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 Hôtel Allighieri (rive droite)

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Mhyédabur
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MessageSujet: Hôtel Allighieri (rive droite)   Sam 5 Mar - 10:57

J'ai forcément tranché la question pour la rive droite. Mon statut, mon rang, ne me permet même pas d'envisager la rive gauche. Certes, plus sombre, plus glauque, sans doute m'aurait-elle permis de passer en discrétion absolue.

Mais je ne suis pas un être qui se cache. Le fils du Seigneur Sombre ne se cache pas. Enfin, pas parmi les cafards.



Invisible remplit son ouvrage et veille à ce que j'échappe à la milice. Il est certain qu'une silhouette dans la nuit transportant ce qui pourrait être un cadavre sur son épaule, ce n'est pas commun. Me souvenant des leçons apprises sur ce pays et sur cette ville, je trouve assez ironique de voir que la ville des Voleurs se soit officiellement doté d'une forme d'autorité ayant charge de faire respecter la Loi. Encore une des absurdités du Continent qui, bien évidemment, n'a rien de choquant pour le Sage. Non, seuls les Exilés sont choquants pour lui : les dysfonctionnements des pays ne le sont pas. Quelle profonde injustice et je suis fier d'œuvrer pour y mettre fin. Mais pour être efficace, il me faut détourner l'attention du Sage et de ses esclaves femelles. Et pour cela, il me faut d'abord un lieu d'où opérer, un nouveau piège pour la Gardienne.


La chance me sourit finalement. Je trouve ce que je cherchais : un hôtel à l'abandon, pas encore en ruine, aux entrées barrées par des planches de bois. C'est curieux en effet : il n'est pas en mauvais état, ne menace pas de tomber en ruines, et, surtout, surtout, je me sens irrésistiblement attiré en ce lieu. Oui, quelques effluves du Mal perdurent ici.

Il me faut réfléchir... J'ai besoin d'un peu de force encore, pour user d'un minimum de Magie Sombre ici, mais il me faut perdre cependant mes pouvoirs, peu à peu. J'ai besoin de m'éteindre, pour échapper à la vigilance de ceux qui me poursuivent. Cela, je l'ai compris à Uruz-Been : ce qui attire à moi les engeances maudites du Sage, c'est mon pouvoir unique qui rayonne sur le Continent. La Magie Sombre possède son aura bien particulière. Mon esclandre à l'auberge n'avait pour but que d'attirer la Gardienne à moi. Maintenant, il s'agit qu'elle sache que je suis là, mais qu'elle ignore où. Je lui révélerai cela au seul bon moment, qui est celui que je choisirais. Mon approche sera différente de celle d'Uruz-Been : pas question de donner plus de force au Mal pour accroître mes pouvoirs, comme je l'avais fait au Mausolée.

Aussi, s'implanter dans un lieu où se trouvent des relents de Mal, est-ce une bonne idée ? Mais plusieurs raisons m'y poussent cependant. Tout d'abord, il n'est pas certain que je puisse facilement trouver un autre lieu. Ensuite, je serai surpris, dans cette ville, que ce soit le seul lieu d'où émane du Mal. Enfin, je ne résiste pas à cette odeur : je ressens une attirance particulière, quelque chose de singulier qui m'intrigue. Il y a là, je le sens, un secret sombre que j'aimerai percer.

Je me décide donc et, Invisible surveillant les environs, je prends un rubis et invoque de nouveau le pouvoir Sombre. Le rubis que j'utilise brille quelques instants, sa lueur rouge sang dévorant le bois, puis, il se place au milieu de l'ouverture ainsi pratiquée et tisse une toile d'illusion reproduisant les planches qu'il a dévoré, mais aussi une toile mortelle. Du moins, quiconque tentera de pénétrer par cette ouverture se verra subir le même sort que les sbires de la taverne.

Puis, j'investis les lieux. L'absence de lumière ne me perturbe pas car mes yeux tirent de mon origine démoniaque la capacité appréciable de voir dans la noirceur la plus totale. Cependant, je ne distingue que des formes, certes précises, mais grises, et je ne peux distinguer les détails. Je pourrais faire de la lumière, mais je préfère attendre le jour demain pour étudier les détails mon nouveau lieu de vie.

Je pose la serveuse au sol.

Invisible ! Veilles sur elle !

Puis, j'explore les lieux, autant pour en connaître la topographie que pour y trouver un lieu où enfermer la jeune femme. Mon instinct me dit que ce Palais plus interdit qu'abandonné doit posséder ce que je cherche.

Et je ne me trompe pas. Dans ses souterrains, je découvre une série d'alvéoles fermées par de lourdes portes, suffisamment profondes et fermées à tout accès de l'extérieur pour que je ne m'inquiète pas des cris que pourraient pousser ma victime - et les suivantes. Bien, très bien. Excellent même. Cette maison a déjà connu certaines horreurs ici, je le sens. Mes futures victimes, inconsciemment, le sentiront et cela développera chez eux une véritable terreur qui sera délicieuse à ressentir, même si je ne pourrais pas en profiter. Enfin, pas tout de suite. Je dois peu à peu m'éteindre... Redevenir invisible à mon tour.

Une fois la serveuse de la taverne déposée dans son ultime demeure, je peux enfin visiter les étages, me laisser gagner par l'ambiance des lieux qui est comme un apaisement pour mon âme, comme le doux rappel des parfums d'Orkhôn. Oh, subtilement différent : seul quelqu'un comme moi, ayant goûté à tous les plaisirs de la terre des Exilés, peut sentir cette différence. Oui, le lieu m'intrigue beaucoup. Vraiment beaucoup. Et ce d'autant plus que tous les meubles sont encore là, plutôt en bon état, même si la poussière accumulée montre que cela fait plusieurs générations humaines qu'ils sont abandonnés ici. Ils auraient dû tomber en miettes, ou être minés par la vermine. Mais il n'en est rien. A croire que même la vermine se refuse à venir ici.

C'est vraiment très intrigant. Très intrigant.


Finalement, je jette mon dévolu sur ce que je devine avoir été la chambre du maître des lieux et je trouve un lit déjà fait, comme s'il attendait depuis des dizaines d'années (des centaines ?) que quelqu'un vienne s'y allonger.

Ôtant mes bottes, j'ouvre les épaisses couvertures qui le garnissent et découvre des draps de soie frais, comme s'ils venaient d'être posés le matin même. J'ote le reste de mes vêtements, ne gardant que mon long caleçon et un maillot de corps et je m'allonge, rabattant avec plaisir les couvertures.

Invisible, nous ne risquons rien cette nuit. Tu peux te reposer.


Mais Maître, je suis un Diablotin. Je n'ai pas besoin de repos !


Oui, j'avais oublié ce détail.

Bien, alors furettes un peu dans ce lieu et j'attends ton rapport demain au réveil. Ne m'importune que si tu découvres quelque chose pouvant nous menacer.



Et je m'endors du sommeil du juste, ce que je suis après tout. Je suis le Juste qui marche sur le Continent et fais connaître la Justice d'Orkhôn à ceux qui sont bien contents que le Sage nous aient condamnés injustement. Finalement, le leurre que je mets en place pour la Gardienne et le Sage, finit par me plaire.

Et tandis que je sombre dans un sommeil apaisé, je me sens en sécurité dans cet hôtel, sentiment que je n'avais guère connu.

Juste avant de m'endormir, je me dis que la serveuse devrait connaître une toute autre nuit.

J'en souris.
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Mhyédabur
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MessageSujet: Re: Hôtel Allighieri (rive droite)   Mar 22 Mar - 20:47

Invisible hésite. Son maître n'est pas facile et le réveiller pourrait lui attirer des déboires. Mais en même temps, il n'aime guère ce qu'il a découvert en bas. Si l'idée du maître est de passer inaperçu... Oui, en même temps, c'est sans doute ce qui, inconsciemment, l'a conduit ici.

Le petite diablotin soupira, si tant est qu'un Démon soupire. De fait, sa vie était lié à celle de ce gringalet qui se la pétait fils du Seigneur Sombre. S'il vivait, il avait une chance de pouvoir retourner aux Enfers, voire d'y gagner quelques rangs et de nouveaux pouvoirs. Mais si ce fât mourrait, lui-même serait renvoyé et sûrement sanctionné, pour devenir un lémure, une masse gélatineuse de chairs et autres détritus, privé de toute intelligence. Il savait être apparu lémure et il avait tout fait pour devenir ce qu'il était. Hors de question de remettre en question ses efforts.

