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 Uruz-Been

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Mhyédabur
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MessageSujet: Uruz-Been   Mar 22 Fév - 20:17

(trois semaines plus tard)


Je me traine de nouveau. Je suis sorti de l'étable où on m'héberge en échange de... de rien en fait. La pierre que j'ai donnée à mon arrivée a suffit à m'assurer le gîte, le couvert et l'alcool autant que de besoin, du moins pendant une cinquantaine de jours peut-être.

Au début, les gens m'ont regardé bizarrement. C'est vrai que je ne suis pas comme eux. Ma peau, mes cheveux, ma visage. Parfois mes yeux. Non, je n'ai rien d'eux. Mais ils savent que je suis le Naufragé. C'est comme ça qu'ils m'appellent ici, et je n'ai pas cherché à leur faire changer d'idée. Ce nom me va bien : j'ai l'impression qu'il m'assure une certaine protection, parce qu'ici, je ne suis plus Mhyédabur.

Non, je ne suis plus qu'une grosse merde.



J'ouvre la porte de la salle des boissons, un peu dissimulée, car s'il est autorisé en Summeria de boire, et souvent plus que de raison, cela ne peut être fait en public. Alors la salle des boissons est une succession d'alcôves, fermées par des travées de bois et des voiles. Quelle bande de connards, qui cachent leurs travers les plus profonds, espérant ainsi sauvegarder leur respectabilité. Cela m'échappe. Mais peu importe.

Je gagne mon alcôve. C'est là que, chaque soir, je bois jusqu'à ne plus pouvoir tenir debout, jusqu'à ce que la nausée me gagne. Jamais je ne vais jusqu'à vomir, mais je me rends malade, soir après soir.

Car je ne suis plus rien. J'ai perdu mes pouvoirs, jusqu'à mon propre nom que je ne prononce plus, car avec la perte de ma puissance vient la peur. La peur du Sage, la peur de ses sbires, la peur de la punition que ce que j'ai fait lui imposera de me donner. Mais plus que tout, j'ai peur tout simplement qu'un beau matin, Penthésilée se tienne là devant moi, avec notre enfant et que je ne sache pas quoi lui dire. Car avec la perte de mes pouvoirs est venu un étrange sentiment que je ne m'explique pas. C'est comme si... Comment dire ? Oui, comme si je souhaitais ne pas avoir fait preuve de tant de violence vis-à-vis d'elle.

Ça s'appelle des regrets, Maître...

Je flanque une claque à ce maudit diablotin. Il l'esquive sans mal et, ricanant, il va se percher sur une poutre en bois, d'où il poursuit ses petites insinuations, comme chaque soir.

Mais oui, vous vous en voulez de l'avoir violée, d'avoir voulu la briser. Ce que, soit dit en passant, vous n'avez pas réussi à faire d'ailleurs. Et maintenant, que vous l'avez sûrement engrossée, vous commencez à vous inquiéter du devenir de cette petite graine. Oui, finalement, très humain comme comportement...

Vas-tu te taire, saloperie des enfers ?


Il ricane... Je ne lui ai pas donné de nom. Il est la concrétisation de mon échec. Après quelques jours ici, dans un état proche du délabrement, quand je me suis aperçu que je n'étais plus rien, j'ai... Oui, j'ai songé en finir. Alors j'ai voulu invoquer un Démon pour m'arracher le cœur. Mais je n'ai reçu pour toute réponse des enfers que ce minable petit diablotin, insignifiant et moquer. Je suis sûr que c'est une vengeance d'un des Seigneurs des Enfers pour me faire payer ma faiblesse. Mais il a eu au moins un mérite. J'ai refusé de finir ma vie ainsi et de risquer de me retrouver devant un de ces Seigneurs sans avoir... Sans voir quoi ? Que puis-je encore faire, moi, qui fus Mhyédabur, le fils du Seigneur Sombre, le passeur de la porte de Thémis, le triomphant du Temple des Gardiennes, le Renégat vainqueur du Sage ?

La première carafe arrive. Je me sers un verre tandis que je coule un long regard vers les hanches généreuses de la serveuse. Elle doit avoir 15 ou 16 ans et je devine une petite motte bien jeune et n'ayant sûrement jamais goûté aux plaisirs du sexe.

Ah, oui, mais pour ça, il faudrait bander Maître...

Je me retiens de lui lancer le verre. J'ai mis du temps à accepter qu'il lisait dans mes pensées et profitait de chacune pour se moquer. Je préfère me détourner de ce feu qui me gagne les reins, mais pas le bas-ventre...

Et je plonge dans ce qui m'a amené ici. Je ne sais pas trop. La tempête, de cela je me souviens bien, ainsi que de l'embarcation qui se retourne. Alors que je vais m'enfoncer dans les flots sombres, glacials et violents, je trouve une planche et je m'accroche à elle comme je me suis toujours accroché à la vie. Et puis, alors que je suis à moitié inconscient, je ne sais plus trop. Il me semble voler au-dessus des flots. Penthésilée est là, au-dessus de moi, avec les ailes que pourtant je lui ai coupées. Elle m'emporte.
Pire.
Elle me sauve.

Elle me relâche sur une plage, alors que je suis épuisée, inconscient sans doute. Je vois alors son visage se transformer. D'un visage plein d'amour - quelle horreur - elle tourne maintenant un visage que je connais mieux : il est plein de haine et de colère. Et je reçois alors un violent coup de pied dans le ventre ou les parties, je ne sais plus.

En fait, j'ai déliré sans doute. Toujours est-il que les habitants m'ont trouvé au petit matin, tandis qu'ils parcouraient la cotte à la recherche des restes que les tempêtes poussent ici sur la plage. A défaut de reste, ils m'ont eu moi. Et ils m'ont vendu comme esclave à une caravane marchande qui repartait vers Summeria. Voilà comment j'ai atterri dans ce port minable.
Moi, esclave.

On a ce qu'on mérite, Maître. Chacun a créé les conditions et s'est donné les moyens pour connaître la situation dans laquelle il se trouve.


Je ne l'écoute même plus. La force de l'habitude. A moins que je ne me persuade qu'à force de ne plus réagir, c'est lui qui va se lasser à ce petit jeu et qu'il va préférer retourner à ses Enfers.

Ah non, vous m'avez invoqué. Vous seul pouvez me révoquer. Mais pour cela, il faudrait peut-être encore disposer d'une once de pouvoirs magiques, non ?

Vas te faire foutre, petit fumier.

Je me disais bien aussi que vous ne pouviez plus vous passer de moi.

Donc, ils ont voulu me vendre comme esclaves, comme cela se fait ici, mais très vite, mes crises de rage, mes passages à vide et ensuite mes discussions sans fin et mes disputes avec le Diablotin ont fini par leur faire croire que j'étais fou. Hors, un fou, cela n'a aucune valeur. Cela a même un petit caractère sacré chez eux, comme s'il portait une part de divin, quelque chose que l'esprit humain, ne peut comprendre, ce qui le fait plonger dans cette folie qu'ils craignent. Me toucher serait comme toucher un Dieu. Enfin, certains le croient. D'autres en ont entendu parler. Mais toujours est-il que personne n'oserait.

Un fou.

Pourquoi pas ? Après tout, je suis le seul à voir mon Diablotin qui reste invisible et refuse de se montrer quand je le lui ordonne. Je crois qu'il affectionne particulièrement ces moments où je me ridicule. Alors, depuis, je lui parle, mais je n'essaie même plus de faire comprendre aux demeurés de ce petit port qui est mon interlocuteur.

Je tape la carafe plusieurs fois sur la table. Elle résonne en creux, car je l'ai entièrement vidée. Aussitôt, la petite servante au cul généreux revient m'en donner une. La petite pute, comme je lui écarterai bien les jambes pour lui enfourner mon sexe et comme j'aimerai qu'elle se débatte tandis que je lui arracherai sa chemise et son corsage pour plonger mon visage dans ses petits seins qui doivent encore sentir bon la peau jeune...

Ben y'a qu'à essayer, monsieur l'Impuissant.


Vas te faire foutre, petite merde des Enfers. Un jour je retrouverai mes pouvoirs et je te ferai regretter chacune de tes phrases.


Un jour ? Ah bon ? Ben je voudrais bien voir ça.

Je ne lui réponds pas, car il a raison. Un jour... Quel jour ? Au fur et à mesure que le bateau s'éloignait d'Orkhôn, je perdais de ma puissance. Jusqu'à, maintenant que je suis sur le Continent, jusqu'à ne plus pouvoir faire que quelques tours minables. Je ne sais ce qui me désespère le plus : ne plus être le puissant guerrier-mage que j'étais, ou que mon père ait pu le savoir et m'envoyer quand même ici... A moins que tout cela ne soit la faute du Sage, une façon bien à lui de me pousser à vouloir revenir sur la Terre des Exilés.

Qu'il aille pourrir en Enfer, ce fils de lézard !

