excite tellement que je m'emporte. Je me lève et devant ce cul blanc dressé vers moi, comme une supplique de Thémis, je sors mon sexe. Et je l'enfourne dans cet orifice resté encore vierge, arrachant une supplique de douleur à mon aimée. Je la lime avec tant de forces que je sens les chairs qui se déchirent, qui saignent. Quand, une nouvelle fois, je sens mes reins prêts à faire jaillir mon bon plaisir, je viens brièvement dans son sexe béant et je vais au fond des choses lui délivrer sa pénitence...

J'ai à peine fini que déjà le feu coule de nouveau dans mes veines.

Je me penche par-dessus ses fesses. Je vois son visage ravagé par la douleur, par la honte et par la trahison que je lui ai infligée.

-"Ne bouge pas, mon amour. Je reviens bientôt. Le temps de me reposer un peu."


Et alors je pense... Oui, n'est-ce pas aujourd'hui, dans le calendrier stupide de Liberty Human, qu'est le jour des amoureux ?

Je me penche de nouveau, plantant mes doigts dans ses orifices défoncés et profanés.

-"Au fait, bonne fête des amoureux, ma chère et tendre épouse..."
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MessageSujet: Re: Au Temple de Thémis   Ven 18 Fév - 7:43

(5 jours plus tard)

-"Père ! Père ! Si vous m'entendez, venez à mon aide !"


C'est sans doute la centième fois que cette supplique me vient en tête, mais je ne la prononce pas. Je suis trop fier pour cela. Je suis Mhyédabur ! Je suis l'Exilé qui a passé les portes de Thémis !

Pour autant, je n'en mène pas large. Mes pouvoirs se délitent presque totalement, et une véritable tempête se déchaîne autour de nous depuis hier soir. Pourtant, il me semblait avoir eu vue sur la terre avant que le ciel ne vire au noir. Et puis, j'ai perdu ma certitude et maintenant je suis épuisé d'avoir lutté toute la nuit pour ma vie, contre les éléments.

La barque n'est plus qu'un jouet ridicule que les masses d'eau et le vent brinqueballent dans tous les sens. Penthésilée, en revanche, ne dit rien, comme si elle espérait la mort. Il faut dire que, hier, elle a essayé de me résister, ce qui d'ailleurs m'a bien excité. J'ai eu plaisir à la violenter pour la fouiller encore et encore. Mais pour prix de sa résistance, je lui ai coupé ses ailes que j'ai jeté à l'eau.

Faut-il voir dans cette tempête la colère des Dieux ou du Sage après cette ultime atteinte à une Gardienne de Thémis ?

Je la regarde et je vois dans ses yeux qu'elle le pense et qu'elle attend avec une certaine tranquillité la mort. Mais moi, non. Moi, je ne veux pas mourir ! J'ai trop de choses encore à faire, de jeunes corps à découvrir et de virginités à forcer ! La vie ne m'a jamais fait de cadeau, ne m'a jamais aimé. Mais moi, je l'aime ! J'aime vivre !

Mais ce n'est pas ma seule préoccupation, même si la plus immédiate.

Je ne m'explique pas ma perte de pouvoirs. Je ne parviens plus à rien faire, au point de ne plus pouvoir me défendre contre rien. Penthésilée ne serait pas attachée qu'elle pourrait, sans peine, me maîtriser. C'est quand même fou, non ? Moi Mhyédabur, fils du Seigneur Sombre, le Passeur de la Porte de Thémis, condamné à être une grosse merde, avec une putain de Gardienne, qui est devenue ma femme au passage, sur un assemblage de bois misérable, soumis aux violences de la nature sans pouvoir y remédier !!

Et puis...


Et puis, il y a LA vague. Plus forte. Plus grosse. A moins que, trop fatigué, je n'ai pas eu le temps de la voir venir et d'orienter mon embarcation. Elle nous soulève avec une force que je n'avais jamais ressenti. Prise par l'arrière, l'embarcation se met à rouler, à tanguer avec une vigueur qui me déséquilibre. Je tombe au fond de la barque tandis que Penthésilée se lève et se dresse face aux éléments. Nos regards se croisent, le mien plein de haine et le sien chargé de mépris, avec encore une flamme que je croyais avoir éteinte. C'est pas vrai, elle n'est pas encore amoureuse après ce que je lui ai fait subir !

Ce sera ma dernière pensée à bord de ce huit-clos infernal.

Car la barque se retourne.


Je tombe dans l'eau, bas des bras et réalise tout-à-coup qu'après des années de vie à Orkhôn, je n'ai jamais appris à nager.


Je n'y avais pas pensé.


Dommage.


Je me débats malgré tout. L'envie de vivre me tenaille.


Et puis une succession de vagues puissantes m'emporte.



Je suis Mhyédabur, fils du Seigneur Sombre, Celui qui a passé la Porte de Thémis.