Donc, il fallait réveiller le Maître.

Ce qu'il fit.



Et effectivement, si quelque chose m'agace, c'est qu'on me réveille. Ma première tentation est de lui infliger dix bonnes minutes de souffrance pour avoir osé, mais je me reprends. Il ne me reste plus beaucoup de puissance et je dois la garder pour une situation d'urgence.

Parles !


Maître, je suis vraiment désolé, mais vous m'avez dit de vous réveiller si... Si je trouvais quelque chose pouvant vous menacer. Alors, ce n'est pas méchant comme ça, mais je crois avoir découvert pourquoi cette maison est abandonnée et vous a attiré. Comme le mausolée, Maître. Le Mal dort ici et vous savez que cela peut aider la Gardienne à vous trouver. Voilà ce qui vous menace, Maître.

Qu'as-tu trouvé, infâme vermisseaux des Enfers !

Suivez-moi, Maître. Cela ne s'explique pas. Cela se voit et se sent.

Il m'intrigue. Je dois reconnaître qu'il attise ma curiosité. Je lui ordonne donc de me précéder et nous voilà qui traversons ce manoir poussiéreux, pourtant abandonné comme s'il l'avait été en très peu de temps. Pas de draps blancs sur les meubles. Une disposition des objets tendant à montrer qu'ils étaient fonctionnels, qu'ils venaient d'être utilisés ou allaient l'être. Oui, l'impression que ce qui avait mis fin à la vie en ce lieu l'avait fait très rapidement.

Nous quittons le premier étage et parcourons le rez-de-chaussée. Alors que je me lasse de cette promenade nocturne, Invisible me guide soudainement derrière une épaisse tenture, qui donne sur un passage qui descend. C'est un passage secret, mais la porte, qui devait être en pierre, est comme fondue. Ou liquéfiée.

Qu'importe ce que ce fut, quelque chose avait eu la puissance pour forcer, à sa manière, ce passage.

J'emprunte derrière Invisible l'escalier étroit qui descend en colimaçon.

Nous arrivons alors dans des souterrains. Immédiatement, je perçois ici la douleur, la souffrance et.. curieusement, quelque chose d'autre. Oui, du plaisir, c'est cela. Un plaisir teinté de douleur et de souffrance. Une perversion de l'amour. Cela me plaît et échauffe mon sang.

Je ne vais peut-être pas attendre et dissoudre ce plaisir qui m'envahit dans la jeune servante. Oui, là, tout de suite, j'en ai envie.

Je suis Invisible, la bouche sèche, et l'envie qui m'étreint le corps, quand il me désigne un pan de mur, puis, jouant de ses maigres pouvoirs, fait apparaître deux flammèches au bout de ses mains.

Tu sais que je vois la nuit, à quoi joues-tu ?


Maître. Cela, vous ne pourrez le voir.

Et il éclaire un portrait.



Que je fixe, incrédule.


Lui ?

Spoiler:
 
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Mhyédabur
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MessageSujet: Re: Hôtel Allighieri (rive droite)   Jeu 24 Mar - 12:26

J'approche ma main avec un certain respect. Je caresse la pierre froide, suivant les courbes de ce vieux dessin.

Le Maître.

Celui qui avait conçu la plupart des puissants sortilèges d'invocation des Démons que j'utilisais. Enfin, non, il ne les avait pas conçu. Mon père les avait conçu, mais cela avait été rendu possible parce que cet homme, le Divin Allighieri, avait su trouvé et ouvrir la porte des Enfers, celle que nous cachaient les Démons, de peur que nous ne puissions nous rendre maîtres de leur domaine.

Je me souviens encore de la phrase que tous, nous apprenons et ressassons pendant nos expériences d'invocation démoniaques.

Nel mezzo del cammin di nostra vita

mi ritrovai per una selva oscura,
ché la diritta via era smarrita.


Une forêt perdue. Comme l'était le chemin. Ce que nous rêvions tous un jour de découvrir, mais nous savions que cela ne se trouvait pas en Orkhôn.


Je dois fouiller cette demeure. S'il a vécu ici, sans doute que s'y trouve des écrits, des traces, quelque chose qui pourrait me mettre sur la voie.

Retourne garder l'accès, Invisible. Je dois me concentrer pour fouiller cette demeure !

Tandis qu'il file vers le rez-de-chaussée, je réfléchis. En utilisant mon pouvoir, je pourrais gagner du temps, mais s'il n'y a rien, gagner du temps ne servira qu'à finir par épuiser ma ressource. Certes, c'est ce que je veux, mais pas tant que je ne suis pas certain d'être tranquille ici.

Finalement, non, je préfère réserver ma puissance et mes dernières ressources pour la petite surprise que je réserve à la Gardienne. Si elle n'est pas déjà là avec l'affaire des souterrains et de l'auberge, elle ne tardera plus. Le temps m'est certes compté, mais je vais le passer à chercher. J'aurais tout le temps de dormir plus tard.

Et puis dans le fond, si quelque chose est resté ici, je dois le trouver seul. Sinon, cela n'aurait aucune valeur.

Je suis Mhyédabur, le fils du Seigneur Sombre, l'Exilé qui a vaincu les Gardiennes de Thémis, l'Exilé qui a passé les Portes, l'Exilé qui marche sur le Continent.

Ce n'est pas un manoir en ruines qui va mettre en défaut ma vigilance.
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Mhyédabur
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MessageSujet: Re: Hôtel Allighieri (rive droite)   Ven 25 Mar - 20:29

Il m'aura fallu quatre heures intenses de recherches systématiques pour finir par trouver ce réduit, isolé dans le local où sont encore conservées de belles amphores de vins. Ainsi donc, le Maître, celui qui avait ouvert la voie au Démonisme, était un amateur éclairé. Je crois que demain, je profiterais d'un peu de ces amphores, surtout les petites que mon candélabre et ses bougies illuminent. Oui, c'est ce que je pensais : les noms chantent devant mes yeux. De très grands vins. Dire que je me souciais de savoir comment je pourrais renouveler mes richesses en véritable or.

Je crois que je viens de trouver.


Mais ce n'est pas ce la qui m'a mené ici. Non, c'est mon instinct. Quelque chose qui a fait vibré mon âme et m'a peu à peu attiré ici. Je ressens en moi le mal qui dort là. Quelque chose de terrifiant est arrivé ici et la pierre s'en souvient encore. D'ici à dire que le vin en gardera la marque... Je verrais plus tard.

Finalement, j'arrive au fond de cette longue cave légèrement humide. Un amas de briques épaisses dans un coin, un seau, quelques pelles et un tas de sable me laissent deviner ce qui a bien pu se passer. Je lève le candélabre et distingue le mur construit à la va-vite. Ainsi donc, quelqu'un a été emmuré ici et tout mon être me dit que ce fut vivant qu'il connut cela.

Ma main tremble légèrement. Serait-il possible que ce soit le Maître de la Porte ?

Et puis une vague de colère, car je devine que si c'est lui, seul le Sage a pu oser faire cela, pour le faire taire à jamais, pour qu'il disparaisse avec son secret derrière ces mauvaises briques. La colère est remplacée par la haine, la haine de ce despote qui punit à la manière d'Orkhôn quiconque ne pense pas comme lui, quiconque ouvre les yeux sur les vérités de ce monde.

J'empoigne une pelle et je tape jusqu'à en briser le manche et la tête contre le mur. Je regarde plus attentivement, et je vois que les briques ont bougé. Ainsi c'est donc cela. La haine qui me nourrit est la force dont j'ai besoin. J'attrape une nouvelle pelle et je recommence. Quand j'ai épuisé tout ce qu'il y avait là, je gagne le rez-de-chaussée, récupère dans les cheminées les tisons et autres barres de fer forgé. Et je recommence, recommence et recommence, jusqu'à ce qu'enfin, apparaisse un trou.

Alors, n'écoutant ni ma fatigue, ni la douleur dans mon dos, ni les blessures dans mes mains, je continue de frapper. Bien sûr, j'aurai pu user de magie, mais je veux la garder. Je sens que la Gardienne ne tardera plus et ce mal que je ressens, qui m'alimente, ne peut malheureusement que rallumer ma flamme, même si légèrement. En tout cas, suffisemment pour que, passer à quelques centaines de mètres du lieu l'attire ici.