Pour une fois, nous sommes d'accord, Maître. Sauf qu'en Enfer, on vit plutôt bien. Il pourrait apprécier.

Oui, moi, Mhyédabur, fils du Seigneur Sombre, Exilé né sur les Terres d'Orkhôn, Passeur des Portes de Thémis, Triomphant du Temple des Gardiennes, Renégat vainqueur du Sage, moi donc, Mhyédabur, je ne suis plus que le fou d'Uruz-Been, un minable poivrot qui boit les dernières réserves que le rubis de sa bague pouvait lui octroyer...

A votre santé, Maître !
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Mhyédabur
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MessageSujet: Re: Uruz-Been   Ven 25 Fév - 16:36

(10 jours plus tard - et je vais bientôt repasser en temps réel )

A tout malheur, quelque chose de bon. C'est ce que j'essayais d'expliquer à mes victimes, mais elles avaient du mal à comprendre.

Mais je m'égare.

Il me faut reprendre mon récit là où je l'ai arrêté, même si me rappeler de ces maudites heures passées à boire dans cette infâme auberge me révulse. Mais je ne serai pas Mhyédabur si je n'osais pas affronter mon passé et mon cheminement personnel. J'essaie de vous faire comprendre pourquoi je suis ce que je suis et à qui la faute : à ce Sage qui a édicté des règles qui nous poussent à faire des choses sombres pour les contourner. Qu'il cesse de nous importuner et alors sans doute ferions-nous autrement. Mais trêve de bavardage.

Invisible ! Rappelle-moi son nom... Et cesse de gigoter ainsi. Je t'ai déjà dit que le fil de fer barbelé enchanté par mes soins ne pouvaient se défaire et que chaque mouvement ne ferait qu'amplifier ta douleur.

Une petite voie geignarde sort d'un des gisants que j'ai défoncé.

Mathilde, maître, tel est son nom... Et je crois avoir compris la leçon Maître... Plus jamais je ne me moquerai de vous...

Vraiment ? Quelques jours encore de cette douce torture et nous en reparlerons. Pour l'instant, continue de surveiller les alentours à l'aide de tes pouvoirs. Et ne me déçois pas car sinon, je double ton temps de pénitence...


Oui, Maître...

Donc, Mathilde, je pense que maintenant vous comprenez que ce qui vous arrive, et va vous arriver, est certes de mon fait, mais que les véritables raisons qui vous infligent cette tourmente sont liées à l'absolutisme de celui qu'on prétend être le Sage... Quelque part, cela me dédouane des accusations que je te sens prête à me cracher au visage... Abstiens-toi : tu auras besoin de tes forces pour la suite.

Donc, trêve de bavardages disais-je. De fait, autant mon état d'alcoolique que la baisse significative de mon avoir fit que l'aubergiste a fini par me chasser. Je sais qu'il a gardé par devers lui une partie de mon avoir, le chien. Cela surtout, il le paiera : m'avoir volé, avant de me chasser, tel un animal domestique. Ils n'y sont pas allés de main morte, mais ils n'ont pas trop osé me frapper non plus. Je l'ai déjà dit : ici, pour ces gens, un fou possède en lui quelque chose de divin. Personne ne veut fâcher un dieu. Alors, on m'a pris, on m'a jeté dehors, dans la lie des cochons et des poules. On a ri à me voir, alors que l'alcool modifiait encore mes réactions. Par réflexe, j'ai invoqué de vieux pouvoirs, mais aucun n'a fonctionné et ils ont ri encore plus fort. Après, ils m'ont jeté des pommes de terre pourries au visage, jusqu'à ce que je m'en aille, titubant. J'ai gardé mes insultes, car l'insulte est l'arme du faible. Le fort tue.

Oui, j'ai connu la faiblesse. Le village entier s'est ri de moi, jusqu'à ce que, errant, je finisse par trouver cet abri. Un vieux gisant, un peu à l'écart de leur cimetière. Une petite pyramide de quelques mètres - une ziggourat minuscule - dont j'ai dégagé l'entrée sous les immenses ronces sèches. Le reste du cimetière n'est pas dans cet état : c'est sans doute ce qui m'a attiré là. J'y ai dormi et j'y ai surtout refais mes forces.

Quand Invisible - nom que j'ai donné à mon Diablotin pour l'instant - me nargua pour la énième fois, un réflexe me fit invoquer une torsion du squelette, pour qu'il ressente de la douleur. A ma grande surprise, cela a fonctionné. Pendant une journée entière, j'ai testé sur lui des choses que je ne pensais plus pouvoir faire, jusqu'à ce que, les ailes basses, trainant dans la poussière, il me supplie de cesser de le faire souffrir. J'ai alors invoqué ce petite barbelé pour le calmer. Je pense qu'il y réfléchira à deux fois avant de se permettre de nouveau de se moquer de moi.

Et j'ai réfléchi. J'ai longuement réfléchi aux raisons qui avaient pu faire que je recouvre une partie de mes pouvoirs, même si infime. Et je crois que j'ai compris : ce monument à la mort était érigé pour un vieux seigneur qui avait été un esclave de mon père sur ce Continent, soumis bêtement au mal. L'aura du mal qui résidait ici avait suffi à me nourrir d'effluves. C'est ainsi que je sais maintenant que mon pouvoir est lié au Mal. Sans mal autour de moi, sans cette source fantastique de pouvoir, je ne suis plus rien. C'est exactement ce qui m'avait affecté sur le bateau. Certes, les Démons invoqués étaient fondamentalement des créatures du mal, mais le bateau avait été construit par le Sage avec un tissu de magies pour lui donner la résistance et la force dont il avait besoin. C'était cette magie, bien trop bénéfique, qui avait su annuler les effluves mauvaises des démons. Je soupçonnais aussi Penthésilée, dont la présence continue avait du m'affaiblir aussi.
J'ai eu bien fait de la fouiller sans remords. Elle le méritait.

Mais revenons à mon cas, le seul qui est quelque intérêt. J'ai fait quelques essais. Je suis sorti et j'ai constaté que je gardais pendant quelques temps mes pouvoirs. Et cela me redonna espoir, car j'ai ainsi découvert comment je pouvais espérer remplir ma mission. Oui, je sais maintenant que je peux accomplir encore de grandes choses, narguer le Sage au plus profond du Continent. Car je comprends aussi que, tant que je perds mes pouvoirs, je redeviens un humain comme un autre, indétectable à son regard. Je ne suis même plus un Exilé. Mais quand le Mal m'entoure, alors les pouvoirs m'envahissent de nouveau. J'ignore quel niveau de mal il lui faudrait pour me trouver et me traquer, et combien de temps il dispose avant que de nouveau, il ne devienne aveugle à moi.

Je dois tester cela, au risque d'y perdre la vie, je le sais. Mais c'est nécessaire pour mon projet. Aussi abjecte que soit ma partie humaine, je comprends mieux maintenant combien mon père, le Seigneur Sombre, a été intelligent et prévoyant. En m'envoyant moi, qui certes s'humaniserait quand il perdrait ses pouvoirs, il privait ses ennemis du pouvoir de me trouver et de m'éliminer. C'était un atout dont je jouerais, mais il me fallait découvrir maintenant combien de temps cela durerait.

Alors, la seule solution que j'ai trouvé, était d'augmenter significativement les effluves du Mal ici. De l'attirer à moi. Je suis persuadé qu'il aurait eu les moyens de m'éliminer, mais il ne l'a pas fait car il doit s'inquiéter des plans de mon père. Il a besoin de savoir. La torture étant exclue pour lui, il tentera sûrement de me faire parler autrement. Peut-être enverra-t-il Penthésilée, pour tenter de m'amadouer. Quand elle verra ce que j'ai fait, je doute qu'elle en ait envie. Cela lui rappellera trop ce qu'elle a enduré grâce à moi.

Mon plan est prêt. J'ai aménagé les lieux pour pouvoir fuir si les choses tournaient mal. Je dois savoir, mais je dois aussi survivre pour donner à mon Père ce dont il a besoin.

Il est temps de commencer à augmenter les effluves. Je me tourne vers ma première victime. Elle doit avoir 13 ans, peut-être 14. Terrorisée, elle n'a pas vraiment su se rappeler sa naissance, encore que je pense que les paumés qui m'entourent n'enregistrent pas ce genre d'évènement.

Je lui souris. Sans chaleur, et je la sens trembler. Comme j'aime ça.

Je suis Mhyédabur, fils du Seigneur Sombre, le Passeur de la Porte de Thémis, époux d'une Gardienne de Thémis, et j'ai trompé la vigilance du Sage même. Je voulais que tu le saches, car ce que je vais te faire subir, tu dois le vivre comme un honneur. Je ne suis pas n'importe qui. Et j'attends de toi que, une fois morte, quand ton âme s'approchera des portes des Enfers, tu murmures mon nom pour rappeler à tous que le fils du Seigneur Sombre marche sur le Continent et que la libération des Exilés est proche.