Et je vais mourir.
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Karayan
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MessageSujet: Re: Au Temple de Thémis   Sam 19 Fév - 0:40

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Le Sage
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MessageSujet: Re: Au Temple de Thémis   Jeu 28 Juil - 12:40

<< avant 25.


Le Sage vola en direction d’Orkhôn, mais très vite il sentit la terre des exilés en effervescence, résultat de la colère du dernier des dragons, celui dont la naissance s’était faite tardive, et inattendue. Il était le dragon noir des exilés, gardien inespéré de cette terre hostile.

Et tandis que le Sage se posa sur la plateforme aménagée au sommet des falaises de Thémis, face au palais, il sembla hésiter un instant, le museau au vent, flairant les odeurs de souffre et d’agitation. Pourrait-il compter sur le dragon noir, pour raisonner le Seigneur Maudit ? Ce dernier parviendrait-il à faire comprendre au Seigneur des exilés ce qu’ils risqueraient si Mhyédabur continuait à semer ainsi le chaos ?

Dans le doute, mieux valait prendre une ultime précaution et elle s’appelait Gallisée. Le Sage envoya deux gardiennes à sa recherche dans le vaste pays des volcans, espérant qu’elle n’aurait pas succombé à la colère du dragon noir, le Nazgûl comme ils l’appelaient ici.

Ainsi un peu plus tard, tandis que le dragon attendait dans la plus grande salle du palais des gardiennes, on lui ramena Gallisée qui fut doucement déposée par ses deux gardiennes, sur les dalles d’obsidienne. Elle était surprise de toute évidence, d’autant plus que c’était la première fois que le Sage faisait venir un exilé à lui. D’ordinaire, c’était plutôt le contraire. Devait-elle se sentir flattée ou inquiète ?
Le dragon se pencha, sentant un mélange de ces deux sentiments et salua la vate.


- Bonjour Gallisée.


Elle ne répondit pas, méfiante.

- Je ne vais pas tergiverser sur la raison de ta convocation ici. Gallisée, les gardiennes m’ont dit que tu menais une vie tranquille dans une ferme au sud d’Orkhôn.
- En effet.
- Hm…

Le Sage l’observa en inclinant la tête de droite puis de gauche.

- Cette situation ne te convient pas au mieux n’est-ce pas ?
- Que veux-tu entendre le Sage ? Que mon jugement m’a ravi ? Ce n’est pas le cas. Certes, je sais que j’ai mérité mon sort. Mais peut-être aurait-il été préférable que tu me tues plutôt que de me laisser la vie et m’envoyer ici.
- Je comprends, mais tu ne méritais pas la mort, personne ne la mérite. A présent Gallisée, écoute moi bien. J’aimerai que tu retournes au service du Seigneur Maudit.
- Quoi ?? Mais… tu sais que… tu sais que c’est impossible.
- Pas si je te rends ton don…..
- Me rendre mon don ??

Gallisée était stupéfaite, et ne parvenait pas à comprendre les motivations du Sage.

- Pourquoi ?
- Parce que j’ai besoin de toi, de toi aux côtés du Seigneur Maudit. Quelqu’un qui veille à ce qu’il ne s’écarte pas de la voie que je lui ai tracée. Mais en aucun cas qui ne l’encourage dans ses vils desseins de conquête.

Le Sage ne jugea pas nécessaire de lui dire qu’il ignorait tout des projets du Seigneur Maudit, mais connaissant le personnage, il se doutait bien que le Seigneur Maudit fomentait quelques plans machiavéliques pour conquérir Liberty.

- Peut-être que je préfère encore vivre dans ma ferme plutôt que de retourner auprès de Duncan Mcleod.
- C’est plutôt une bonne nouvelle pour moi. Alors apprend que cette mission que je te confie ne durera que le temps que les choses retournent dans l’ordre. Quand j’aurai jugé Mhyédabur, tu seras libre de recommencer une nouvelle vie.
- ….. une nouvelle vie ?
- Oui, tu as bien compris Gallisée. Je t’offre une seconde chance. Veille à ce que les choses retrouvent leur place à Orkhôn. Que l’ordre revienne, et tu pourras retourner sur le continent unique…

Le Sage se pencha un peu plus…

- Et tu pourras utiliser encore ton don, pour la bonne cause cette fois.
- Comment vais-je justifier mon retour auprès du Seigneur ? Jamais il ne voudra de moi.
- Si, il le voudra quand il saura que tu as récupéré ton don. Il voudra entendre ce que tu as à lui dire…
- Lui dire ?
- Lui raconter la vision que tu as eue cette nuit.
- Quelle vision ?
- Celle d’un Liberty sans magie, celle d’un Liberty sans créatures fantastique et où tous les démons seront retournés en enfer, loin, trèèès loin de ce monde. Et surtout un monde sans le Seigneur Maudit.
Ecoute bien ceci, Gallisée….. si le Seigneur Maudit persiste à diriger un autre monde qu’Orkhôn, cela ne pourra le mener qu’à le faire disparaitre.

>>suite

_________________

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