Alors je tape. Je tape et je martèle. Je tape, je tire et j'arrache même certaines briques de mes mains, méprisant les coupures, la peau arrachée.

Et je suis récompensé.


Quand enfin je fais tomber le dernier pan de ce mur de la Honte, je peux contempler un squelette se tenant sur un fauteuil que ses fluides ont corrompu après sa mort. Deux amphores sont là, mais il n'y a pas touché. Ainsi donc, le Sage, non content de l'enfermer vivant pour le punir d'un crime qu'il n' jamais commis, s'est ensuite moqué de lui en lui laissant pour sa seule survie deux amphores de vin.

Cela, je m'en souviendrais quand il m'appartiendra d'enfermer et d'emmurer à mon tour le Despote Bleu.


Je m'approche et alors mon regard est attiré par la petite table où se trouve un ouvrage. Trois épais ouvrages.

Tremblant, craignant que le temps ait pu l'abîmer, craignant que ce ne soit pas ce que je cherche, je m'approche. J'enlève avec respect la main squelettique qui semble continuer de marquer sa propriété. Je recule alors. La marque de la main du Maître a imprégné le cuir épais quand elle a pourri ici. Si... Si c'est ce que je pense, si la main du Maître en marque la couverture, alors je viens de trouver un trésor.


Je m'agenouille, presque cérémonieusement, et j'ouvre l'ouvrage un peu au hasard. Mes yeux fixent les fins tracés manuscrits. Tandis que je lis quelques vers, que je les murmure dans le silence glacial, je comprends que je viens de découvrir l'authentique manuscrit du Maître.

Per me si va nella città dolente,
per me si va ne l'etterno dolore,
per me si va tra la perduta gente.


Giustizia mosse il mio alto fattore :
fecemi la divina podestate,
la somma sapïenza e 'l primo amore.


Dinanzi a me non fuor cose create
se
non etterne, e io etterno duro.
Lasciate ogne speranza, voi ch'intrate.
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MessageSujet: Re: Hôtel Allighieri (rive droite)   Dim 27 Mar - 19:23

Je repose le livre épais... Le Maître... Celui qui a, le premier, décrit le chemin menant à la porte des Enfers, et leur organisation sans faille. Neuf cercles concentriques qui s'enfoncent jusqu'à gagner le centre de la terre, et la magnifique cité de Dité, où règne le Mal, celui qui fut enfermé là pour des raisons encore plus futiles et vaines sans doute que celles qui nous consignent, nous, les Exilés, en terre d'Orkhôn.

Beaucoup pensent que le Seigneur Sombre est le Maître du Mal, mais moi, je sais qu'il n'est qu'un disciple. Sous la terre, en Dité, dort le Mal, lové dans ses anneaux, gardant dit-on l'œuf qu'il aurait dérobé au Sage pour l'empêcher de se reproduire... Oui, le Mal garde le seul œuf d'un Dragon femelle. Mon père m'a laissé entendre que tous les maux auxquels sont soumis les Exilés tiennent en cela : dans le fait que le Sage chercher à faire souffrir ceux qui servent le Dragon du Mal, pour échanger nos libertés contre cet œuf. Raisonnement stupide : à l'évidence, nous préférons gronder, préparer notre révolte, qu'être les jouets d'un chantage entre le Dragon et le Despote Bleu.

Cependant, même si nous connaissons les plus anciennes légendes, mon père m'a dit n'avoir jamais trouvé le chemin qui menait au Grand Ver. Seul un homme, un Exilé avant l'heure, avait réussi l'exploit de découvrir le passage, de l'emprunter et de parler avec notre Maître à tous. Un seul homme. Et de ce voyage, il a fait un récit, dont seuls quelques morceaux nous étaient enseignés, car tous savent en Orkhôn que le Sage s'est attaché à en détruire le moindre exemplaire. Pour autant, je pense qu'il cherche aussi ce que moi, Mhyédabur, fils du Seigneur Sombre, vient de trouver avant lui : l'original de l'Inferno de l'Exilé qui s'appelait Allighieri.


Pour autant, je referme le livre. Je savoure cet instant, certes, mais me hâte finalement de déposer le précieux ouvrage derrière moi. Car, apparemment, il n'était que le premier de deux autres livres... Pourtant, mon précepteur ne m'a jamais parlé que d'un seul ouvrage...

Je vérifie le premier et découvre ce que cette scène ne faisait que me révéler. Sous le titre, je vois écrit cantica I. La main tremblante, je prends le second tome, mais pour m'apercevoir que la surface en est griffé, au point de ne plus en permettre la moindre lecture. Des griffes épaisses... comme celles d'un Dragon. Quand j'ouvre l'ouvrage, des miettes de papier tombent au sol. Je regarde, incertain, la crainte en mon cœur. Je ne peux que constater l'évidence : on a détruit ce livre. Je prends le suivant, mais ne me fait guère d'espoir quand je vois que, là aussi, l'épaisse couverture de cuir est détruire, tout autant que le papier qui portait les textes intérieurs.

De rage, je jette le livre irrémédiablement inaccessible contre le mur.

-Sois Maudit, Sage, pour avoir voulu enfouir la connaissance et avoir emmuré le seul Exilé qui pouvait te faire de l'ombre avant mon Père ! Je jure sur Orkhôn et sur le Grand Ver que je te ferai subir sort plus terrible encore quand j'aurai atteint ma pleine puissance ! Tu paieras pour cette infamie !


Mon cri de rage résonne sur les pierres et part en écho dans les caves du manoir...


Et puis, une idée... Un choix...


Tout-à-coup, je me précipite vers les souterrains et la pièce où nous avons enfermé cette fille. Quand je rentre, elle sursaute, son visage saturé de larmes inutiles et elle me supplie encore de l'épargner.

Je l'attrape par les cheveux et tire jusqu'à lui arracher un cri de douleur qui fait s'échauffer mon sang.

Arrêtes de geindre, petite créature futile et vaine du Sage. Aujourd'hui, moi Mhyédabur, Fils du Seigneur Sombre, Exilé d'Orkhôn qui a franchi les Portes de Thémis au mépris de leurs stupides Gardiennes, Bras de la Justice des Exilés qui marche sur le Continent, aujourd'hui, je vais te donner l'occasion de trouver enfin quelque intérêt à ta misérable vie de lâche et d'esclave.

Sans plus attendre, je la tire derrière moi, par les cheveux, son corps frottant au sol. Elle se débat, crie, attrape le moindre linteau de porte. Se rend-elle seulement compte que toute cette opposition ne fait qu'aviver chez moi la flamme du désir, de la possession, de la punition ?

Quand enfin, usée de se battre, se tortillant dans l'escalier que j'emprunte vers la cave, pour éviter les coups et la douleur, elle contemple le squelette assis, elle hurle et seule une gifle qui lui fait éclater la commissure des lèvres m'épargne la suite.

Puis, sans prendre aucun temps, je lui remonte la jupe, arrache les quelques vêtements qui protègent encore ses intimités. Dans d'ultimes sursauts, elle tente bien de se débattre, de sauvegarder ce qu'elle peut. Pauvre idiote. Elle ne comprend même pas l'honneur d'être saillie par le fils du Seigneur Sombre. C'est avec vigueur et bonheur que je la fouille, que je pénètre sans douceur ses orifices, ouvrant en force mon passage, au milieu de ses cris de douleur, de honte et du sang. Et quand enfin je sens la vague monter, à ce moment précis que je commence à connaître, alors que la jouissance me monte des reins vers mon sexe tendu, j'enfonce mes ongles dans sa gorge et lui tranche la trachée.

J'ai toujours aimé ces moments où les derniers soubresauts du corps luttant pour une vie qu'il sait pourtant avoir déjà perdu, viennent m'apporter les derniers soubresauts dans d'autres parties du corps, m'amenant à inonder l'intérieur de son intimité.

Mais pas le temps d'apprécier, de sentir la vie la quitter. Je sors sans autre manière, et plonge mes mains dans son ventre désormais. Le côté positif de mon ascendance démoniaque est sans nul doute de m'avoir doté de véritables griffes d'acier en lieu et place d'ongles simples. La plupart des gens n'y prêtent pas attention, mais ces derniers sont aussi résistant que des écailles et percent le métal avec une facilité déconcertante. Alors, le corps humain...