Ce ne sera que quatre après que j'en aurais fini avec elle. Car avec le retour de mes pouvoirs est revenue ma virilité. Je me suis appliqué à l'en faire profiter. Ensuite, quand l'intérieur de son ventre était brulant de mes jouissances, du sang de ses virginités perdues, je l'ai tranquillement démembré, lentement, membre après membre, en veillant à essayer qu'elle garde son souffle et ses hurlements, si doux à mes oreilles.
Malheureusement, j'ai du perdre la main. Au deuxième bras, elle avait déjà perdu connaissance et à la première jambe, elle est morte. Par principe, j'ai poursuivi.

Puis, j'ai suspendu les morceaux dans la pénombre du caveau principal où j'ai élu domicile.
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Mhyédabur
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MessageSujet: Re: Uruz-Been   Ven 25 Fév - 16:56

(15 jours plus tard...)

Je ne les compte plus. Je les enlève maintenant par paire pour me livrer à des jeux de plus en plus pervers qui échauffent mon sang et mon âme, tandis que mes pouvoirs grandissent à une vitesse affolante.

J'aime les voir trembler de peur quand je les mène dans ce souterrain. J'aime leurs cris d'horreur que les vieilles pierres glacées de la ziggourat absorbent, jusqu'à faire que rien ni personne ne puisse les entendre dehors, quand elles voient les morceaux de corps accrochées autour, dont certains sentent plus mauvais que dix boucs des Abysses. Oui, décidément, les petites filles devraient apprendre à mieux se laver... J'aime ce trait d'humour que je sors souvent.

Mais surtout, j'adore quand elles réalisent qu'elles viennent d'arriver au bout de leur chemin de vie. Que jamais, jamais, leurs pas ne les mèneront de nouveau sous le soleil. J'aime encore plus quand, dans le cadre de mes jeux pervers, je leur fais pourtant croire qu'une d'entre elles sortira, vivante, si tant est qu'elle me donne plus que l'autre. Jusqu'à ce que, épuisé et contenté de les avoir violés tant de fois, je laisse entendre que pour qu'une sorte, il faudrait que l'autre meure. J'aime les voir hésiter, et ensuite se déchirer. L'instinct de survie des humains est la réponse même à l'injustice que représente la condamnation des Exilés par le Sage. Car je démontre à chaque fois que de jeunes filles innocentes sont prêtes à faire pire que ce que je leur ferais, juste pour vivre. Alors, qui est-il ce misérable vers pour oser donner des leçons à un peuple ? A mon père ? S'il ne nous avait pas obligés à vivre dans des terres hostiles, avec la même règle du "tues ou crève", en serions-nous là aujourd'hui ?

Bah, question purement philosophique. Car moi, je me complais à être ce que je suis. Le digne héritier de son père et de ses enseignements.

Invisible !

Oui maître ?

As-tu veillé à effacer toute trace dans le cimetière ?

Bien sûr Maître. Personne ne saurait remonter jusqu'ici. Mais ce faisant, j'ai vu les villageois avec des lanternes fouiller les alentours.


Évidemment. Plus de quinze disparitions en quelques jours. Ils ne vont pas rester les bras croisés.


Je crois avoir entendu votre nom, Maître, dans leurs conciliabules.

Excellent. Ainsi, je peux espérer qu'il remonte rapidement au Sage. As-tu vérifié ce que tu dois vérifier ?


Oui, Maître. Bien sûr. Votre survie - donc la mienne - en dépendent. Je le sais.

C'est bien. Tu sais qui est celle que je veux être la dernière. La cerise sur le gâteau de mon plaisir, n'est-ce pas ?


Oui maître. Cette serveuse qui a osé vous narguer avec son derrière ?

Exactement. Finis donc cette jeune fille qui vient d'égorger sa concurrent. Je n'ai plus cœur à me salir les mains pour des petits êtres aussi futiles. Et ensuite, vas observer et rapportes-moi quand elle sera couchée et endormie. Tu veilleras aussi à ce que les villageois soient tous rentrés.

Oui, maître... Maître ? Pourrais-je me régaler de ses entrailles ? Et de sa cervelle ?

Cette fois, il me désigne la gamine qui vient de remporter le combat pour sa survie. Elle ne comprend pas notre discussion, secoue la tête en signe de dénégation. Est-ce si difficile à comprendre quand la fin est arrivée ?

Tout ce que tu veux. Mais parce qu'elle a un instinct de survie plus fort que l'autre, fais en sorte qu'elle ne meure pas rapidement... J'ai à faire...

Et sur ce, je me lève, abandonne la malheureuse qui me supplie d'honorer ma parole. Quelle parole ? Je n'ai de parole que pour ceux qui la méritent : les Exilés, et parmi eux mon Père, le Seigneur Sombre. Les autres sont des faibles et je les traite comme ils le méritent.

Je sens que le Sage ne va pas tarder à réagir, même si encore entravé par ses doutes. Je dois vérifier moi-même ce qu'Invisible a pourtant sûrement vérifié. Sa loyauté m'est d'autant plus acquise qu'il sait que je peux le faire longuement souffrir. Je dois dire qu'il est plutôt un bon serviteur, même si de bien peu de pouvoir parmi les siens. Cependant, je veux le garder. Pour toujours me souvenir qu'un être pareil me sera supérieur dès lors que je perdrais contact avec les effluves du mal. Ses remarques acerbes, je les déteste, et il en profitera pour me rappeler ma faiblesse. Mais c'est exactement ce que je veux : qu'il me rappelle sans cesse celle-ci pour que je ne sombre pas dedans.

Car je connais les risques de mon plan. A force de voyager entre ma nature profonde et celle honnie d'humain, je pourrais y perdre mon âme et finir par ressembler à cette pauvre fille aux yeux fous qu'Invisible est en train de trépanner...
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Mhyédabur
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MessageSujet: Re: Uruz-Been   Sam 26 Fév - 14:28

(le lendemain)

Cela n'avait pas été de tout repos, mais le Diablotin avait su remplir son office.

Les chemins vers le Ziggourat avaient été longuement vérifiés et nettoyés, car cette fois, j'avais tout mis en place pour non seulement dominer mon ultime conquête, mais surtout pour me parer de la venue du Sage dont je pressentais l'imminence. Impossible que ce cycle de violence et de résurgence du mal lui ait échappé.

Je veille à ce que les petites cages soient bien arrimées, toutes selon mes spécifications. Invisible avait vérifié déjà, mais je ne pouvais me permettre la moindre erreur : ma survie pouvait en dépendre. Non, elle en dépendrait sûrement. Sans compter mon ultime plaisir.

Quand ce fut fait, ayant senti lentement mes reins se durcir à l'idée de la suite, je me tourne vers la jeune fille terrorisée qui se tient au milieu de mon univers de mort et de mal.

Voilà, jeune fille, je vais te proposer un marché. Tu vois, autour de toi, ce qui est arrivée à toutes celles que j'ai forcées. Mais, même si le viol a la douceur du bon vin, il reste néanmoins qu'il est fatiguant de toujours devoir se forcer un passage. Ce soir, jeune fille, tu es celle que j'ai choisie pour passer à autre chose. Oh, il s'agira d'un viol, bien sûr, puisque tu n'as nulle intention de te livrer à moi au départ. Mais il se fera sans violence. Car tu feras ce que tu dois faire avec la volonté de bien faire et de me donner tout le plaisir que je mérite. Fixons donc la règle : si je jouis dans chacun de tes orifices avec bonheur, alors tu seras libre de quitter cet endroit, en vie. Regardes autour de toi... Non, pas les corps mis en morceaux, mais ces petits êtres pleins de vie que j'ai amenés avec moi. Tu les connais n'est-ce pas ? Oui, ce sont les nourrissons du village.

Je fais un geste et invisible allume trois cierges en poussant une petite sphère enflammée du bout de son index. Car avec mes pouvoirs décuplés, il retrouve aussi les siens. Il se nourrit au Mal que je crée, et c'est une bonne chose. Car il sait maintenant devoir sa propre survie à mes réussites.

La lumière révèle ce maudit tavernier, son épouse et un jeune garçon. Les parents et le frère de ma jeune promise, pour l'instant le visage dissimulé.

Alors, j'augmente le marché : si tu fais ce que j'attends de toi, si tu le fais avec tout l'art d'une salope, et non les pleurnicheries des autres gamines qui décorent mon lieu de vie, alors pour chaque orifice tu pourras choisir un de ta famille que j'épargnerai. Et chacun d'entre eux pourra choisir un nourrisson. Comment ? Ah, oui, il y en a six de ces petits chérubins. Et tu n'as que trois orifices qui m'intéressent. Donc, si tu ne choisis pas un membre de ta famille, tu pourras choisir deux nourrissons. Donc, il faudra choisir. Tous ne survivront pas à cette magnifique soirée. Je ne serais pas Mhyédabur si les choix que je propose étaient tous innocents et faciles. Tu vas souiller ton corps et ton âme, mais tu pourras ramener six êtres vivants avec toi. Alors jeune fille, as-tu compris quel était le jeu de cette soirée ? As-tu compris ce que j'attendais de toi ?