Je n'ai plus qu'à aller chercher cette petite vie que je sentais nichée au creux de sa mère. Et quand j'arrache l'embryon peu formé au-dessus de moi, je sens encore une maigre vie couler en lui. C'est au-dessus du squelette que je l'éventre pour laisser le sang d'un Innocent venir maculer le squelette.

Et j'entame la mélopée du Sang des Morts, sortilège difficile, mais implacable. On dirait que la langue d'Orkhôn a été faite pour chanter cette mélopée, grave, terrifiante, qui fait s'obscurcir la cave au fur et à mesure que son pouvoir se répand, pénètre les dimensions et ramène dans son corps l'âme de son ancien propriétaire.

Une âme innocente pour une âme, coupable ou non. Telle est le prix pour pouvoir poser une question au Maître.


Bien dérisoire, non ?
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MessageSujet: Re: Hôtel Allighieri (rive droite)   Dim 27 Mar - 19:31

L'ombre avait déjà fait ce voyage déplaisant... Quelque chose d'obscur l'avait tirée de la lumière et elle ne pouvait rien y faire.

La mort... la souffrance... la douleur... l'horreur....

Oui, c'est cela qu'il sentit en premier. Il ne le vit pas. Il n'avait plus aucune des sens de son vivant. Mais il ressentait les choses et grande fut sa peine quand il sut que tout cela était arrivée pour le faire revenir ici.

Finalement, il sut où il était.




Alors, il sentit la puissance Noire qui l'avait forcé à revenir ici. Un instant, moins qu'un battement de cœur humain, il crut que c'était Lui, son Tortionnaire, qui était revenu. Mais... non... Oui, même puissance, même énergie sombre et négative, même Mal... Sauf que, l'autre était comme un tourbillon à la forme pure, là où celui-là n'était qu'un maelström sombre. Il aurait aimé lui cracher au visage, mais quelque chose attira son attention. Quelque chose inattendu... Quelque chose qui le fit réfléchir et prendre une rapide décision.

Il savait pourquoi il était là. Il savait ce qu'exigerait l'invocateur.

Il lui donnerait ce que le sortilège lui imposait de donner. Et beaucoup plus. Oui, beaucoup plus.
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MessageSujet: Re: Hôtel Allighieri (rive droite)   Dim 27 Mar - 19:40

C'est toujours la même frustration. Je n'ai le droit qu'à une question, et pas vraiment le temps de faire autre chose. Le sortilège que je viens de faire reviens à envoyer des fusées de couleur dans tout le ciel de Belladona pour dire : je suis ici.

Il ne me reste plus que la puissance nécessaire pour piéger la Gardienne et ainsi trouver le temps de m'échapper.

Mais pour l'instant... Une seule question... Le pire, c'est qu'ensuite, la faible énergie qui reliait encore son corps à son âme se dissipera définitivement. Plus personne ne pourra jamais parler avec lui. Plus personne, pas même mon Père.

Je pourrais lui demander le chemin des Enfers, mais à quoi bon ? Je sais que son ouvrage y répond, de façon énigmatique, mais je suis assez intelligent pour percer les secrets de son écriture. Évidemment, je pourrais vouloir lui demander ce qui lui est arrivé, ou pourquoi. Mais je le sais déjà. Le Vermisseau Bleu, prompt à condamner les Exilés, est celui qui l'a condamné, lui, à cette mort terrible, emmurée avec pour seule boisson son vin, et pour seuls ouvrages, ses livres.

Ses livres... Précisément. Voilà ce qui me trouble et m'a poussé à prendre le risque d'être rapidement découvert. Enfin, que ma cache le soit.


Je t'ai invoqué, Maître Allighieri, car une question me hante et je te demande d'y répondre : quels sont les deux ouvrages détruits avec lesquels tu as été emmuré ?
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MessageSujet: Re: Hôtel Allighieri (rive droite)   Dim 27 Mar - 19:52




L'âme sent les incertitudes et les certitudes du maelström.

Oui, beaucoup plus...

Dusse-t-on lui en tenir rigueur.


Une voix caverneuse s'élève alors et la mâchoire du squelette s'anime soudain.

-"Ton père m'a posé la même question. Le Seigneur Sombre lui-même, quand il dominait Orkhôn a voulu savoir. Mais je ne voulais pas lui donner cette réponse. Je me suis enfui avec mes ouvrages jusqu'à ce qu'il ne me trouve plus. Quand on est passé par les Enfers, même le Seigneur Sombre ne peut rien pour vous trouver quand vous ne le voulez pas. Et pourtant, on m'a trouvé. On a su que l'Inferno n'était que le premier volume d'un triptyque qui menait irrémédiablement vers des voies dépassant les Enfers eux-mêmes. Pour empêcher que le Monde sache qu'il y avait une voie qui permettait non seulement d'entrer dans les Enfers, mais d'en sortir, voie menant vers des choses bien plus puissantes encore que le Ver Noir, alors, on a détruit mes ouvrages et pour me punir d'avoir osé amener cette vérité en Liberty, j'ai été condamné à être emmuré avec le seul ouvrage qu'on ait pas abîmé, le seul qu'on voulait voir continuer d'exister en Liberty. Mais j'ai été patient. Je savais que quelqu'un chercherait un jour et me trouverait. Que quelqu'un viendrait ici et me poserait de nouveau cette question, sauf que cette fois, il me faudrait y répondre. Tu l'as compris, les deux ouvrages détruits sont la suite de l'Inferno et te mènent bien plus loin que les Enfers, là où réside une puissance si grande que les Enfers mêmes ne sont que formalité à traverser quand on connaît cette puissance. Je n'ai rien voulu dire au Seigneur Sombre, car je craignais pour ma vie. Mais on me l'a fait payé. Alors aujourd'hui, d'outre-tombe, mon âme réclame vengeance. Je sens en toi un tel potentiel, que je décide de te livrer à toi un secret que j'ai emporté avec moi et que ni ton Père, ni mon tortionnaire n'ont jamais su. L'oeuvre que je détenais ici n'était pas la seule et l'unique, même si manuscrite et de ma main. Une autre existait, emportée par un certain Virgile et son épouse Béatrice. Trouve-les et nul doute que tu trouveras les ouvrages manquant, ceux qui te mènent à plus de puissance que tu ne pourrais jamais imaginer..."

Tandis que la voix finissait son discours, son timbre baissait, sa force déclinait et il n'y eut bientôt plus que le silence. La mâchoire resta ouverte, comme si elle avait été l'instrument du dernier souffle qui avait libéré l'âme d'Allighieri.


Oui beaucoup plus... Et maintenant attendre, car sinon, tout cela aurait été vain. Puiser dans sa propre énergie pour rester, mais plus pour le fils du Seigneur Sombre. Non, il sait qu'une autre visite, plus importante, lui sera faite.

Car le fils du Seigneur Sombre ne doit pas mourir, pas tant qu'il y a une chance.
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Mhyédabur
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MessageSujet: Re: Hôtel Allighieri (rive droite)   Dim 27 Mar - 20:08

J'en reste bouche bée. Cela va au-delà de toutes mes espérances....

Mais je n'ai pas le temps de réfléchir à tout cela. J'arrache la jupe de la femme, fait un nœud à sa taille pour en faire un sac, que je remplis des amphores de vin les plus rares. Je lui prends ensuite son châle et je cache en son sein le précieux ouvrage, que je fixe à ma ceinture.

Je regarde une dernière fois le squelette. Peut-être devrais-je le mettre en pièce, mais je hausse les épaules. Le pouvoir que j'ai utilisé n'est valable que lorsqu'un lien retient encore l'âme au corps, lien qui n'existe que pour ceux ayant connu une mort terrible, qui les empêche de trouver la paix. Quand l'appel est fait, il y a comme un relâchement et le lien disparaît à jamais. Non, personne ne parlera plus à Maître Allighieri. Personne. Même pas mon père, ni le Ver Noir. C'est moi Mhyédabur, fils du Seigneur Sombre, qui aura, seul, accompli cet exploit.


Rapidement, je remonte et me hâte vers la sortie.

Invisible est agité. Il a senti ma magie et sait que s'il l'a sentie, d'autres vont en être capables.

Maître ! Etait-ce bien raisonnable ? Fallait-il ?....


Silence misérable démon ! Qui es-tu pour parler ainsi des actes du fils du Seigneur Sombre ?

Seuls les battements excités de ses petites ailes me répondent, soulignant sa peur.



Je sors alors les 9 derniers rubis de sang qui me restent. Je les aligne parfaitement autour de moi. Je n'aime pas trop cela, mais c'est le prix à payer pour piéger la Gardienne, assurer mon départ, surtout après ce que je viens de faire et de découvrir.

Je plante mes ongles dans les veines de mon avant-bras, juste là où elle se dessinent parfaitement, avant le poignet. Je fais couleur plusieurs gouttes sur chaque rubis qui se met à briller.

Puis, je me place au centre et j'incante. Le sortilège de l'Illusion du Sang. Bientôt, les rubis se mettent à grandir, à prendre une forme flasque, vaguement humanoïde, comme dans l'auberge. Ils seraient restés à ce stade sans la puissance de mon sang. J'incante encore, exigeant que le sang me réponde. Et bientôt, forme après forme, les traits s'affinent, s'allongent. Des yeux noirs, des cheveux noirs apparaissent. Seuls les yeux d'un rouge rubis, comme le sang, trahissent leur nature. Mais qui saurait cela ?

Quand enfin je me dresse au milieu de neuf illusions de moi, je n'ai plus qu'à leur donner l'ordre qu'ils exécuteront sans concession, car ils ne sont que des coques vides de tout.

Répandez la Justice d'Orkôn dans cette cité. Séparez-vous : tuez quiconque vous rencontrerez, violez, cherchez les enfants et arrachez leur cœur. Chaque cœur vous nourrira, nourrira votre besoin de sang. Buvez à la vulve des jeunes vierges que vous pénétrerez, arrachez ensuite leurs entrailles et faites-vous en des colliers. Allez, mes Illusions, soyez dignes de moi, soyez dignes d'Orkhôn. Tuez, souillez, et massacrez sans limites. Et annoncez-vous toujours pour ce que je suis : Mhyédabur, le fils du Seigneur Sombre. Allez maintenant. Que Belladonna vibre cette nuit aux doux échos d'Orkhôn !

Sans afficher aucune réaction - ce ne sont des illusions - elles se mirent en route.


Cette nuit, ce n'était pas un, mais neuf Mhyédabur qui allaient se déchaîner en Belladonna.



Quant à moi... J'étais redevenu humain, vidé de mes pouvoirs. Je devais quitter ce manoir où résidait encore le Mal, et cette ville qui allait bientôt briller assez pour me nourrir. Désormais, j'étais redevenu indétectable pour qui chercherait le fils du Seigneur Sombre et sa lumière.

Invisible, on s'en va. Direction le port. Nous devons trouver un bateau dès ce soir.
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Karayan
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MessageSujet: Re: Hôtel Allighieri (rive droite)   Mar 3 Mai - 12:52

<< avant 17.

Aussitôt après avoir déposé Donatien au pied des curieux compagnons, la gardienne avait repris son envol, espérant retrouver cette trace infime, ce parfum du mal, qui était devenu l’empreinte de Mhéydabur, mais plus encore, ce qu’elle avait senti, c’était …plus encore, un appel… oui presque un appel, au-delà de tout désir de vengeance, ou une vengeance peut-être. Perturbée par tous ces sentiments que lui avait inspirés une zone qu’elle avait survolée un peu plus tôt, elle revint là où elle avait trouvé Donatien.

Se posant souplement sur le chemin face à une imposante bâtisse, elle se dressa pour l’observer. Oui, c’était ça, c’était bien ici qu’elle avait ressenti cet étrange sentiment, mélange de sensations, impressions mêlées de son désir de vengeance. Aussitôt méfiante, elle plissa les yeux, tendant le nez comme pour humer l’air. Elle ne pouvait pourtant pas faire demi-tour et puis elle ne pouvait permettre d’autres crimes. Ne plus attendre, ne plus hésiter non …

Elle s’avança, et poussa la porte de la vieille demeure qui grinça sur ses gonds….
Une fois à l’intérieur, la porte se referma derrière elle, la mettant plus encore sur ses gardes. La magie sombre était-elle ici ? Un regard vers l’anneau d’or, la rassura. Elle ne risquait rien.
Elle non mais peut-être qu’il y avait des habitants dans cette demeure… Peut-être qu’il y aurait de nouveaux prisonniers.
Karayan commença l’exploration de la maison.
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MessageSujet: Re: Hôtel Allighieri (rive droite)   Mar 3 Mai - 18:19

L'odeur légère de Mhyédabur trainait encore dans les lieux, même s'il ne l'avait occupé que brièvement. Pour autant, l'autre odeur, celle difficile à cerner, semblant teintée de mal, sans vraiment l'être, était bien plus forte. Tout laissait à penser que l'hôtel entier avait été abandonné depuis longtemps, comme le prouvaient les planches qui en scellaient les issues, ainsi que les briques qui en bouchaient maladroitement les fenêtres.

Karayan n'était pas au fait de toutes les choses, mais elle comprit que personne, pas même des indigents, n'étaient entrés ici. La crainte des lieux avaient suffi à les en dissuader.

Elle comprit donc ce qui avait dû attirer le fléau qu'on appelait Mhyédabur. Et tandis qu'elle gagnait, avec précaution, les souterrains, lieu d'où venait cette effluve qui la perturbait, elle se demandait, le cœur serré, quelle nouveau supplice avait inventé le fils du Seigneur Sombre. Sa façon de jouer avec elle, par la souffrance des autres, était insupportable, mais que pouvait-elle faire ? L'individu monstrueux brillait parfois en Liberty comme un phare malsain, l'attirant vers lui, avant que cette lueur ne s'éteigne et ne disparaisse. C'était... c'était comme s'il s'amusait à l'attirer pour mieux lui échapper.


Finalement, elle atteignit ainsi une vaste cave dont elle devina l'usage : la réserve à vin... Mais ce n'est pas cela qui la saisit. C'est le mur qu'on avait brisé récemment. Si récemment qu'elle devina qui l'avait mis à terre. Et elle frémit en voyant le squelette. Qu'est-ce que le fils du Seigneur Sombre avait fait ici ? Qui était ce squelette ? Comment avait-il su ? Etait-ce son but en venant à Belladona, le reste n'étant que diversion ? Dans ce cas, elle devait savoir ce qu'il était venu chercher ici.

Elle s'approcha.

Alors, le crâne se tourna vers elle, et les mâchoires fermées par les siècles s'ouvrirent...



-"Qui vient encore troubler mon sommeil de la mort ? N'ai-je donc pas assez souffert de mon vivant qu'il faille encore m'importuner dans la non-vie ?"

La voie d’outre-tombe, en ce lieu, avait quelque chose de terrifiant.
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MessageSujet: Re: Hôtel Allighieri (rive droite)   Dim 8 Mai - 14:56

18.

Karayan se figea devant le spectacle de ce squelette qui soudain s’était animé. Son cœur manqua un coup quand en plus il lui parla d’une voix d’outre-tombe, sans hostilité mais agacé de toute évidence par cette visite. Il lui fallut quelques instants pour trouver ses mots et savoir que répondre à cette étrange apparition, découverte, ou revenant. Car hormis la surprise, il y avait ce terrible sentiment de malaise qu’elle avait ressenti en s’augmentant au fur et à mesure qu’elle avait approché cet endroit, une sensation toutefois bien différente qu’elle avait quand elle s’élançait sur les traces de Mhyédabur. C’était différent oui mais en quoi ?

- J’ignorais vous trouver là, j’ignorais que j’aurais affaire à …vous. J’ai cru que je trouverai ici, le fils du Seigneur Maudit. Car je dois le ramener devant le Sage, en Orkhôn. Qui êtes-vous ? Et pourquoi Mhyédabur est-il venu ici vous voir ?
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MessageSujet: Re: Hôtel Allighieri (rive droite)   Lun 16 Mai - 21:12

Un long silence lui répondit. Puis les ossements bougèrent de nouveau, dans cette parodie d'une bouche parlant.