La jeune fille hocha la tête en tremblant de tout son être, retenant à grand mal ses larmes.

Oui, tu as compris. Mais tu n'as pas encore réalisé que le jeu commence maintenant. Je ne veux plus de larmes, ni de tremblements. Je ne veux plus qu'une chienne de continentale qui se plie aux attentes normales d'un exilé. Ce soir, je réclame mon dû sur ce monde, celui dont on m'a privé injustement et ignominieusement. Mais je comprends que tout cela soit nouveau. Regardes là-bas dans le coin. Oui, c'est une maquilleuse. Uses-en comme bon te semble. Derrière le paravent, tu trouveras quelques vêtements fins. A toi de trouver la combinaison qui me fera plaisir.


Je m'approche alors d'elle et la prend par le menton. Je la sens se raidir et trembler. Pour un peu, elle se répandrait sur elle. Peut-être ai-je mal choisi, mais je ne crois pas. Une fille des tavernes est endurci aux mâles. Elle a l'habitude à certaines choses. Elle trouvera comment faire, parce qu'elle devra aller exactement à l'opposé de ce qu'elle fait d'habitude : se soustraire aux hommes dont pourtant, en aguicheuse, elle éveille le désir. Pour un meilleur pourboire.

Ce soir, chérie, tu vas faire exactement la même chose qu'à la taverne. Tu vas m'exciter. Et tu vas faire bien plus que cela, car ensuite, tu vas me satisfaire en me faisant jouir comme jamais. Ne me déçois pas, car non seulement, cela ne t'éviterait pas d'être violée, mais de manière moins aimable. Mais je te garantis que tu auras tout le temps de voir les tiens et ces nourrissons mourir par ta faute... Suis-je clair ?

Un dernier éclat de terreur dans son regard et puis cette petite flamme. Je la sens prête. Elle a accepté le marché, l'idée de donner son corps pour sauver des vies. Je vois juste dans son regard perdu qu'elle ne sait pas encore qui choisir, comment choisir.

Tandis qu'elle disparait dans le recoin, il ne me reste plus qu'à ajouter la touche finale. Je retourne vers la famille et je leur enlève la cagoule. Ils reculent d'effroi en me reconnaissant, en reconnaissant leur tortionnaire, qui est celui qu'ils ont nourri, abreuvé avant de le chasser en le spoliant du reste de son argent. Ils tremblent et hoquètent au fur et à mesure qu'ils voient ce que leur odorat leur avait déjà révélé : la mort, la mort sous son aspect le plus terrible, celui de la monstruosité de cette dernière. Mais dans le fond, mourir est mourir. Qu'importe que ce soit en entier ou en morceau, non ?

Madame, Monsieur et jeune homme. Je vous propose d'assister à un jeu élégant et rare, celui du plaisir consenti et des vies sauvées - ou non. Soyez attentifs, mais surtout n'oubliez pas une règle. Une seule. Un seul mot de votre part. Un seul. Et je mets fin au jeu. Tout le monde mourra dans d'atroces souffrances. Tout le monde. Avez-vous compris ma petite règle, celle du silence ? Êtes-vous prêt au silence, quoique vous puissiez voir ?

Un par un, ils acquiescent.

Et bien voilà, la scène est prête, les acteurs sont en place.


Il ne reste qu'à commencer.

Et quand je vois la serveuse revenir avec des atours magnifiques, le visage modifié par le maquillage sous lequel elle dissimule sa peur et ses larmes, et la peau blanche comme la neige, je ne peux que sourire. Sa démarche hésitante lui donne un air encore plus enfantin qui m'enflamme. Et je ne parle pas du plaisir qui me gagne encore à entendre le silence assourdissant des parents et du frère.

Invisible !

Le diablotin comprend et, symboliquement, frappe les trois coups marquant le début de ce petite théâtre presque familial...

toc... toc.... toc....
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Karayan
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MessageSujet: Re: Uruz-Been   Sam 26 Fév - 21:37

<< avant 4.



Karayan était donc très vite repartie vers Arcadia, soulagée que le Sage ait accédé à sa demande. Un peu surprise tout de même par le présent qu’elle observait parfois, l’anneau d’or étincelant sous la lumière. Ainsi l’exilé était manipulateur de magie sombre, c’était bon à savoir, et ce serait encore mieux quand elle pourrait le retrouver pour réduire sa magie à néant. Mais… le Sage s’était recommandé, pas d’affrontement direct, elle devrait se méfier, juste observer, le retrouver, l’épier, et rapporter tout ce qu’elle pourrait apprendre au grand Dragon.

Seulement en revenant à Arcadia, l’homme s’était déjà volatilisé. Elle chercha de part et d’autre de la plage, puis plus loin vers les premières habitations, mais personne n’avait vu le personnage.
Mais Karayan ne renonçait pas facilement. Elle persévéra à le chercher à travers tout le pays, et même au-delà, utilisant sa rancœur contre lui pour tenter de le retrouver mais il n’y avait plus rien, même pas le plus petit frémissement. Oh pas qu’elle ne ressentait pas assez de colère ou de rancœur envers lui, mais c’était l’exilé qui semblait s’être volatilisé. Même qu’elle en vint à se demander s’il n’était pas mort tout simplement après toutes ces semaines à l’avoir cherché en vain….
Et cette pensée étrangement l’attrista. Ca aurait été trop facile, car Karayan voulait sa vengeance à tout prix, elle avait promis à Penthésilée.

Jusqu’à ce jour, ou volant du côté de l’alliance de l’orient, vers Summeria, elle avait ressentit une brûlure, quelque chose d’infime mais de très vif en même temps. Et c’est au moment où elle avait ressenti cette flamme que le dragon l’appela à lui. C’était la première fois qu’il procédait ainsi. D’ordinaire, c’était elle qui l’appelait, de préférence dans un des nombreux temples qui étaient érigés pour le Sage. Sauf cette fois…

A regret, elle vira, laissant filer cette impression pour chercher le dragon. Elle le vit sur l’esplanade non loin d’un temple, là ou une aire d’atterrissage avait été construite pour lui. Elle atterrit à quelques mètres de lui, avant de s’incliner brièvement.

- Grand dragon, vous m’avez appelée ?
- Oui Karayan, il y a de l’agitation à Summeria, quelque chose d’inhabituel m’a dit le Griffon gardien du monde des summeriens.
- De l’agitation ?

Karayan avait déjà entendu parler du gardien de Summeria mais elle voulait rapidement en venir au fait et ignora cette histoire de Griffon. Elle voulait comprendre pourquoi il l’avait fait venir elle.

- Ne devais-je pas m’occuper de l’exilé ?
- Si, et justement je le soupçonne d’être derrière toutes ces disparitions…. La peur qui plane sur cette petite ville d’Uruz Been. Je ne voudrais pas intervenir et tout gâcher par mon apparition. J’aimerai que tu vérifies mes impressions. Si c’est lui, tu devrais très vite le trouver.
- Je l’ai longuement cherché pendant toutes ces semaines, et justement aujourd’hui j’ai senti qu’il ne devait plus être très loin. J’ai cessé mes recherches à votre appel, grand Dragon.
- Alors retourne-y, mais n’oublie pas Karayan, n’oublie pas d’être prudente. Et s’il est à l’origine de toutes ces disparitions, j’espère qu’il ne sera pas trop tard.
- Vous me donnez la permission d’intervenir ?
- Intervenir ?

Le Sage se dressa de toute sa hauteur et fouetta l’air de sa queue.

- Fais suivant ton cœur Karayan, mais ne te laisse pas aveugler par ta colère, car il pourrait l’utiliser contre toi. Evite autant qu’il est possible de l’affronter.
- Bien….
Karayan s’inclina et s’envola aussitôt, sentant comme le dragon, cette impression d’urgence….

Elle mit un jour de plus à cerner ses impressions et à retrouver la trace de l’exilé. Un jour pour parvenir jusqu’à son antre. L’air empestait, et si l’enfer devait avoir un parfum, ça devait vraiment ressembler à ça. Elle n’était plus très loin de l’ancien cimetière, mais plus elle s’en approchait, plus elle ressentait cette brûlure………
Il était là tout proche. Il lui fallut quelques heures avant de se retrouver face à l’entrée de cet ancien Ziggourat. Elle hésita…
Cette bâtisse était tel un piège, y entrer serait risqué. Qu’est-ce qui l’y attendait ? Elle pesta contre elle-même. Elle aurait du le tuer la première fois, à présent, ça serait plus difficile.
Oui plus difficile mais plus puissante serait sa vengeance.