-"Une Gardienne... Je le sens... Ainsi donc, il a échappé à votre vigilance et désormais vous le traquez. Mais ce n'est pas important. Le fils du Seigneur Sombre n'est pas venu pour moi. Mais rien ne se passe sans que le destin ne l'ait préparé. Notre rencontre était nécessaire, tout comme ma malédiction, qui consiste à ne pas pouvoir reposer en paix. Sans doute cela devait arriver pour que je lui parle. Je me demande si cela est vrai aussi pour toi. Si je devais ne pas accéder au repos de la mort pour te parler. Je ne sais pas. A toi sans doute de répondre à cette question. Mais répondons d'abord à tes questions. Il n'est donc pas venu pour me voir, mais ses pas l'ont mené ici car il ne pouvait pas ne pas sentir ma présence. Je me nomme Durante degli Alighien, mais on me connaît plus sous le nom de Dante Allighieri, ou plus souvent de Dante. Oui, je pense que ce nom te dit quelque chose. Je suis celui qui a écrit l'Enfer. Du moins est-ce souvent ainsi qu'on me connaissait de mon temps, oubliant sans doute que l'Enfer n'était qu'une étape de mon œuvre. Et oui, pour écrire une telle merveille, j'ai du aller au-delà de ce qui était autorisé aux hommes. J'ai cherché et trouvé les portes des Enfers. Je suis entré par ces portes et j'ai traversé les Enfers, lieux au regard desquels les Terres Sombres d'Orkhôn ne sont que plaisanterie. Oui, j'ai transgressé les lois que les hommes doivent respectés. J'ai transgressé les règles définies par celui que tu sers, le Sage. Et j'ai été tué pour cela."

Le squelette marqua un léger silence, avant de poser une question.

-"Et sais-tu qui m'a tué ?"
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MessageSujet: Re: Hôtel Allighieri (rive droite)   Mer 18 Mai - 12:37

19.

Il le sentait ? Tiens donc le squelette était encore capable de sentir les choses. Elle aurait pu en rire si la situation n’avait pas été aussi grave et… alors qu’elle ne cachait pas ses ailes. Peut-être avait-il une certaine dose d’humour, macabre ? En tout cas son discours laissa Karayan dans la plus profonde perplexité. Elle en apprit au moins que Mhyédabur n’était pas venu là spécialement pour découvrir ce squelette écrivain, ou pour découvrir ce qu’il avait écrit, c’était seulement une coincidence, malgré ce que pouvait dire cet étrange personnage dont le nom, ne lui évoquait rien du tout contrairement à ce qu’il avait l’air de croire. Karayan avait été une pure amazone, vivant dans le désert avant de devenir une chimère, elle n’avait jamais eu le loisir de parcourir des livres, même si elle pouvait lire les différentes écritures de ces peuples.

Le reste, ce qu’il avait fait, ce pourquoi il s’était retrouvé là, provoqua donc sa perplexité, même si elle percevait la vérité dans ses paroles, jusqu’à ce qu’il parlât du Sage et de ses règles. Dans ce cas, il avait mérité de se retrouver là…
Elle ne comprenait pas trop où il voulait en venir à lui raconter sa vie, ce qu’il avait fait avant, mais elle sentit que la question était importante et qu’il lui faudrait jouer le jeu. Peut-être, oui peut-être qu’elle en apprendrait un peu plus, découvrirait une piste pour retrouver Mhyédabur.

Ainsi à sa question, elle répondit :

- Non je l’ignore… qui est-ce ?
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MessageSujet: Re: Hôtel Allighieri (rive droite)   Ven 20 Mai - 15:50

Les mâchoires s'écartèrent en saccades, dans ce qui, après quelques longues secondes, parut être un rire.

-"Lancer quelqu'un d'aussi instinctif et peu instruit derrière le Fils du Seigneur Sombre... Le Sage est bien présomptueux de croire que tu pourras réussir. Si tu ne comprends pas ce qui l'intéresse et comment il raisonne, tu n'as aucune chance de le piéger. Mais pourtant, je vais t'aider."

Après un silence, le squelette reprit la parole morte.

-"Les légendes disent que c'est le Sage qui me punit et me mura ici même, pour avoir livrer à Liberty et donc au Seigneur Sombre et à ses engeances, les chemins d'accès aux enfers, ceux qu'ils utilisent et explorent désormais par leur magie pour invoquer de puissants démons. En un sens, c'est vrai, bien sûr. L'Enfer est un guide pour qui sait prendre le temps de le lire et de le comprendre. Le commun des mortels a jugé bon de colporter cette histoire, car ce qui lui plaisait, c'était le souffre qui s'attachait à ma personne. Mais ce que beaucoup de personnes ignorent, c'est que l'Enfer n'est que le premier des trois tomes qui composent mon œuvre, la plus connue car elle fut écrite en transgressant les interdits. Les gens aiment bien ceux qui osent pour eux. Sais-tu quels sont les deux autres tomes ? Non, tu ne le sais pas. Serais-tu une érudite que tu ne le saurais sans doute pas non plus. Sais-tu pourquoi ? Parce que quelqu'un s'est donné beaucoup de mal pour les détruire, pour les faire disparaître de Liberty. Et celui qui s'est donné ce mal est ce lui qui m'a emmuré vivant pour me punir d'avoir osé donner une chance à ceux habités par le Mal. Je pense que tu commences à comprendre. Oui, ce n'est pas le Sage qui m'a emmuré ici, vivant, mais le Seigneur Sombre en personne, quand il comprit que mon œuvre complète pouvait racheter les âmes les plus sombres. Car les deux autres tomes s'appellent respectivement le Purgatoire et le Paradis. Ils sont la description des moyens de remonter des Enfers, d'en sortir, et d'obtenir le Pardon, celui qui permet d'éteindre le péché en l'Amour qui meut le ciel et les étoiles."

Il attendit quelques minutes, silencieuses, tandis que Karayan comprenait ce qu'il avait dit, même si elle ne percevait pas là où il voulait en venir.

-"Tu dois savoir que j'ai révélé à Mhyédabur l'existence de deux autres tomes qui suivent l'Enfer. Je lui ai dit que ces derniers avaient presque tous étaient détruits, mais qu'ils permettaient d'atteindre une Puissance inégalée sur Liberty. Bien sûr, il aura préféré comprendre que cela lui permettra de faire plus de mal encore. Mais toi, maintenant, tu commences à comprendre que, bien au contraire, accéder à ces livres pourrait le racheter. Leur recherche même devrait le mener sur des chemins auxquels il ne s'attend pas."

La tête se tourna vers Karayan.

-"La question maintenant, Gardienne, est de savoir si tu préfères continuer de le pourchasser et le maintenir tel qu'il est, n’acquérant qu'une victoire physique - si tant est que tu puisses vaincre un tel adversaire, ou si tu comprends le chemin qu'a pris ma vengeance contre celui qui m'a enfermé, le père de Mhyédabur. Quel plus horrible chose à lui faire que de racheter son propre fils et le mener à la Rédemption ? Au final, pour toi, Gardienne, quel plus belle victoire que celle-ci, celle qui ferait de cette graine du Mal, une fleur du bien ? Je suis assis ici, pour l'éternité qui reste. Telle est ma punition pour avoir tromper la confiance du Sage. Je n'ai donc rien à gagner, si ce n'est satisfaire mon âme d'une revanche sur celui qui me fit souffrir pour avoir osé dire que l'on pouvait se racheter du Mal..."

Et la voix se tut. Imperceptiblement, le squelette reprit une position, comme s'il se rendormait, là, assis sur cette chaise de paille où il était mort, de longues années auparavant, quand le Seigneur Sombre arpentait encore le monde.
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MessageSujet: Re: Hôtel Allighieri (rive droite)   Ven 27 Mai - 22:35

20.

Bien sûr qu’elle réussirait et que ce tas d’os mit sa réussite en doute, la mit en colère et lui donna envie de le réduire en poussière sur le champ, mais cela pouvait bien attendre un peu … attendre qu’il lui livra ce qu’il avait envie de lui dire… Un incroyable discours sur les enfers, leurs portes, et le passage vers la rédemption. Un livre qui disait-il donnait une seconde chance aux exilés. Voilà qui fit tiquer la gardienne de Thémis. Tout cela n’était que pur mensonge, sinon à quoi servaient les gardiennes ? C’était leur rôle à elles de juger qui avait le droit ou non à une seconde chance, pas un simple bouquin…. Pourtant elle savait pertinemment qu’il disait vrai….