Elle fit un pas à l’intérieur, mais s’arrêta à l’entrée. Son instinct lui hurlait de ne pas aller plus en avant, mais sa soif de vengeance la poussait à continuer. Faire des choix, c’était donc ça… Elle se souvint donc du conseil du Sage, et revint sur ses pas. Là, elle attendit, puis poussa un puissant cri, un cri de gardienne. Il saurait qu’il n’était plus seul, il saurait qu’une gardienne de Thémis était là. Alors Karayan avisa une colonne brisée, assez haute pour lui servir de perchoir et lui donner l’avantage et s’y envola le temps que l’infâme sorte de sa tanière.
Après ? Après elle improviserait.
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MessageSujet: Re: Uruz-Been   Sam 26 Fév - 22:18

Je revois la tête de la jeune serveuse quand elle avisa que ses parents seraient du spectacle. L'hésitation fut longue avant qu'enfin, cédant à la pression sur ses épaules, à toutes ses vies qui reposaient entre ses mains, et même bien plus, elle se donna en spectacle. Une danse du ventre locale, bienvenue pour échauffer encore plus mes sens, exacerber mon désir au-dessus de celui de posséder, de violenter et de briser. Oui, elle était presque en train d'éveiller en moi un désir plus banal, presque humain.

Et alors qu'elle tranchait pour le premier orifice, me proposant à grand renfort de gestes indécents, obscènes sans doute pour ses parents, une petite gâterie initiale, je l'ai entendue...

La scène se fige... Je comprends l'hésitation des personnes présentes... Oui, ils pensent sans doute à un nouveau jeu de ma part... Mais ils doivent aussi comprendre ce qui se passe quand Invisible perd ses moyens...

Une gardienne, mon Maître ! Une Gardienne de Thémis ! Le Sage sait ! Le Sage sait que vous êtes là ! Fuyons, Maître, fuyons !


Et je dois dire que pendant un instant, c'est ma pensée, tellement ce cri me rappelle la puissance qu'est prêt à déchaîner le Sage pour garder son obscur pouvoir solitaire, celui qui fait de nous des parias alors que nous ne sommes qu'une facette de l'humanité.

Mais je ne peux pas. Je ne dois pas.


Je fais les cent pas, laissant un peu de répit à la serveuse qui ne sait plus comment me prendre, que faire. Elle reste là, puis se dirige vers ses parents. Un seul geste de ma part et elle se fige.

Fuyons, Maître, fuyons ! répète Invisible

Je lui lance une lance de feu froid qui lui transperce l'épaule en le propulsant contre le mur, où il s'affale en couinant.

Tais-toi ! J'ai besoin de réfléchir !


J'ai voulu cette rencontre, en ignorant qui viendrait. A vrai dire, je suis déçu. J'espérais le Sage, pour le Fils du Seigneur Sombre. Mais effectivement, je peux comprendre qu'il ne souhaite pas abattre la carte absolue de sa présence. Il va se fier à ses esclaves ailés pour l'instant. J'en ai trompé une. Je ferai une grave erreur de vouloir en tromper une autre : elles savent maintenant que je suis un manipulateur né.

Pourquoi n'est-elle pas passée à l'attaque ? Elle doit sentir le sang et la souffrance, le mal absolu dont je me nourris depuis une dizaine de jours... A-t-elle peur ? Non, ce serait la sous-estimer. Cela signifie donc qu'elle n'a pas d'ordres ? Non, si elle n'avait pas d'ordre, elle interviendrait alors de son propre chef. Il n'y a donc plus qu'une solution... Elle cherche à savoir si c'est moi, à me contacter peut-être... Oui, voilà donc la grande pièce de mon plan qui se met en place. Je joue ma diversion dans l'affaire que je dois suivre. Je ne rêve pas : je ne les surprendrai qu'une seule fois. Mais j'ai besoin de les surprendre. Il me faut donc les laisser penser que mon rôle se borne à éduquer l'humanité et le Sage, à leur faire comprendre que mon échappée vise à lui démontrer que le Mal, c'est lui qui le nourrit en premier en l'enfermant sur lui-même. S'il nous avait laissé le monde, nous y aurions trouvé notre place. Mais quand on a rien, que risque-t-on alors de perdre ?

Invisible, sois prêt à actionner les mécanismes, sur mon ordre, ou si jamais la Gardienne ose porter la main contre moi, physiquement ou à l'aide de ses pouvoirs.

Puis, je me dirige vers la jeune serveuse. Je l'attrape par le bras et, sans ménagement, la force à s'allonger sur le matelas que j'ai confectionné sur le dessus du gisant central. Sans même attendre, je la trousse, arrache les quelques vêtements de soie dont elle se protégeait. Elle essaie, une ultime fois de placer ses mains comme dernière sauvegarde contre moi.

Aurais-tu oublié les règles de notre jeu ?

Elle se mord les lèvres, adresse un dernier regard vers ses parents. Je sens les larmes qui envahissent son regard, avant qu'elle ne retire ses mains, livrant à ma lubricité un sexe dépourvu de toute pilosité. Ainsi, bien que vierge, elle était donc coquette à sa manière. Ce n'est pas pour me déplaire. J'éclate de rire, tandis que je la pénètre sans douceur aucune, d'une poussée rude, alors qu'elle est encore sèche. Je sens l'hymen céder tandis qu'elle ne parvient pas à retenir un cri de douleur. Mes mains se portent à son corsage que je déchire et je lui pétris avec force les seins, sortant légèrement mes griffes pour déchirer sa peau jeune et blanche. Elle crie encore tandis que le sang perle et que je la fouille désormais sans vergogne.

Mais pour autant, toute ma vigilance est tournée vers l'entrée. Je provoque la Gardienne. Elle ne saurait résister, mais saura-t-elle retenir ses coups ? Peu importe, le sang de la vierge qui englue mon sexe, autant que celui qui perle de ses seins sont autant de puissance pour mes sortilèges et j'invoque aisément une série de boucliers infernaux et entropiques, faits pour déformer les pouvoirs utilisés contre moi, transformant une boule de feu en bouquet de fleurs, ou des lances mortelles en dérisoires papillons...

Viens Gardienne, viens... Que nous nous rencontrions enfin et que mon message soit porté au Sage !

Maître, vous ne devriez pas la provoquer, couine Invisible en filant la queue basse dans un recoin du mausolée, les mains pourtant posées sur les déclencheurs des mécanismes pervers que mon esprit a imaginés.
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MessageSujet: Re: Uruz-Been   Sam 26 Fév - 23:58

5.

Un terrible cri de souffrance avant retenti de l’entrée. Un cri que Karayan avait perçu, comme la douleur qui l’accompagnait, bref accès d’empathie qu’elle ne cernait pas, mais ça lui suffit pour comprendre qu’elle ne pourrait pas indéfiniment attendre là. Sans plus attendre, ne supportant pas cette souffrance, Karayan se précipita, armée de son arc et flèche parée à transpercer.

Seulement elle ne pouvait s’attendre au spectacle qui l’attendait et qui la figea à l’entrée de cette caverne. Les relents infernaux avaient quelque peu ralenti sa course, mais les vestiges de ces corps démembrés, l’horreur, le sang et … la découverte de ces enfants dans ces cages, lui confirma ce dont son instinct l’avait prévenue…. Elle était tombée dans un piège.

Et puis elle le vit, l’infâme pourceau qui s’acharnait de ses coups de reins bestiaux sur une enfant. La colère mêlée de souffrance l’aveugla et la gardienne fondit sur le monstre, lui lacérant le dos, avant de se redresser pour lui lancer un coup de botte dans la mâchoire, reculant pour se mettre en garde, sa dague ayant déjà remplacé l’arc et les flèches.
Le visage de Karayan n’était plus que haine pour l’infâme, et c’est le souffle rauque de colère contenue qu’elle attendit la riposte, se posant en bouclier, entre la fille et lui. Mais elle savait, elle devinait qu’elle ne pourrait les sauver tous. Ils étaient trop nombreux et lui, lui devait avoir plus d’un tour dans son sac.


- J’aurais du te renvoyer en enfer quand j’en ai eu l’occasion, mais il n’est pas trop tard. Je suis là pour ça !
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MessageSujet: Re: Uruz-Been   Dim 27 Fév - 0:13

L'attaque avait été violente. Elle s'est même jouée de mes boucliers, comme si elle se moque bien de la puissante magie du sang que je manie pourtant encore très largement inconnue... Savait-elle ?

Enfin, peu importe. Maintenant se jouait une partie serrée.

Le sang coulant de ma lèvre éclatée et de mon nez, je les essuie d'un revers de manche. Avec la nonchalance de celui qui domine la partie, je me redresse, et range tranquillement mon instrument dans mon pantalon. Il est encore rouge du sang de la jeune fille et dur, car je n'ai pas eu le temps de finir. Dommage, car elle était bien étroite.


Ainsi donc, voilà la réponse du Sage... Une autre Gardienne... Comme si je n'en avais pas déjà vaincu une... Donc, tu projettes de me renvoyer en Enfer ? Ironique non ? Car l'Enfer, j'y suis déjà... Ne vois-tu pas que ce monde nous condamne avant même de nous donner une chance ? Ne vois-tu pas qu'à peine ma mère engrossée, violée par un Démon, moi, l'enfant innocent, j'étais marqué du sceau de l'infamie ? Quelle donneuse de leçon es-tu, toi qui sert en esclave aveugle un maître qui condamne de jeunes enfants pas encore née à être des Exilés, interdits des joies du Continent, interdits de vie normale.