Elle apprit donc que ce tas d’os, de son ancien nom, Allighieri, souhaitait se venger du Seigneur Maudit qui l’avait emmuré vivant et condamné pour l’éternité. La vengeance, c’était quelque chose que Karayan connaissait bien et justement, elle en avait une aussi à accomplir de vengeance, celle de Penthésilée. Et ce squelette qui croyait qu’elle allait renoncer à cause d’un livre ?? Ses paroles se heurtèrent à un mur terrible de détermination, et plus il en rajoutait sur ses doutes à ce qu’elle puisse mener sa mission à bien, plus elle était décidée à y parvenir quoiqu’il arrive… Il avait choisi les mauvais arguments pour la convaincre, il ne l’avait que plus poussée à tracer Mhyédabur, même s’il fallait pour cela que la mort l’accompagne.

Il serait jugé pour ses crimes, et peu importait l’envie de rédemption qui pourrait être la sienne, même si Karayan avait de forts doutes à ce sujet. Un démon, ça ne pouvait pas se repentir, celui là encore moins que les autres.

Karayan allait donc rétorquer avec virulence quand le squelette se tassa sur lui-même, comme s’il se rendormait, et Karayan eut toutes les peines du monde à ne pas envoyer valser les os d’un coup de pied. Quelque chose lui dit que Le Sage n’apprécierait peut-être pas….
Car oui, ce squelette avait réussi au moins une chose, lui imposer un changement de programme. Il fallait qu’elle voit le grand dragon.

Mais avant de partir, face au squelette endormi, elle gronda à voix basse.

- Merci pour ces renseignements, mais je ne peux me permettre de le laisser filer, c’est un monstre, un criminel qui a déjà trop tué. Je me dois de le retrouver pour mettre fin à ses crimes. Soyez seulement certain que je parlerai de notre rencontre au Sage.

Sur ce, contrariée, et n’ayant de toute façon plus rien à dire à ce tas d’os, elle fit promptement demi-tour et quitta la demeure de Dante Allighieri.
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MessageSujet: Re: Hôtel Allighieri (rive droite)   Sam 28 Mai - 9:03

Le squelette aurait eut un bref éclat de rire s'il avait pu. Ironique.

Les Gardiennes étaient les dernières personnes vers qui il se serait tourné pour leur confier une telle mission. Le fils du Seigneur Sombre en personne, dont il ne doutait pas qu'il était un grand érudit, mais aussi, et là résidait sa faiblesse, un être aux certitudes inébranlables.

Et elle qui ne lui opposait que sa force.

Jamais elle ne le rattraperait ou ne le vaincrait, ou alors... Oui, ou alors ce serait en tombant dans ces pièges impitoyables des êtres d'Orkhôn, ceux qui vous forçaient à faire des choix qui engageaient votre âme.

Dante Allighieri émit un léger soupir, un vent fin. Il devait encore attendre. Il viendrait, il n'en doutait pas. Aujourd'hui, ou demain, quelle importance quand l'éternité de la mort ne vous a pas apporté le repos que vous espériez. Car Il devait venir s'expliquer avec lui. Ils devaient discuter.

Il attendait.
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MessageSujet: Re: Hôtel Allighieri (rive droite)   Sam 4 Juin - 19:42

<< avant 15.


Karayan l’avait appelé, et l’avait ramené dans cet endroit sinistre, cette demeure abandonné que Mhyédabur avait su retrouver. Comment ? Comment avait-il su que Dante Allighieri était enfermé ici ? Et pourquoi ? … Quels secrets avait-il emmené dans sa tombe, enfin tombe. A en croire Karayan, Dante n’était pas si mort que ça.

Le Sage regardait donc en ce moment la bâtisse, une presque ruine qui ne serait plus que poussière bientôt. Le Sage invoqua donc la magie pour lui laisser voir ce que les murs cachaient, et le sol se mit à trembler, trembler avec une belle puissance, de telle manière à ce que les murs s’effondrèrent pour laisser finalement un trou béant dans le sol…. Là où Dante avait été emmuré.
Le dragon chassa l’air de sa queue et de ses ailes, cracha avec détermination, jusqu’à ce qu’il put le voir, l’homme qui avait été Dante. Celui qui avait donné la clef des enfers au Seigneur Maudit.

Il se tourna vers la gardienne qui se tenait un peu en retrait, puis regarda à nouveau le squelette et l’appela de sa voix grave mais puissante.


- Dante Allighieri ! Le Sage est venu te trouver. Le temps est venu pour la vérité, la gardienne y veille. Parle ! Parle encore pour moi, et raconte moi ton histoire.

_________________

Un click sur la bannière et tu en sauras un peu plus à mon sujet.
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MessageSujet: Re: Hôtel Allighieri (rive droite)   Jeu 9 Juin - 17:33

D'abord il ne se passa rien, puis il y eut un léger souffle qui franchit la porte, enroba le Sage et finalement souleva un petit tourbillon de poussière autour du squelette sur sa chaise. Les briques rouges qui avaient servi à l'emmurer vivants gisaient pour une bonne partie au sol, fracassées récemment.

Le squelette redressa sa tête et ses orbites vides fixèrent le Sage.

-"Je t'ai haï, Sage. Pendant tout mon tourment, je t'ai maudit cent fois par jours, pour m'avoir abandonné à la fureur du Seigneur Sombre. Pendant les dizaines d'années qui ont suivi, j'ai ressassé mon histoire, te maudissant encore et encore. Car j'étais alors persuadé que tu avais laissé faire le Seigneur Sombre pour que s'accomplisse aussi ta vengeance à mon encontre pour avoir, simple humain, défié tes règles, et avoir osé trouver puis franchir les portes des Enfers. J'ai cru que, comme tous, tu n'avais voulu retenir que cela de mon œuvre, oubliant les deux autres tomes que j'ai rédigé et qui parlent du chemin de la rédemption et du pardon. Oui, je l'ai cru longtemps. Je t'ai autant détesté que j'ai détesté le Seigneur Sombre. Je t'ai autant maudit chaque jour de ma mort sans repos, que je l'ai maudit."

Alors, dans un grincement sinistre, le squelette se lève. Il avance jusqu'aux limites de sa prison de briques, mais ne la franchit pas.

-"Jusqu'à aujourd'hui. Aujourd'hui où est paru devant moi le fils même du Seigneur Sombre, Mhyédabur. Son âme noire m'a rappelé celle de son père, aussi sombre, puissante et incapable d'envisager le bien."

Il lève un doigt squelettique vers le haut, comme un professeur. Ce qu'il était avant, en définitive.

-"Pourtant, pourtant... J'ai senti en lui autre chose. Une flammèche, comme celle d'une bougie au milieu de la nuit, pendant que souffle une immense tempête. Et pourtant, malgré la pluie, malgré le vent, malgré la colère des Dieux, elle continue de briller, vacillante, dansante, parfois presque éteinte. Mais elle n'a pas été soufflée. Pas encore. Car le seul être au monde qui pourrait la souffler est celui-là même qui la contient. Lui seul pourrait l'éteindre définitivement et devenir alors plus puissant et terrible que son père, car au lieu d'être un humain mauvais, il aura balayé en lui toute trace d'humanité, ne conservant que le mal pure qui l'a créé et l'a fait grandir."

Le squelette laisse tomber son bras.
-"Est-ce pour cela, Sage, que tu ne m'as jamais accordé le repos de la mort ? Est-ce parce que tu pressentais cette rencontre et qu'il fallait qu'elle ait lieu ? Est-ce parce que moi seul pouvait lui apprendre ? Car ce que son père a voulu effacer, c'est ta colère envers moi d'avoir osé te braver qui lui a donné le pouvoir de le réussir. Pour tous, je ne suis que Dante Allighieri, l'homme qui a écrit l'Enfer, le pire des ouvrages, celui qui mène quiconque a le savoir nécessaire, aux Enfers mêmes, avec la terrifiante capacité d'en ouvrir les portes. Mais tu sais que je suis aussi celui qui a rédigé deux autres ouvrages. Je l'ai révélé à Mhyédabur, sans pour autant lui expliquer la nature de ces derniers. Il sait désormais qu'il existe deux autres tomes à mon œuvre. J'ai senti tout son être se tendre à cette seule idée et il va la chercher partout où il peut. Sans savoir au début que leur lecture pourrait être ce qui viendra entretenir sa petite flamme de bougie intérieure. Je l'ai dit à la Gardienne qui le poursuit, quelle plus belle victoire, non de le ramener en Orkhôn, mais de le ramener hors des Enfers d'où il est pourtant issu ?"