Je bouge un peu, je me décale en fait. Je veux qu'elle s'inquiète de mon mouvement, que cela occupe une partie de ses réflexions, tandis qu'elle se demande ce que je vais faire.

Dis-moi, toi à qui on a tout donné, peux-tu m'expliquer, alors que tu t'apprêtes à me condamner, pourquoi l'ai-je était avant même de naître ? As-tu quelque argument que ton Seigneur et Maître sombre t'aurait enseigné pour dissimuler ses propres ignominies et son goût avide pour le pouvoir qu'il ne veut détenir que seul ? Alors ? As-tu une réponse, autre que de vouloir me tuer ? As-tu quelque intelligence que le suppôt de ce monde t'aurait laissé ? Ou vous préfère-t-il sans intelligence et sans conscience, pour qu'il soit plus simple d'exécuter ses sentences injustes ? Dont j'ai, je te le rappelle, étais la triste victime...
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MessageSujet: Re: Uruz-Been   Dim 27 Fév - 0:58

6.

Il ne riposta pas. Au lieu de quoi il lui servit un étrange discours, étrange oui parce que révélant quelques vérités qu’il pensait siennes, mais…. Le regard si bleu de Karayan sonda le sien, le prit au piège et cerna la vérité.

- Tu as déjà trompé Penthésilée, et pire encore… je ne nommerai pas les horreurs que tu lui as faites subir, et tu penses pouvoir me tromper moi aussi?

Et là sans lâcher son regard, elle dit encore.

- Je ne suis nullement donneuse de leçon et nullement au service du dragon, mais au service de la liberté et de la justice. Et surtout je sers le bien, en cela nous serons toujours ennemis car même si tu dis être né innocent, détrompe toi, tu étais déjà coupable dans le ventre de ta mère. Qui crois-tu endormir avec ces conneries ? Regarde toi, ….regarde ça…

Mais Karayan ne tourna la pas la tête, ne quittant pas l’infâme du regard.

- Rejeter tes fautes et ta culpabilité sur les autres ne te rend que plus responsable de ton propre destin. Mais n’as-tu donc rien appris chez les exilés ? Que fais-tu de la seconde chance ? As-tu si peu foi en toi que tu n’as même pas voulu tenter le coup ?

La gardienne éclata d’un rire sardonique puis le dévisagea.

- Tu vois moi aussi je sais faire de beaux discours.. mais oublie de jouer à la victime avec moi. Tu ne me tromperas pas. Je n’y crois pas une seule seconde à toutes ces niaiseries. Tu es mauvais, tu serais né mauvais même en plein cœur de Fantasia, c’est dans ton sang, c’est écrit dans ton histoire. Alors cesse de vouloir m’endormir avec ce beau discours moralisateur.

Et comme de toute façon le piège allait se refermer, elle choisit de ne pas tergiverser.

- A présent tu vas me dire ce que tu comptes faire de ces enfants, de ces personnes et s’il y a une chance de sauver leur vie, car c’est bien ce que tu attends de moi n’est-ce pas ? Tu vas vouloir jouer avec moi comme tu as joué avec Penthésilée. Las pour toi, elle ne sera plus jamais ton jouet, plus jamais. Je t’aurai au moins enlevé ça.

Puis en faisant un pas de recul…

- Et je t’enlèverai toute véleité de liberté. Je serai toujours derrière toi pour te rappeler que ton destin est celui d’un exilé. Alors que réserves-tu à ces pauvres gens innocents ? pour leur prouver combien tu es une malheureuse victime du Sage ?
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MessageSujet: Re: Uruz-Been   Dim 27 Fév - 9:50

La deuxième chance ? Mais regardes comment tu me juges sans même savoir ! Toi, la sainte justicière, as-tu vécu parmi les Exilés ? As-tu connu la société qu'ils ont été obligé de développer parce que le Sage les y condamne ? Allons, puisque tu montres que tu n'as pas peur de moi, pourquoi me contraindre à vivre enfermer dans une prison toute ma vie ? Hum ? Ah oui, j'oubliais, sans doute pour assurer le pouvoir du Sage... Parce que, s'il était si sûr de ses jugements, aurait-il besoin de nous enfermer ? S'il était si sûr d'avoir fait le bon choix, devrait-il condamner tous les jeunes nourrissons, aussi innocents qu'aux premières heures de la vie ?

Je me déplace, ouvre l'angle vers la sortie, mais en fait, je tourne autour de la jeune fille qui, toujours allongée, n'ose plus rien dire. Ne comprends rien sûrement.
Mais j'ai besoin de son sang.

Et bien je suis comme le Sage aujourd'hui. J'ai moi aussi enlevé des nourrissons à leurs parents, et je les ai exilés ici. Alors, dis-moi, épée de justice, pourquoi les sauver eux plus que ceux qui viennent de naître en ce jour sur les terres d'Okhôn ? Qu'est-ce que ces nourrissons ont de plus que ceux de là-bas ? Quel acte ont commis ceux là-bas pour être réprouvés dès leur naissance, au contraire de ceux-ci ? Ont-ils comme seul tort que leur matrice soit une Exilée ? Est-ce cela la justice ? Châtier les enfants des enfants des enfants des soit-disant criminels ? Qu'avais-je de moins qu'eux quand je suis né et que le Sage, comme ton épée, m'ont condamné non pas à une vie d'amour, mais à une vie d'Enfer en Orkhôn.

En me déplaçant encore, cette fois, je la force à regarder les taverniers.

En quoi, moi enfant, étais-je plus coupable qu'eux, qui n'ont pas hésiter à détrousser celui qu'ils pensaient être un pauvre fou ? Non content de me chasser, sans me laisser aucune chance, ils m'ont pris mes dernières ressources, sans vergogne. Sont-ils donc moins coupables que je ne l'étais quand je suis sorti du ventre de ma mère ?

Et maintenant je m'approche d'elle. Je ne quitte pas son regard, tandis que le mien reste éteint, sombre. Noir comme un puits sans fond sans doute, comme le Puits aux Âmes Condamnés de mon père, au coeur de la Tour Sombre d'où il règne en maître sur Orkhôn... Pour l'instant, avant que je ne lui ouvre les Portes du Continent.

Ai-je été plus coupable à vouloir charmer Penthésilée pour trouver le moyen de vivre ma liberté, que cette jeune fille à me faire don de son corps pour sauver la liberté de ses parents ? Où est la culpabilité et où est la conséquence des décisions injustes du Sage ? Toi qui est aussi prompt à dispenser jugement, justice et idées reçues, répond donc à ces questions ! Dis-moi en quoi, ici, ils méritent tous de vivre, alors que ton épée, tes sœurs, le Sage, ont condamnés tant d'autres comme eux à mourir en reclus sur une terre d'exil ?
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MessageSujet: Re: Uruz-Been   Dim 27 Fév - 10:26

Karayan ne le quittait pas des yeux mais ce qu’elle entendait dépassait tout ce qu’elle avait pu entendre jusque là. Elle comprit à quel point il s’était perdu et fourvoyé, mais elle sentit au-delà de ces confidences à la vision totalement faussée qu’il tentait de la manipuler. Il cachait d’autres desseins, cela se vit, cela pouvait se sentir. Et Karayan devint d’autant plus vigilante, prête à parer la moindre attaque.

- Injustes. Je dois dire que ton sens de la justice est surprenant. Tu t’apprêtes à faire quoi à cette fille à ces gens parce qu’ils t’ont volé quelques pièces ? Crois-tu que l’humanité soit parfaite ? Non…la preuve, tu es là, et au lieu de profiter de ta liberté, tu continues à accomplir le mal, tu me dis juge, mais c’est toi qui te poses en juge du Sage, et du bien. C’est toi qui te poses en juge pouvant décider de la vie ou de la mort de ces gens… Redescend de ton pied d’Estale, et regarde toi, tu n’es qu’un assassin, un meurtrier, et pour des gens comme toi, il n’ y a qu’une place en ce monde. Ce n’est pas le choix du Sage de te poser en exilé, c’est toi-même qui as choisi cette place et qui t’y lie avec un acharnement incroyable en continuant de massacrer de pauvres innocents, violer des jeunes filles, briser leur vie, briser leur cœur. C’est ton choix, c’est toi qui fais de toi un exilé et non le sage. Tu es le seul responsable de ce que tu es devenu, tu es le seul responsable de tes choix.

Oui, le discours du Sage avait porté au-delà de ses espérances. S’il l’avait entendu en cet instant, nul doute qu’il aurait été très fier, mais il aurait surtout tremblé de la voir se mettre autant en danger….

- Cessons de discuter. De toute façon, je sais que jamais je ne te ferai entendre raison et je n’espérais même pas y parvenir. Pour moi ta cause est perdue, donc je te le redemande… ais-je une chance de sauver ces gens ? ou alors, voudrais tu faire une fois dans ta vie un geste miséricordieux pour eux en les épargnant ?? Tu me dits que je te juge sans savoir, alors prouve-moi que je me suis trompée et épargne-les.

Karayan soutenait toujours le regard de l’infâme. Elle venait de le mettre au défi, même si elle en connaissait déjà la finalité, restait à savoir comment ils y viendraient et si elle saurait faire quelque chose pour ces gens….. Elle l’espérait de tout cœur.
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MessageSujet: Re: Uruz-Been   Dim 27 Fév - 11:04

Et voilà, une fois encore, tu n'as pas de réponse... Tu m'accuses moi, devenu adulte. Mais tu ne veux pas regarder ce qui m'a rendu ainsi. Tu n'as pas répondu à la question concernant la culpabilité des nourrissons. Parce que tu ne veux pas te poser la question.

A force de tourner, me revoilà aux côtés de la jeune serveuse. Je sens que la Gardienne se raidit et se prépare à un mauvais coup de ma part. J'ai besoin de quelques secondes. Je vais les avoir.

En refusant donc de t'interroger sur les arguments que je t'ai exposé, en me condamnant sans avoir, par principe, et bien, tu viens de faire exactement la même chose avec ces êtres. Tu viens de les condamner aveuglément... Je sais, il te sera facile de dire que c'est de ma faute, parce que tu ne voudras pas regarder le propre poids de tes responsabilités... Invisible !

Et le diablotin qu'elle n'a pas vu de puis le début, parce que son attention est fixée sur moi et parce qu'il est quand même invisible, abaisse les différents leviers. Aussitôt, on peut entendre les rouages mécaniques et les jeux de sable et d'eau résonner dans le sanctuaire que j'ai dressé en l'honneur de mon Père et des Exilés, pour infliger une première leçon au Sage. Dommage que ce soit une simple esclave qui soit venue et non lui en personne, mais il ne pourra longtemps m'éviter.

Petite règle du jeu, la Sainte Justicière qui sait tout. J'ignore quel système s'enclenchera en premier et qui doit mourir dans quel ordre. Mais globalement, tu ne devrais pas pouvoir tous les sauver. Maintenant, tu peux te jeter sur moi et préférer m'étriper. Mais là, ils mourront tous, c'est sûr.

Je vois à son regard que ce n'est pas l'envie qui lui en manque. Je la sens prête à quasiment me supplier de lui donner une information, mais elle se retient. Je pourrais dire, par fierté, que c'est parce qu'elle n'ose pas. Mais je sais dans le fond que c'est parce qu'elle sait que c'est vain. Désormais, c'est moi, ou les nourrissons ou les parents de la serveuse.

J'affiche donc mon plus joli sourire.

Alors Gardienne, vas-tu aussi les condamner ou essayer de rattraper le mal créé et entretenu par le despotisme du Sage ?
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MessageSujet: Re: Uruz-Been   Dim 27 Fév - 15:38

8.

Non seulement c’était un assassin, un meurtrier, et un démon vicieux, en plus il était fou, fou à lier. Karayan resta stoïque devant ces accusations infondées, devant ce discours d’aliéné. Il y croyait en plus à son charabia. Il croyait en plus à cette injustice. Et à présent il lui parlait de règle du jeu, de règle d’un jeu qu’il avait inventé. Il lui parlait de responsabilité…
Et Karayan se détourna un instant de lui pour regarder tous ces malheureux innocents. Choisir, il lui disait qu’il lui faudrait choisir. Alors elle le fit son choix. Ne comprenant pas qu’il en avait fait appel à l’intervention d’un diablotin invisible, croyant qu’il avait évoqué un sort de magie Sombre, Karayan s’éleva à deux mètres du sol, de quelques coups d’aile seulement.


- Je n’ai pas à m’interroger sur ce que je fais, je n’ai pas à me remettre en cause à cause d’un fou comme toi, tout ça parce que tu n’es qu’un assassin. Je sais où je vais et ce que je fais, je sais que je le fais bien, ce qui n’est pas ton cas. Je sais ce qui est bien et ce qui ne l’est pas, contrairement à toi qui t’es perdu en chemin. Il me faudra donc te ramener chez toi, par un moyen ou un autre, puisqu’il n’y a rien à faire pour te raisonner. Mais ça je le savais.

Puis sur un ton plus bas, elle ajouta :

- Peut-être qu’il y a eu un jour l’espoir pour que tu choisisses la bonne voie, mais ce jour est désormais loin derrière toi, tu as gâché toutes tes chances, comme tu as supprimé la vie de ces êtres, comme tu continueras sans doute de le faire quoique je te dise. Tu es mauvais, Mhyédabur, et tu le seras toujours. N’en rejette pas la faute sur les autres et surtout, ne me mêle pas à tes perversités à tes délires meurtriers. Tu seras le seul responsable de la mort de ces êtres, si tu fais le choix de les faire mourir. Jamais, tu m’entends ? Jamais je ne choisirai de faire mourir des innocents.

Et Karayan quitta les sous terrains non sans hurler qu’elle le retrouverait où qu’il aille, se murant dans une armure glaciale, rejetant à chaque coup d’aile qui l’éloignait de cet endroit la responsabilité qu’il avait tenté de lui faire porter. Elle ne serait jamais une meurtrière comme lui, jouet de ses travers, jamais !
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MessageSujet: Re: Uruz-Been   Dim 27 Fév - 16:11

Le temps qu'elle disparaisse, je lui hurle :

Tu voulais savoir ce que je fais là ? Je fais exactement ce que je viens de faire : je vais vous démontrer à tous où mènent les décisions unilatérales que vous avez prises au nom du bien. Je vais démontrer au monde ce que devient un enfant qui aurait dû avoir sa chance et a été condamné avant sa naissance ! Je vais démontrer ce que le Sage a produit dans sa méchanceté et sa mesquinerie !

C'était si simple ?

Je l'avais vaincu par le pouvoir des mots. Elle avait préféré la fuite à affronter la vérité... Décidément, Père avait raison quand il me parlait des Gardiennes et de leurs théories auxquelles elle s'accrochaient. Qu'on leur égratigne ou chamboule un peu celles-ci et elles perdaient contenance.

J'avais abattu Penthésilée en jouant de ce sentiment futile qu'on appelle l'amour.

J'ai vaincu Karayan avec la logique implacable que m'a apprise mon Père - enfin surtout le précepteur qu'il m'avait choisi.

Surtout, je pense qu'elle rapportera mes propos au Sage. Qu'il croit donc que je suis là pour les raisons que j'énonce. Il n'en sera que plus aveugle à mon vrai but. Et maintenant, il est temps de tirer le rideau avant qu'elle ne change d'avis. De toute façon, dans peu de temps, les mécanismes activés par Invisible vont mener la ziggourat à sa ruine et tuer tous les otages. Il ne faudrait pas que je sois parmi eux à ce moment-là.



Mais à voir la jeune fille se tortillant sur le gisant, cherchant désespérément des yeux la créature ailée dont elle avait pensé qu'elle les sauverait, je sentis une onde de chaleur m'envahir de nouveau. Oui, je dois pouvoir le faire. C'est un peu court en timing, mais je suis tellement excité par ma victoire et par la perspective de lui fouiller désormais l'arrière, que je devrais finir avant la destruction de la structure.


Invisible, joins-toi à moi !

Il sait ce que cela signifie le bougre et il se précipite, non sans mesurer le risque.

Mais Maître, tout peut s'effondrer d'un instant à l'autre.

Je lui retourne le sourire de la victoire tandis que mes yeux s'éclairent de rouge. Sans répondre, je sorts mon instrument, lève les jambes de la péronnelle et l'introduit par les chemins détournés qui la font hurler de douleur et pleurer. Cette fois, elle se débat : elle sent que le jeu est terminé. Elle supplie l'ange de revenir.

Et elle hurle encore quand Invisible se jette sur son ventre et se met à lui déchirer les petits seins ronds, avalant aussi vite qu'il le peu la chair qu'il affectionne tant, se gardant, cerise sur le gâteau, les tétons pour la fin.

Déjà des volutes de poussière signalent la fin proche de la construction. Je lui prends alors la tête et la force à me regarder.

Quand tu te présenteras devant ton Dieu, n'oublie pas de lui dire que celui qui t'a fait cela s'appelle Mhyédabur, fils du Seigneur Sombre, Passeur de la Porte de Thémis, pourfendeur et vainqueur des Gardiennes, Némésis du Sage. Dis comment les esclaves du perfide t'ont abandonnée à ton sort, alors que moi, je t'avais proposé une issue. Maintenant, tout est trop tard, tout est perdu. Cela par la faut de ceux qui prétendent faire le bien. N'oublie pas de les maudire autant que tu le pourras.

Je me redresse et jette un regard vers les misérables abandonnés de leurs Dieux et du maître de Liberty.