Le squelette fit alors demi-tour, donnant une effroyable sensation de lassitude immense. Il se rassit, la tête baissée.

-"Sage ? Tu sais qu'elle ne pourra pas réussir par la violence. En ce domaine, il lui sera toujours supérieur. Le pousser dans cette voie, c'est alimenter la tempête en lui qui essaie de souffler la petite flamme. Pourquoi l'avoir alors choisie ? Elle aurait pu apprendre plutôt, apprendre pour mieux le comprendre et pour le devancer dans sa quête, voire pour le guider et l'amener ainsi, petit à petit, à faire ces changements qui pourraient te donner une bien plus éclatante victoire."

Puis il relève son crâne et fixe de nouveau le Sage.
-"Ai-je maintenant le droit au repos ? Je ne cacherai pas que j'aimerai beaucoup connaître la fin de cette histoire, mais je pressens que cela ne m'appartient pas. Puis-je enfin m'allonger, puis-je enfin laisser le temps me ramener à la poussière que je suis et mon âme gagner le repos qu'elle n'a jamais trouvé ?"
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Karayan
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MessageSujet: Re: Hôtel Allighieri (rive droite)   Dim 12 Juin - 19:17

21.

Karayan était nerveuse, un peu comme si ce tas d’os risquait de menacer sa mission, une mission qui lui tenait à cœur. On ne tuait pas les gens impunément, on ne pouvait pas être un criminel un jour, voler la vie des gens et le lendemain poursuivre sa route, comme si rien ne s’était passé. Et puis cette histoire de rédemption, elle y croyait oh oui, elle y aurait cru pour n’importe quel autre exilé que cet homme là… Pas lui, pas ce monstre qui avait attenté à la vie de nouveaux nés, violé des jeunes filles, et surtout trahi et tué une des leurs…. Non, pour lui, elle ne croirait pas en une rédemption possible.

La gardienne agita ses ailes tandis que le squelette égrenait son discours au Sage, puis finit par s’envoler pour aller se percher sur le sommet de l’un des murs qui ne s’était pas totalement effondré. Elle tenait à dire au Sage quand il aurait répondu au squelette qu’elle ne laisserait pas tomber pour autant. Ainsi tel un vautour tournant autour de sa future proie, elle attendit la fin de cette discussion.
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Le Sage
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MessageSujet: Re: Hôtel Allighieri (rive droite)   Dim 12 Juin - 20:56

16.


Le grand Dragon attendit que Dante eut versé tout son fiel et sa colère, il attendit qu’il eut vidé son cœur pour répondre enfin, d’une voix calme, posée, toujours, de cette voix qui avait le don de charmer l’oreille humaine. Même si, Dante n’était plus que le spectre d’un humain autrefois fort érudit que le Sage avait beaucoup apprécié, alors qu’il n’était qu’un fou à la cour du roi.

- Tu crois que je t’ai laissé mourir ici à dessein, tu crois que ma volonté était de te voir regretter ton erreur, en te condamnant ainsi ?… Tu penses donc que je nourrisse ce même genre de sentiment que vous autres humains, nourrissez pour vos pairs. C’est une fort regrettable erreur que de croire ça, d’avoir perdu tant de temps à me haïr pour quelque chose que j’ignorais.
- Dante Allighieri, tu es comme les autres, tu crois que parce que je suis le gardien que je suis le Sage qui a pouvoir et regard sur tout, tu crois que je sais tout ? Je ne suis pas dieu, Dante, non. Je ne suis qu’un dragon, investi d’une mission sacrée. Je possède certes la magie universelle, mais elle ne fait pas de moi, celui qui régit tout en ce monde et dans cet univers. Je ne suis que le serviteur des créateurs…. Et à ce titre, j’ignorais que le Seigneur Maudit t’avait fait emmurer ici, te condamnant à mourir pour quelque chose qu’il ne peut accepter.
Dante Allighieri, tu as créé quelque chose d’infiniment précieux que tu as hélas confié en de mauvaises mains, mais ma foi, tu n’es qu’humain, et l’être humain est faible. Pour cela, il ne peut être condamné. Mais à celui qui croit pouvoir défier les dieux, à ceux qui ont perdu le sens du bien, ceux-là devront me rendre des comptes, tout comme Mhyédabur, fils du Seigneur Sombre comme il aime à se faire appeler.

Le jour viendra où il devra comparaître devant moi, et reconnaître ses tords… La rédemption est un mot magnifique mais, elle ne suffit pas toujours. Il faut aussi faire acte de pénitence. Et quand ce moment sera venu, je serai face à lui pour entendre ses prières de repentir. Karayan y veillera.


Puis d’un ton plus léger.

- Il ne faut jamais se fier aux apparences. Encore une fois, tu crois que c’est par la force que la gardienne remettra Mhyédabur sur le droit chemin ? Tel n’est pas le rôle que je lui ai attribué, du moins, au-delà des apparences. S’il fallait la force pour le ramener, ne crois-tu pas, Dante que je serai intervenu en personne ? Ne t’amuse pas à deviner mes desseins, Dante, peut-être que cela suffirait à te libérer de ce lien que tu as toi-même tissé et qui te retient encore ici. Ou est-ce que toi aussi tu es habité par le désir de vengeance ? Méfie toi Dante, il pourrait bien t’envoyer dans cet enfer que tu as si bien décrit dans ton livre. Mais cette fois, pas sûr que tu en reviennes.
Néanmoins, je te remercie pour ces précieuses informations que tu viens de me livrer. Je sais que Mhyédabur est donc sur le chemin de la rédemption. A moi, et à Karayan de voir …où cela le mènera. Il ne tient qu’à toi à présent, de trouver le repos de l’âme, à toi de trouver la clef de cette porte que tu as décrit dans ton livre. Mais encore une fois, sache que ce n’est pas moi qui la détiens.


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MessageSujet: Re: Hôtel Allighieri (rive droite)   Mar 14 Juin - 19:46

La température, tout-à-coup, descend dans la pièce. L'expression de la colère de la non-vie.

-"Qui détient alors la clé de ma liberté ? Qui ? Si ce n'est toi, me faut-il donc alors faire allégeance au Seigneur Sombre ? Me faut-il lui révèle ce que je n'ai jamais fait, l'emplacement des originaux de mon œuvre, pour qu'enfin il m'octroie le repos éternel ? Sage ! J'ai dit que je t'ai maudit jusqu'à ce jour, pensant comprendre les raisons qui me maintenaient dans cette prison éternelle. Mais à présente je les comprends plus... Pars ! Pars ! Quitte ce lieu que ton souffle trouble ! Ainsi, toi et le Seigneur Sombre, je pourrais continuer de vous maudire, espérant votre fin à tous deux pour que le monde vive sans maître tout puissant qui décident pour lui ! Peut-être que tes desseins m'échappent ! Mais peut-être que les miens t'échappent aussi. Qui sait si dans sa réussite, ce fils du Seigneur Sombre ne causera pas votre ruine à tous les deux. Dans ce cas, Liberty Human en sortira enfin vainqueur. ET peut-être trouverais-je mon repos que je n'ai pourtant jamais démérité."
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Le Sage
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MessageSujet: Re: Hôtel Allighieri (rive droite)   Sam 25 Juin - 14:11

17


Le Sage inclina profondément la tête en signe de tristesse.

- Dante, ça fait si longtemps que ton cœur est habité par la haine que tu en es devenu sourd à mes paroles. Je te l’ai donnée ta clef, tu es libre de ne plus haïr, de te reposer en paix, c’est toi qui dois faire ce choix, renonce… oublie, n’haïs plus, et tu seras en paix.

Le Grand Dragon souffla alors un souffle non pas de flamme mais d’or, poussière d’or qui se posa sur la moindre parcelle du squelette, poussière apaisante pour celui qui ne savait plus que détester.
C’était le souffle du pardon, le seul qui pouvait aider Dante à trouver le repos. Le Sage ne pouvait faire plus, contre la volonté d’une âme ayant hanté trop longtemps ces lieux.


Il se redressa brusquement, soulevant ses ailes qui commencèrent à battre les airs.

- Je te laisse à présent, je te laisse essayer de me pardonner à moi, et au Seigneur Maudit.

Et le Sage se souleva brusquement du ciel pour disparaître peu après, un éclair blanc à sa suite, gardienne qui suivait son gardien.

>> suite pic de Dante

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