Et vous tous qui allaient maintenant mourir, parce que vous avez été autant abandonnés que nous le sommes en Orkhôn, n'oubliez pas que je ne suis que l'instrument qui vous apporte la mort. Celui qui vous a condamné est celui qui dirige la créature qui vous a laissé à moi ! N'oubliez pas qui est cause de votre malheur comme du notre !

Puis, je sors mes griffes et quand l'onde de plaisir déchire mes reins et que je me répands en elle, je plante de façon synchronisée mes ongles dans le cou de la donzelle, lui arrachant les spasmes qui me font exploser et qu'elle ne m'aurait jamais donnés.

Quand le sang enduit mes mains, il ne me reste plus qu'à achever de prononcer les paroles du sortilège Corridor du Sang. Invisible esquive une grimace. Il connaît les risques. Mais je ne les crains pas.


Je disparais, tandis que sept pieux d'acier jaillissent et transpercent le premier nourrisson qui sera donc le deuxième à mourir en ce lieu...
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Le Sage
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MessageSujet: Re: Uruz-Been   Dim 27 Fév - 18:05

Aussitôt quitté ce lieu malsain, Karayan appela le Sage. Il restait un espoir. Et le dragon entendit son appel despéré, l’urgence, crut qu’il s’agissait d’elle et intervint aussitôt à quelques lieues à peine de la Ziggourat. Il trouva une gardienne impassible, mais il sut lire à travers l’armure toute la détresse d’un choix qu’elle venait de faire.
Et Karayan lui fit une requête, simple …. Urgente, le priant d’intervenir le plus vite possible. Ensuite elle lui raconterait… quand il les aurait sauvé.

Le sol tremblait sous eux quand le dragon eut entendu sa demande. Alors il s’envola et plongea avec tant de force que le sol se perfora sous la puissance du choc. Le Sage avait écouté les battements de cœur des enfants et des deux adultes pour se diriger droit sur eux, et les arracha à leur sort avant que ne se déclenchent les derniers soubresauts de l’odieux mécanisme. Puis il les protégea sous ses ailes tandis qu’autour et au dessus d’eux, tout s’effondrait. Quand tout ne fut plus que poussière, il se débattit pour surgir à l’air libre, non sans ramener dans ses griffes les cages qui contenaient toutes les victimes de Mhyédabur, toutes y compris les restes de la jeune fille et du premier nourrisson, qu’il déposa devant les cages désormais brisées.


- Faites leur des funérailles, et rendez les autres à leur parent.
Dit-il aux parents de la jeune fille.

Puis se tournant vers Karayan qui s’était aussitôt précipitée pour libérer les bambins des cages.

- Viens …nous avons à parler.

Ils s’éloignèrent de ceux qui désormais pouvaient à nouveau espérer, et le Sage attendit que Karayan se tournât vers lui pour lui parler.

- L’affrontement ne fut pas facile n’est-ce pas ?
- Il n’y a pas eu d’affrontement.
- En es-tu certaine ? Sous-estimerais-tu le pouvoir de cet homme ?
- Ce n’est pas un homme, mais un monstre. Avez-vous vu ce qu’il a fait à ces gens ? C’est un monstre, un démon, un assassin.
- Je sais tout cela et sache que tu ne pourras pas toujours éviter le pire. C’était écrit qu’eux mourraient aujourd’hui, mais tu as voulu que les choses soient différentes et pour toi, j’ai accédé à ta demande. Mais tu ne pourras pas toujours tous les sauver.
- Vous me tenez le même discours que cet infâme.
- Que t’a-t-il dit ?

Alors Karayan lui raconta tout ce qu’elle avait entendu, aussi insensé cela lui avait paru.

- Tu es donc certaine qu’il n’aurait jamais pu être différent, ou meilleur que ce qu’il est devenu ?

La gardienne acquiesça.

- Et bien pas moi. Il avait raison sur ce point. Les enfants n’ont pas à subir les erreurs de leur parent mais…… si je leur enlevais la seule raison que ces parents ont de devenir meilleur, alors oui Orkhôn serait l’enfer sur terre. Les enfants sont l’espoir, sans enfants, l’humanité est vouée à sombrer. Sans enfants, Orkhôn disparaitrait… Les exilés doivent comprendre qu’ils sont leur chance qu’ils sont leur espoir, pour une vie meilleure. Rien n’est jamais définitif en ce monde, tous peuvent aspirer à une vie meilleure, et oui… les enfants d’exilés paient pour leurs erreur, c’est le prix à payer pour garder l’équilibre. Mais comme tu l’as déjà compris, Mhyédabur a pris le mauvais chemin, incapable de comprendre la véritable justice, il applique la sienne propre.

Il souffla bruyamment puis d’un air navré inclina la tête de côté pour regarder la gardienne.

- Tu as fait le bon choix Karayan…. Ne te laisse pas prendre à ses jeux. Tu ne pouvais pas faire mieux de toute façon. Veux-tu continuer de le surveiller ? Ou si tu préfères et je le comprendrai, je peux faire appel à quelqu’un d’autre.

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Un click sur la bannière et tu en sauras un peu plus à mon sujet.
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MessageSujet: Re: Uruz-Been   Mer 2 Mar - 10:25

9.

Oui bien sûr qu’elle ne lâchait pas l’affaire qu’elle ne lâcherait pas Mhyédabur d’un pouce qu’elle continuerait à le poursuivre, nuit et jour s’il le fallait, jusqu’à ce qu’elle parvienne enfin à savoir ce qu’il tramait et après…. Le Sage trouverait une punition à la hauteur du personnage, et Karayan serait là pour assister à son jugement. Elle y comptait bien.

- Je n’abandonnerai pas, pas avant de l’avoir vu jugé pour ses crimes.

Elle vit le Sage soupirer, et baisser les yeux.

- Je tâcherai aussi d’éviter qu’il ne massacre d’autres personnes. Mais au vu de ce qui s’est passé aujourd’hui, je réalise que ça ne sera pas facile. Je n’arrive pas à anticiper ses mouvements, je crains que la prochaine fois, je me retrouve encore confrontée à ce genre d’horreur…. Tous ces gens qu’il a tués. Je sais que vous m’avez dit que je ne pourrai pas toujours sauver tout le monde. Mais il doit bien y avoir un moyen pour l’empêcher de faire trop de mal? Je n’ai pas votre puissance, grand Sage, je suis une excellente guerrière certes, mais je ne connais pas de magie.
- Tu possèdes pourtant le pouvoir de vérité, tu es protégée contre sa magie grâce à cet anneau, j’ai partagé un peu de mon pouvoir pour t’aider à le retrouver, mais pour le reste, je ne peux rien faire Karayan. C’est à toi de trouver comment anticiper ses actions.

Karayan redressa les épaules, elle avait compris.

- Bien dans ce cas, je n’ai plus de temps à perdre. Je vais tâcher de le retrouver au plus vite pour éviter qu’il ne recommence ce qu’il a fait ici. Il me faudra ensuite comme vous dites, trouver le moyen de l’empêcher de nuire aux autres, si j’arrive à temps. Je comprends donc que tous les moyens sont bons ?
- Du moment que tu en apprends plus au sujet de ses intentions, si ce n’est qu’il souhaite ….rendre sa propre justice. Je te laisse écouter tes impressions et me faire part de la suite.

La gardienne hocha la tête et s’envola aussitôt. Elle n’avait guère pris de repos ces derniers temps, mais elle ne voulait pas lui laisser trop d’avance sur cette histoire. Il avait un avantage de taille sur elle, il utilisait des sorts de magie pour se déplacer. A présent, comment savoir vers quel royaume il s’était dirigé ?


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Ades
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MessageSujet: Re: Uruz-Been   Lun 21 Mar - 10:50

Des nouvelles de Urus-Been étaient parvenues au palais et une garde noire était sur le chemin avec le Griffon dans son ciel. Ades avait donné ses ordre par l'esprit de l'eau comme à son habitude etb il ne tardera pas à rentrer.

Pas question de laisser des meurtres impunis même dans ce lieu d'exile qu'est Uruz-Been.

La garde noire était entrainée contre le mal car tous étaient des survivants de "La Grande Guerre" et en avaient été affectés dans leure âme et physiquement ...
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MessageSujet: Re: Uruz-Been   Mer 23 Mar - 12:53

Arrivée sur place la garde noire ne put que constater le massacre et son impuissance. Ils ne purent qu'aider aux funérailles et à la condamnation des lieux.

La partie ancienne et maléfique du cimetière fut rituellement interdite à tout êtres vivants ou non.

Des gardes furent envoyés de la capitale pour monter un poste de garde dans le port. La cité était déjà le repaire de tout les rebus de Summéria mais si en plus un être maléfique pouvait pénétrer sur le continent en passant par ce port alors d'autres risquaient de suivre.

Ades allait devoir prendre de nouvelles mesures pour empecher que de telles choses se reproduisent !
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MessageSujet: Re: Uruz-Been   

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